Info leçon géographie Première : La France en villes

La France en villes

Question : qu’est-ce qu’une ville ? Des paysages urbains la caractérisent, des activités et des services aussi, des problèmes particuliers (pollution sonore et atmosphérique, les transports quotidiens). Pour l’INSEE, une ville est une commune de 2.000h ou plus en habitat contigüe (moins de 200m entre les habitations).

L’urbanisation (croissance des villes, et par extension processus de croissance du nombre de citadins dans une population) a-t-elle changé l’organisation du territoire français ?

Pour y répondre, nous analyserons les phénomènes d’urbanisation et de métropolisation, puis nous verrons quels aménagements sont nécessaires pour rendre les villes durables, avant de finir notre étude par les espaces ruraux.

  1. Urbanisation et métropolisation en France : 2 heures

I.1) Urbanisation : une population de plus en plus urbaine : 1 heure

Carte 1 p. 100.

Un semis urbain dense sur un territoire aux densités moyennes : la majeure partie du territoire est de couleur claire (moins de 50h/km²), les fortes densités (violet ou rouge) se rencontrent principalement en périphérie, le long du littoral, le long des fleuves ou des frontières terrestres. La population française atteint 66,5Mh dont 63,9Mh pour la métropole et 2,6Mh pour les DROM et COM. La densité moyenne est de 114h/km² pour la France métropolitaine. Schéma de la « diagonale du vide ».

Mais une forte urbanisation : la carte indique par des cercles proportionnels la population des aires urbaines de plus de 350.000h.

Voir schémas et définitions des unités urbaines et des aires urbaines.

Une unité urbaine réunit une ville-centre (commune qui est à l’origine de la croissance urbaine) et sa banlieue, composée d’autres communes urbaines agglomérées autour de la ville-centre et qui constituent la banlieue.

Une aire urbaine (schéma 2 p. 105) est composée d’un pôle urbain (unité urbaine rassemblant 5.000 emplois ou plus) et d’une couronne périurbaine (ensemble de communes « rurales » dans lesquelles 40% ou plus des résidents travaillent dans l’aire urbaine).

Les trois plus importantes sont situées sur un même axe ou couloir de circulation appelé axe PLM (Paris, Lyon et Marseille). Les autres aires urbaines se situent en périphérie, et elles correspondent à la carte des fortes densités de population. L’aire urbaine de Nice réunit environ un million d’habitants dont un tiers dans la ville-centre. Dès 1930 la France était peuplée en majorité de citadins. Aujourd’hui, 82% des Français vivent dans des espaces à dominante urbaine (agglomérations réunissant au moins 5.000 emplois et les espaces qui en dépendent).

I.2) Métropolisation : un territoire fortement métropolisé : ½ heure

Carte 2 p. 101 et 7 p. 107.

TP: Réalisation d’un croquis à partir d’un tableau statistiques d’évolution des aires urbaines entre 2007 et 2013 et faire une synthèse

Des disparités dans l’urbanisation du territoire : la carte 2 montre un peuplement à dominante urbaine (titre de la carte) marqué par de fortes inégalités (prédominance du centre parisien, dispersion du semis urbain des métropoles régionales laissant de nombreux espaces vides en blanc sur la carte). Nous savons par ailleurs que 60% de la population occupe seulement 8% du territoire national, tandis que les 2/3 de l’espace réunissent seulement 10% des habitants. C’est une conséquence de la métropolisation du territoire français. Métropolisation : processus de concentration des populations humaines et des activités dans quelques agglomérations de plus en plus grandes appelées métropoles. Métropole : ville qui domine un espace déterminé, à l’échelle locale, régionale, nationale, continentale ou mondiale, par son rayonnement et son attractivité. Nice est la métropole de la Côte-d’Azur.

La carte 7 montre l’importance des CFM dans la métropolisation (cadres dans la fonction métropolitaine). Paris rassemble ces fonctions, que l’on trouve aussi dans des aires urbaines dynamiques (Lyon, Grenoble, Toulouse). Une métropole mondiale : Paris (12Mh) est une mégapole (agglomération qui réunit plus de 10Mh) rayonnant à l’échelle mondiale. L’agglomération rassemble 19% de la population française, faisant de Paris à la fois la métropole nationale et une métropole mondiale.

I.2) Evolution : des disparités dans l’évolution des aires urbaines : ½ heure

Carte 3 p. 101.

Des disparités dans l’évolution des aires urbaines : la carte 3 montre à la fois la taille des agglomérations et leur évolution en % annuel. Nous retrouvons la prédominance des trois métropoles de l’axe PLM qui se distinguent à la fois par leur taille (plus d’un million d’habitants) et par leur croissance (supérieure à 0,4% par an). Nous remarquons également la présence d’un « arc de fortes croissances urbaines » allant de Nantes (et Rennes, Tours) à Nice. Cet arc passe par les villes du Sud-Ouest qui connaissent les plus fortes croissances (Bordeaux et Toulouse). Par contre, les agglomérations situées au Nord de Paris sont en déclin (de Brest à Dunkerque, de Lille à Mulhouse). La carte 1 p.102, qui indique l’évolution de la population par zone d’emploi, confirme ces remarques et souligne la présence (en bleu) d’une « diagonale du vide » allant de la frontière belge au Massif Central (diminution de la population, absence de grandes villes). Faire le schéma de l’évolution des agglomérations.

Des métropoles régionales dynamiques : les métropoles de l’« arc de fortes croissances urbaines » allant de Nantes (et Rennes, Tours) à Nice échappent partiellement à la domination parisienne, grâce à des atouts tels que le climat attractif, la présence d’un cadre de vie plus agréable, les universités et centres de recherche spécialisés, les emplois créés dans les entreprises de haute technologie (Sophia-Antipolis). Par contre, les métropoles régionales du Nord et de l’Est ne parviennent pas à retenir leur population et sont victimes de flux migratoires vers Paris ou vers le Sud et l’Ouest. Aucune métropole régionale n’est en mesure de rivaliser avec le centre parisien, conséquence d’une centralisation amorcée au XVIIe siècle. Le poids de Paris à l’échelle nationale est tel que l’on peut parler de macrocéphalie urbaine (le réseau urbain est dominé par une « tête » gigantesque en comparaison de la taille des autres agglomérations). L’ensemble du Bassin Parisien se trouve dans l’aire d’influence directe de l’agglomération parisienne. Paris domine ainsi un réseau urbain (ensemble hiérarchisé de villes dominé par une ou plusieurs métropoles) national polarisé (un centre dominant).

  1. Aménager les villes, un problème urgent en France : 2 heures

Schémas permettant de distinguer agglomération urbaine et aire urbaine (ou unité urbaine), à reproduire. Exemple de l’agglomération de Nice.

II.1) Un espace urbain très fragmenté : 1 heure

II.1.1 Un paysage urbain différencié : ex. niçois.

  • Le centre-ville : paysage de bâtiments anciens, à caractère historique, et de services supérieurs (bureaux, magasins de luxe), de petits commerces de proximité (épiceries), de moyens de transport écologiques (tramway, vélos, bus en sites propres), de résidences de luxe ou d’immeubles bourgeois.

  • La première couronne périphérique : des centres commerciaux (hypermarchés) et des ateliers ou entrepôts commerciaux, peu de moyens de transport, des immeubles d’habitat collectif de type HLM (habitations à loyer modéré, grands ensembles plus ou moins dégradés aménagés dans les années 1960).

  • La grande banlieue : des commerces de proximité et des centres de loisirs, des autoroutes ou voies rapides trahissant la prédominance de la circulation automobile, des lotissements de maisons individuelles.

II.1.2 De très nombreux migrants pendulaires : ex. niçois.

  • Un déséquilibre entre activités et résidence : le centre-ville est surtout un espace dédié aux activités urbaines supérieures, alors que le prix des terrains à bâtir rejette en périphérie ceux qui souhaitent résider dans leur propre maison. D’où le phénomène de migrants pendulaires, qui se déplacent chaque jour de la banlieue vers la ville-centre et inversement.

  • Le problème crucial des déplacements urbains : depuis les années 1950 la prédominance de l’automobile dans les transports a transformé les paysages urbains, par le phénomène de l’étalement urbain et la création de banlieues très étendues. L’accès au centre-ville est un problème essentiel dans l’aménagement urbain. Mais depuis la crise de l’énergie, le centre-ville tend à redevenir un espace résidentiel, ce qui conduit au processus de gentrification (retour des populations aisées en centre-ville) grâce à des politiques de réhabilitation urbaine du centre-ville.

II.2) Une tendance à la ségrégation socio-spatiale : 1 heure

  • Une ségrégation socio-spatiale spontanée ou organisée : les catégories sociales aisées se rassemblent en centre-ville (Cimiez, Mont Boron) ou dans la grande banlieue (communautés fermées comme à Villeneuve-Loubet). Les populations à faibles revenus n’ont d’autre choix que d’occuper les grands ensembles peu hospitaliers (l’Ariane, les Moulins). Voir tableau 10 p. 109 : les ZUS (zones urbaines sensibles, il y en a 750 en France) rassemblent surtout des jeunes, des étrangers, des familles monoparentales (mères avec enfants), des familles nombreuses, des chômeurs, des pauvres bénéficiaires de la CMU, vivant en HLM dans des espaces réduits. La rareté des services, les difficultés de la vie quotidienne, le sentiment d’exclusion, engendrent souvent des problèmes de cohabitation et de violences urbaines, et entraînent un sentiment d’insécurité exploité par les partis d’extrême-droite.

  • Des solutions encore insuffisantes : une politique de la ville a été mise en place pour lutter contre cette fragmentation par quartiers. Une centaine de zones franches bénéficient d’avantages fiscaux pour la création d’entreprises (l’Ariane). L’Etat et les collectivités locales ont signé des CUCS (contrats urbains de cohésion sociale) concernant 2.500 quartiers urbains. L’ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine) a mis en place un programme de rénovation urbaine visant à favoriser la mixité sociale dans 530 quartiers classés en ZUS. Cette solution, la plus efficace, se heurte à de vives résistances et à des préjugés tenaces. La loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain) votée en 2000 fixe un objectif de 20% de logements sociaux par commune en 2020, mais actuellement 45% des communes ne l’appliquent pas. Une autre solution consiste à désenclaver les quartiers sensibles (tramway) et à y implanter des services supérieurs (le théâtre Lino Ventura est un peu isolé aujourd’hui).

  1. Des espaces ruraux périphériques en France : 1 heure 

Voir carte 2 p. 103.

III.1) Des campagnes dynamiques en périphérie des villes :

  • La périurbanisation : c’est le développement de l’agglomération sur ses marges. Actuellement de nombreuses communes dites rurales (moins de 2.000h agglomérés) sont peuplées majoritairement de personnes qui travaillent ou étudient dans des communes urbaines. L’étalement urbain se poursuit, surtout dans les grandes agglomérations.

  • L’espace rural touristique : de nombreuses communes rurales vivent aujourd’hui essentiellement des revenus du tourisme. C’est le cas des stations de sport d’hiver (Alpes et Pyrénées seulement), et de communes situées en milieu méditerranéen (PACA Languedoc Roussillon Corse) ou sur le littoral atlantique (Vendée, Charentes, Aquitaine).

III.2) Des Communes agricoles fragilisées :

  • Les espaces de déprise agricole : l’agriculture moderne a besoin de peu de bras et de moins en moins d’espace. De ce fait, les communes à dominante agricole sont fragilisées par la perte d’habitants et donc de services.

Un enjeu : la gestion de l’espace rural devient préoccupante, car une mauvaise gestion peut entraîner des catastrophes pour les villes (la crue d’un fleuve peut être aggravée si les canaux d’irrigation

A propos pampi06

Professeur histoire géographie en lycée
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