Fiche résumé leçon géographie Terminale S : Japon, Chine: concurrences régionales, ambitions mondiales 

 

Japon, Chine  : concurrences régionales, ambitions mondiales

Le Japon est un empire démocratique, troisième puissance économique mondiale depuis 2010, dont le territoire est limité à 378.000 km², pour une population de 127Mh en milieu 2016, soit une densité de 336h/km².

Le Japon fait partie des pays du Nord, riches et développés, et il constitue un élément essentiel de la Triade.

     La Chine est une république de régime communiste depuis 1949, seconde puissance économique mondiale depuis 2010, dont le territoire est un subcontinent de 9,6 millions de km² (3eme rang mondial) peuplé de 1,4Mh en millieu 2016 (1er rang mondial). C’est un pays de Sud, un PED qui fait partie des puissances émergentes du BRICS.  

          Pourquoi ces deux Etats sont-ils en concurrence à l’échelle régionale  ? Quelles sont leurs ambitions mondiales respectives  ?

I – JAPON, CHINE : DEUX PUISSANCES ECONOMIQUES OFFRANT DES MODELES DIFFERENTS 

1 – Le Japon, modèle d’économie libérale.

        Le Japon considérée comme une économie extravertie a joué un rôle pionnier dans le développement économique de l’Asie orientale. Devenu une puissance industrielle dès 1868 (ère Meiji), ce pays a vu se former de grandes entreprises familiales, les zaibatsu (groupes industriels à capital familial né avant la Seconde Guerre mondiale). Après la défaite, la guerre de Corée permit la reconstruction rapide du Japon durant la période de «  Haute Croissance  » (1950 à 1973).

Le modèle japonais repose sur trois éléments essentiels qui sont l’intégration bancaire et commerciale, le dualisme économique et la concertation à l’échelle nationale. Les entreprises  développent alors des méthodes de production innovantes dans les années de Haute Croissance: ainsi est né le toyotisme ou système des 5 zéros (zéro défaut, délai, stock, panne, papier)

         Fortement marqué par un héritage historique particulier, le modèle japonais repose sur le respect des 3P : patron (le salarié se soumet volontiers aux règlements de l’entreprise), père (la vie familiale est importante, et nécessite des sacrifices financiers. Les salariés épargnent pour leur retraite et celle de leurs proches) et professeur (le Japon est l’empire du concours : Les familles doivent épargner des sommes considérables pour l’éducation des enfants).

2 –  La Chine, modèle d’économie dirigée :

La Chine, pays communiste de régime autoritaire depuis 1949, s’est ouverte au marché mondial en 1979. L’objectif des dirigeants était, après la mort de Mao Zedong, de rattraper le retard chinois dû à une politique introvertie.

Le gouvernement s’efforça d’attirer les capitaux étrangers par une politique d’ouverture et d’assouplissement. La Chine littorale a tiré profit de cette politique, par la création des 4 ZES (zones économiques spéciales) organisées entre 1980 et 1984 et complétées ensuite par des ZEO (zones économiques ouvertes). Le modèle chinois est différent de celui du Japon dans la mesure où l’Etat communiste depuis 1949 reste le principal gestionnaire de l’économie du pays.

    L’Etat chinois dispose de fonds souverains importants qu’il utilise pour des investissements à caractère stratégique dans différentes parties du monde, par exemple par des achats massifs de terres cultivables en Afrique pour garantir la sécurité alimentaire de la Chine sur le long terme. Depuis 2006 la Constitution chinoise reconnaît la propriété privée. Depuis cette date, les entreprises privées chinoises connaissent une croissance très rapide, (Wang Chuanfu a réalisé en 2008 la première voiture chinoise hybride électrique).

3 – Deux puissances aux trajectoires économiques croisées :

Les deux Etats étant fortement intégrés dans le processus de mondialisation, leurs économies sont interdépendantes. Les keiretsu japonais investissent en Chine en plaçant leurs IDE dans des ateliers de production, pour bénéficier d’une main-d’œuvre bon marché, mais aussi pour être présents sur un marché en expansion de pays émergent qui consomme des biens manufacturés à haute valeur ajoutée. La Chine exporte de plus en plus de biens manufacturés vers le Japon, mais investit peu de capitaux dans ce pays développé au marché manquant de dynamisme du fait de la stagnation démographique japonaise.

         Les deux Etats sont en concurrence sur le marché des matières premières et des sources d’énergie. L’économie chinoise se transforme rapidement par la montée en puissance des filières industrielles, la Chine investit des capitaux (recherche fondamentale ou appliquée, les énergies nouvelles et la robotique, tout comme le Japon) mais avec un volume de capitaux disponible plus important que le Japon. La croissance chinoise inquiète alors beaucoup les Japonais, ce qui fait que ces deux Etats complémentaires n’ont pas signé d’accord de libre-échange entre eux.

II – JAPON, CHINE : DEUX PUISSANCES CONCURRENTES EN ASIE DU SUD ET DE L’EST

1 – Japon, Chine, concurrence pour la maîtrise des marchés :

Les NPIA (nouveaux pays industrialisés d’Asie) ont d’abord connu la croissance en adoptant le modèle japonais dans les années 1970-80, avant de traverser eux-aussi une période de crise, qui les a incités à se tourner vers le marché chinois. Le plus proche du modèle japonais est la Corée du Sud, où les conglomérats sont appelés Chaebols (voir Samsung ou Daewoo).

         Taiwan bénéficie de la proximité avec la Chine, mais le pays souffre de l’incertitude politique qui pèse sur l’avenir de l’île. Hong Kong, qui fait partie de la Chine depuis 1997, sert les intérêts de la Chine par ses infrastructures financières et commerciales. De même pour Singapour, dominée par la diaspora chinoise, rayonnant sur la Malaisie l’Indonésie.

         L’ASEAN est l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est. Cette organisation économique a été créée en 1967 dans le but de constituer un marché commun entre les pays membres. Il comprend aujourd’hui Singapour, les « tigres » et « bébés tigres ». C’est un marché en expansion de plus de 600Mh qui intéresse les investisseurs japonais et chinois.

2 – Japon, Chine, un lourd contentieux et une méfiance réciproque :

Le Japon est une ancienne puissance coloniale qui s’était emparée de territoires chinois à partir de 1894/95 (Corée, Formose) puis avait obtenu les colonies allemandes en Chine en 1919. Les troupes japonaises avaient tenté d’envahir la Chine en 1937. Dans les territoires occupés comme dans les colonies, les Japonais avaient pratiqué une politique génocidaire afin d’exterminer les populations locales et de faire de la Chine une terre de colonisation japonaise. La Chine réclame la reconnaissance par le Japon des crimes commis en Chine (massacre de Nankin notamment), mais le Japon a seulement présenté des excuses en 1972 et n’a donc pas reconnu les crimes contre l’Humanité commis par ses officiers.

        La Chine est une grande puissance militaire et diplomatique, disposant de l’arme nucléaire et d’un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. De ce fait, la Chine a une politique extérieure agressive destinée à affirmer sa puissance. Ainsi, la Chine revendique une extension de sa ZEE à l’ensemble du plateau continental situé entre Chine et Japon, et souhaite annexer un archipel annexé par le Japon en 1895 et revendiqué par la Chine.

III – Japon, Chine : deux puissances concurrentes à l’échelle mondiale 

1 – Japon, Chine : deux acteurs incontournables de la mondialisation

       Le Japon fait partie de l’oligopole mondial, pays membre du G20, signataire, pays surendetté mais dont la dette est supportée par les banques japonaises. L’aire urbaine de Tokyo, première mégapole du monde, possède un pouvoir de commandement qui en fait un des centres d’impulsion majeur de la planète. Tokyo continue d’attirer de nouveaux résidents venus autrefois du Nord, mais aussi plus récemment des aires urbaines d’Osaka et Nagoya. C’est le signe d’un déséquilibre croissant entre les aires urbaines qui composent la mégalopole. Cependant, le pays a été fragilisé par l’accident nucléaire de Fukushima du 11 mars 2011.

       La Chine, devenue en 2010 la deuxième puissance économique mondiale par son PIB, réunit à elle seule 1.4 milliard d’habitants (première population mondiale). La Chine, entrée dans l’OMC en 2002, est le second récepteur d’IDE au monde derrière les Etats-Unis en 2013. La fin des quotas sur les textiles chinois en 2005 a bouleversé le marché mondial. Les groupes financiers chinois prennent pied à l’étranger depuis 15 ans, les banques chinoises ont sauvé de la faillite plusieurs banques occidentales telle les Etats-Unis grâce aux fonds souverains. Avec l’aide d’une politique d’investissements et d’effacement de la dette, la Chine est le premier partenaire commercial de la plupart des Etats africains. La Chine a l’ambition d’établir des liens plus étroits avec l’Europe (ex : en finançant la construction de ports en Birmanie

2 – Japon, Chine : deux puissances incomplètes qui renforcent leur « hard power »

Le Japon souffre du dynamisme de ses voisins (surtout de la Chine) et de sa situation de puissance incomplète. Les nouvelles lois autorisent le Japon, qui possède une armée depuis 1954, à déployer des forces militaires à l’étranger pour apporter de l’aide à un pays allié, en violation de l’article 9 de la Constitution qui interdit « à jamais de recourir à la guerre ». Le Japon souhaite devenir une puissance maritime et a lancé l’IZUMO porte-hélicoptères de 19.500 t en 2015.

      Les JO de Pékin en 2008 et l’exposition universelle de Shanghai en 2010 ont révélé la puissance chinoise au monde entier. Mais la Chine a surtout une politique ambitieuse d’affirmation de son indépendance, avec l’envoi d’un 1er taïkonaute dans l’espace en 2003, signe d’une montée en puissance d’un Etat intégré dans la mondialisation mais qui reste souverain. La Chine continue de revendiquer Taïwan qui a été exclue de toutes les organisations internationales dépendant de l’ONU. Seconde puissance militaire du monde, puissance nucléaire affirmée, la Chine a resserré ses liens avec les BRICS et surtout la Russie. Cependant, le pays vient de subir un revers important avec la signature du TPP en 2015 par le Japon, le Vietnam, Singapour, Brunei et la Malaisie, un accord qui marque l’influence des Etats-Unis dans la zone Asie-Pacifique. Malgré cela, le « dragon chinois » a l’ambition de devenir le nouveau centre du monde.

3 – Japon, Chine : deux puissances qui veulent améliorer leur image et développer leur « soft power »

         Le Japon reste un pays fermé et secret qui tente de s’ouvrir au tourisme depuis 2003, succès total puisque l’objectif de 20M de touristes pour 2020 est atteint dès 2015 (19M touristes), notamment grâce à  l’opération COOL JAPAN (engouement mondial pour les mangas, jeux-vidéos japonais, et cuisine à base de sushis). Mais cela pose de nouveaux problèmes au Japon, car les infrastructures d’accueil et de transport du pays ne sont pas du tout adaptées pour le tourisme, ce qui rend plus difficile la vie quotidienne des résidents permanents, en particulier les salariés. La culture japonaise (COOL JAPAN), contribue au « soft power » du Japon, en liaison avec sa puissance technologique et son investissement dans la recherche fondamentale. Le Japon espère utiliser le rôle de « puissance civile », pour rayonner dans le monde, mais l’agressivité du PM actuel constitue un problème pour les pays voisins.

Shanghai, vitrine de la modernité chinoise, possède aujourd’hui tous les attributs de puissance d’une métropole mondiale. Le CBD de Pudong créé en 1990 est relié par des axes routiers à la zone industrialo-portuaire et au nouvel aéroport international, faisant de Shanghai une plate-forme multimodale et un hub. La Chine utilise aujourd’hui les trois métropoles du pays pour affirmer sa modernité mais est affaibli par la pollution atmosphérique (industrialisation rapide,  utilisation massive du charbon comme source d’énergie, urbanisation et utilisation de l’automobile). De ce fait, la Chine a pris des engagements fermes tel la fin de la croissance des émissions de gaz à effet de serre dès 2030, ce qui devrait être facilité par le ralentissement économique actuel. La Chine rayonne culturellement par la multiplication des instituts Confucius et par les progrès de l’enseignement de la langue chinoise en Occident. Cependant la répression des minorités chinoises et la censure de l’information  nuisent à son image internationale.

        Ainsi, le Japon et la Chine sont deux puissances qui portent des modèles économiques, politiques et culturels très différents. Ces deux Etats rivalisent en utilisant des armes différentes, mais ils n’ont d’autre choix que de se concerter s’ils veulent échapper à l’hégémonie des Etats-Unis qui ont récemment réorienté leur politique étrangère vers l’Asie-Pacifique et ont remporté une victoire avec la signature du TPP en 2015.tives à l’échelle mondiale.

A propos pampi06

Professeur histoire géographie en lycée
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