Leçon histoire Terminale S: Le Moyen-Orient un foyer de conflits depuis la fin de la Seconde guerre mondiale (version 2017)

Le Proche et le Moyen-Orient, un foyer de conflits depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale
Préparation d’une carte géopolitique

Voir les grands repères dans votre livre p.116 et les notions p.117

Introduction : Cartes p. 117, 118, 119. (Phrase amorce pour donner le sens du sujet) Carrefour de civilisations et berceau des trois monothéistes, le Moyen-Orient est devenu au XXème siècle le théâtre de multiples conflits. (Voir accroche p.124).
(Définition des mots clés du sujet, voir p.119) Moyen-Orient : englobe l’Egypte et les Etats d’Asie occidentale. Certains géographes comptent l’Afghanistan dans le Moyen-Orient, d’autres dans l’Asie du Sud. Proche-Orient : l’ensemble des Etats riverains de la Méditerranée orientale, de la Turquie à l’Egypte. 

(Rappel du contexte pour approfondir l’accroche du sujet) Le Moyen-Orient est un carrefour situé au contact de trois continents et au cœur d’un réseau de voies commerciales qui favorisent la diversité culturelle, carte p.117 (religions juive, musulmane, chrétienne, langues hébraïque, arabe, turque, iranienne), stratégique car (Voir doc p.114) 65% des réserves mondiales prouvées de pétrole se trouvent dans le Golfe persique et parce que les routes maritimes sont jalonnées de verrous stratégiques, instable car (Voir carte p.117) la décolonisation amorcée en 1918 (démembrement de l’Empire ottoman) est compliquée par les conflits israélo-arabes, les rivalités entre pays musulmans, et par les conséquences de la guerre froide amorcée en 1947.
Pb: Pourquoi et comment le Moyen-Orient est-il devenu la zone de conflits la plus sensible du monde ?
Nous procèderons à une étude par échelles, en commençant par les questions concernant l’ensemble du Moyen-Orient, puis nous analyserons plus particulièrement les conflits israélo-arabes. Voir les films Persépolis et Valse avec Bachir.

I – LE MOYEN-ORIENT EST AU CŒUR DES ENJEUX MULTIPLES ET DES RIVALITÉS  INTERNATIONALES:

1 –  Le MO est au centre des convoitises internationales et des nationalismes,1945-1956 :
a) Un carrefour de peuples et de cultures :
Le Moyen-Orient constitue un ensemble de territoires s’étendant sur 3.000km du Nord au Sud et sur 3.500km environ d’Ouest en Est et réunissant 415Mh. C’est un carrefour permettant les échanges entre la Mer Noire, la Mer Méditerranée, la Mer Rouge, l’Océan indien, le Golfe persique, la Mer Caspienne. 

Le cœur de cet espace est le « croissant fertile » qui s’étend de l’Egypte à l’Ouest jusqu’à l’Irak à l’Est, et qui comprend la Syrie, le Liban, la Jordanie, Israël et la Palestine. C’est un ensemble de terres fertiles très convoitées depuis l’Antiquité (vallée du Nil, vallées du Jourdain, du Tigre et de l’Euphrate).

Au Sud s’étend la Péninsule arabique composée de pays désertiques dont le plus important est l’Arabie saoudite, auquel s’ajoutent les pays du Golfe persique, Koweït, Bahreïn, Qatar, les Emirats arabes unis, le sultanat d’Oman, et le Yémen seul pays pauvre de cette zone.

Au Nord, on trouve les Etats non arabisés de Turquie (qui occupe une partie de Chypre), Iran et Afghanistan, pays de hauts plateaux et de montagnes ayant servi de refuges depuis l’Antiquité. C’est dans cet espace que sont nés l’agriculture et l’élevage, la métallurgie, les premières cités organisées politiquement et les premières formes d’écriture.
La diversité culturelle caractérise logiquement cet espace (Voir carte p. 242/ changement d’échelle, religions Syrie, Liban, carte p.130 et pple communautés religieuses du MO p.117). Nous y trouvons les trois religions du livre. La religion juive qui rassemble 5,5Mh au Moyen-Orient, est la religion officielle de l’Etat d’Israël depuis 1948 (mais de nombreux israéliens ne sont pas juifs 24%, des minorités juives sont présentes en Egypte, Turquie, Iran) et la communauté juive, de langue hébraïque grandit en partie par l’immigration juive d’Europe et d’Afrique qui alimente la colonisation juive en Cisjordanie. La religion chrétienne est composée de fortes minorités (environ 10Mh) ayant des cultes divers en Irak et Egypte (église assyrienne et copte de rite orthodoxe), en Syrie, Liban, Turquie et Palestine (église syriaque, maronite, arménienne de rite catholique).

La religion musulmane est dominante mais comprend plusieurs branches, les Sunnites étant largement majoritaires à l’Ouest, tandis que les Chiites dominent en Iran et au Sud de l’Irak. Le Sunnisme se caractérise notamment par le respect de la Tradition (Sunna) et de l’autorité du calife. Le Chiisme s’en distingue notamment par l’attente de l’imam caché qui annoncera la fin des temps. Les Druzes du Liban forment une communauté dont la religion est la synthèse entre les grands courants de l’Islam. Cette diversité était une richesse, mais elle est devenue un handicap face aux convoitises des puissances étrangères.

b) Un espace géostratégique aux ressources convoitées : pp. 118-119.
Les hydrocarbures constituent la principale richesse du Moyen-Orient qui possède les 2/3 des réserves mondiales prouvées de pétrole (essentiellement en Arabie saoudite, Iran et Irak, Koweït et Emirats arabes unis), et 40% des réserves mondiales de gaz naturel (essentiellement en Iran et au Qatar). Avant même la Première Guerre mondiale, « l’or noir » a attiré la convoitise des Européens (les Allemands construisent le chemin de fer Berlin Bagdad Bassorah pour s’approprier les terrains pétroliers de l’Empire ottoman). Entre les deux guerres mondiales, les grandes compagnies pétrolières (anglo-saxonnes et françaises) obtiennent en concession le sous-sol des pays pétroliers et versent aux souverains locaux des royalties (indemnités minimes) tout en établissant un accord de cartel pour maintenir les prix bas sur le marché mondial (accord d’Achnacarry du 17 septembre 1928 signé par les 7 Majors : SO of NJ, Shell, APOC, SO of NYS, Gulf, Texaco). (Voir carte p.117) Les compagnies pétrolières n’hésitent pas à intervenir pour faire pression sur les gouvernements comme en Iran (l’Anglo-Persian Oil Company contribue à la mise en place de la dynastie des Pahlavi par Reza Shah en 1925). Parallèlement, le Royaume-Uni domine les routes maritimes du Moyen-Orient en imposant sa présence à Chypre, en Egypte, à Aden (Yemen), Oman, Emirats arabes, Qatar, Bahreïn et Koweït devenus des colonies britanniques dès la fin du XIXe siècle.

La récupération des ressources nationales est devenue un enjeu majeur pour les pays du Moyen-Orient, surtout après 1945 (croissance importante de la demande sur le marché mondial). L’initiative est venue d’Iran. Le 20 mars 1951 le PM iranien, le docteur Mossadegh nationalise les ressources pétrolières du pays. La totalité du sous-sol iranien était la propriété d’une seule compagnie pétrolière, l’APOC qui avait installé au pouvoir la dynastie des Pahlavi. La nationalisation provoque l’intervention de la CIA américaine qui renverse le docteur Mossadegh par un coup d’Etat en août 1953. Les ressources pétrolières du pays sont attribuées à un consortium composé de grandes compagnies occidentales en 1954. Le pacte de Bagdad associe les Etats-Unis au Royaume-Uni, Turquie, Iran, Irak et Pakistan (1955).

c) Le Mo est un espace instable fragilisé par le nationalisme et les conflits religieux : carte p.117.
A partir de 1918, le modèle de l’Etat-nation laïcisé a été introduit au Moyen-Orient avec l’effondrement de l’Empire ottoman qui dominait tout le Proche-Orient, la Turquie, 1er pays laïc qui abolit le califat en 1924. La laïcité s’est imposée non sans difficultés en raison de la diversité culturelle déjà évoquée et surtout en raison du lien étroit entre religion et Etat dans la plupart des pays décolonisés dans cette partie du monde.
Le modèle de l’Etat laïc occidentalisé est fourni par la Turquie de Mustapha Kemal dit Atatürk (« le père de tous les Turcs ») qui fonde une République laïque en 1923 et fait adopter à son pays l’alphabet latin. 

Les deux puissances occidentales (Britannique et Française) gèrent les mandats entre les deux Guerres mondiales sans tenir compte de l’avis des populations locales et les administrent comme de simples colonies. Les promesses faites durant la Grande Guerre ne sont pas tenues (celle de Lawrence d’Arabie, mais aussi celle de lord Balfour PM britannique qui avait promis en 1917 la création d’« un foyer national pour le peuple juif en Palestine »). Nous savons que l’Iran est dominé par les Britanniques depuis l’installation de la dynastie des Pahlavi en 1925. Cependant, l’Egypte obtient son indépendance en 1922, l’Irak en 1932. Des révoltes ont lieu en Syrie contre l’administration française (1925-1927).

La Seconde Guerre mondiale accélère le mouvement, le Liban obtient son indépendance en 1943, la Syrie et la Transjordanie en 1946. La Palestine, où les Britanniques laissent se poursuivre l’immigration juive encouragée par les promesses de lord Balfour et par le mouvement sioniste, est le théâtre de soulèvements des populations arabes entre 1936 et 1939, et d’affrontements armés entre les communautés. Les Britanniques se retirent de Palestine en 1948, en confiant à l’ONU la résolution du problème palestinien.

Des républiques laïques naissent ensuite en Syrie, Egypte, Irak, par opposition aux monarchies traditionnelles (Arabie saoudite, Jordanie). Mais un Etat comme Israël a une religion officielle, et les lieux saints sont devenus des zones de tensions, en particulier Jérusalem qui est la ville sainte des trois religions du Livre.

2 –  Un espace au cœur des rivalités internationales, 1956-1990 (pendant la guerre froide) :
a) Le Moyen-Orient dans la guerre froide, 1956 à 1990 : pp. 122-271.
La période est marquée par l’effacement des puissances coloniales, France et Royaume-Uni. Ce dernier accorde l’indépendance à ses dernières colonies, le Koweït en 1961, le Yémen du Sud avec le port d’Aden en 1967, les émirats du Golfe persique (Emirats arabes unis, Qatar, Bahreïn) en 1971.

La crise de Suez en 1956 achève le processus d’effacement des puissances coloniales. Nasser, président de l’Egypte depuis 1954, après le renversement de la monarchie en 1952 nationalise le canal de Suez en 1956, principale source de devises du pays mais propriété de la Cie de Suez (franco-britannique). Pour financer le projet de lancer un vaste programme d’aménagement hydraulique (construction du barrage d’Assouan, inauguré en 1971) pour régulariser les eaux du Nil (Abou Simbel sauvé par l’UNESCO).

France et Royaume-Uni réagissent par un débarquement militaire (novembre 1956) avec l’appui d’Israël (qui occupe le Sinaï). Mais les Etats-Unis et l’URSS, non consultés, imposent le retrait des troupes franco-britanniques et israéliennes (l’Egypte est courtisée pour son intérêt stratégique).

Nasser devient un héros du monde arabe, et il engage son pays sur la voie du non-alignement caractéristique des pays du Tiers-Monde. Il participe à la conférence de Brioni en 1956 où il rencontre Tito, président de la Yougoslavie, et Nehru, PM de l’Union indienne. Tous trois mettent en place la conférence de Belgrade en 1961. Les participants condamnent la logique des blocs et l’escalade nucléaire. Ils appellent à une aide internationale pour lutter contre le sous-développement. Nasser assure de son soutien le FLN en guerre contre l’armée française en Algérie. La seconde conférence du mouvement des pays non-alignés s’est tenue au Caire en octobre 1964. Cependant, Nasser échoue dans ses projets de panarabisme (RAU avec la Syrie 1958-1961) et les pays du Moyen-Orient à son tour concerné par les tensions générées par la guerre froide.

 L’U.R.S.S apporte son soutien au nationalisme arabe républicain et laïc (Egypte, Syrie, Yémen du Sud, Irak où les militaires prennent le pouvoir en 1958), par exemple en participant à la construction du barrage d’Assouan.

Les Etats-Unis répliquent par la « doctrine Eisenhower » (1957) : aide économique et militaire à tous les pays arabes anti-communistes (monarchies). D’où la division du monde arabe en deux camps : républiques prosoviétiques et monarchies pro-occidentales.

Mais le mouvement est irréversible : les pays pétroliers constituent l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole, fondée à Bagdad en 1960, qui réunit 13 Etats dont ceux de l’OPAEP, organisation des pays arabes exportateurs de pétrole fondée en 1968). Les chocs pétroliers de 1973 (guerre du Kippour) et 1979 (guerre Iran-Irak) permettent un relèvement des prix pétroliers jusqu’alors maintenus artificiellement bas (le baril de pétrole passant de 2$ à 34$ entre 1972 et 1979), mais ravivent les tensions sur le marché mondial et créent un déséquilibre au MO entre les pays exportateurs peu peuplés qui s’enrichissent très vite (les pays du Golfe persique, voir Dubaï devenue ville mondiale, pétrole exploité dans les Emirats arabes depuis 1966, avant pêcheurs de perles) et les pays possédant peu de ressources pétrolières (Egypte, Syrie). Parallèlement, la nationalisation du canal de Suez par Nasser en 1956 contribue à ce processus de récupération des richesses nationales.

Dans ce contexte de rivalités internationales et de division en internes des pays du MO émerge L’Islamisme (mouvement qui veut appliquer la loi coranique comme fondement de l’Etat et de la vie politique) qui conduit au rejet du modèle occidental dans le monde musulman. Le premier pays concerné est l’Iran où la dynastie des Pahlavi est renversée en 1979 (voyez le film Persépolis), au profit d’un Etat théocratique (Islam chiite) et intégriste dirigé par l’ayatollah Khomeiny.

La logique de bipolarisation est rompue, comme nous l’avons vu précédemment, par l’émergence de l’islamisme révélé par la révolution iranienne de 1979. Effrayés par la nature théocratique d’un régime qui refuse lui aussi la logique des blocs, les Occidentaux comme les Soviétiques ont cherché des alliés pour faire barrage à l’Iran. Ils ont choisi l’Irak, Etat laïc et républicain, dirigé par Saddam Hussein, qui venait d’accéder au pouvoir en 1979. Le président irakien déclenche, avec l’appui des Occidentaux, la guerre Iran-Irak. Il lance son armée en direction du Sud iranien, pensant trouver un pays désorganisé et sans défense, mais il se heurte à une vive résistance des Iraniens.

La guerre s’enlise, devient une guerre de position avec tranchées et artillerie, un conflit où la jeunesse périt au combat entre 1980 et 1988. Pendant ce temps, les troupes de l’Armée rouge sont entrées en Afghanistan pour y placer un gouvernement prosoviétique contre l’Iran. Elles y resteront dix ans, de 1979 à 1989. La guerre d’Afghanistan sera le « Vietnam soviétique », une guerre asymétrique dans laquelle l’Armée rouge s’enlise, tandis que les Occidentaux arment les Moudjahidin (résistants afghans) contre l’armée soviétique.

3 – Le Moyen-Orient dans l’après-guerre froide, 1990 à nos jours :
a) Les Etats-Unis puissance dominante au Moyen-Orient :
L’effondrement du bloc soviétique entre 1989 et 1991 a fait des Etats-Unis la seule superpuissance présente au Moyen-Orient. Le premier conflit de l’après-guerre froide en est l’illustration. C’est la guerre du Golfe (1990 à 1991). Une initiative irakienne : les troupes irakiennes ont envahi le Koweït, riche pays pétrolier qui possédait 9,1% des réserves pétrolières du monde (août 1990). Saddam Hussein tentait de justifier l’invasion par des arguments économiques (le Koweït a fait chuter les prix pétroliers par ses exportations massives) et des arguments historiques (ancien territoire irakien privant le pays d’un accès à la mer). L’ONU a joué un rôle important dans la résolution du conflit : le Conseil de sécurité unanime condamne l’intervention irakienne et autorise l’emploi de la force pour libérer le Koweït. L’Irak se trouve alors isolé face à une coalition de 29 Etats, parmi lesquels les pays de la Ligue arabe née en 1945 (dont la Syrie), mandatés par l’ONU pour intervenir militairement sous la direction des Etats-Unis. Les troupes alliées neutralisent l’espace aérien irakien puis interviennent sur place à l’aide de chars lors de l’opération « tempête du désert » du 17 janvier au 28 février 1991. Voir A. Adler. Le Koweït libéré, l’Irak est soumis à un embargo très contraignant.

b) La persistance des tensions entre Etats :
La plupart des conflits récents sont liés aux problèmes d’approvisionnement en pétrole (guerre du golfe en 1990-91, guerre d’Irak en 2003).

Le contrôle des verrous stratégiques majeurs du Moyen-Orient reste aujourd’hui une source de tensions internationales (voir le détroit d’Ormuz contrôlé par l’Iran).

Cependant, une autre ressource, pourtant renouvelable celle-là, crée des tensions entre les Etats du Moyen-Orient, il s’agit de l’eau. Quelles sont les raisons des tensions entre les Etats liées au problème de l’eau ? Ce sont : 1) les litiges amont-aval (par ex. la Turquie a construit une série de barrages, ceux du GAP (programme régional de développement de l’Anatolie du Sud-Est), qui retiennent les eaux du Tigre et de l’Euphrate au détriment de la Syrie et de l’Irak. 2) les nappes d’eau disputées : exemple de la Palestine, qui possède l’essentiels des ressources en eau de la région sous formes de nappes phréatiques (80% utilisées par Israël). 3) les frontières contestées comme entre l’Iran et l’Irak (le Chatt el Arab).

Ces tensions s’ajoutent à celles engendrées par les questions religieuses et culturelles.

c) L’émergence de l’islamisme sunnite :
Jusqu’en 1990 les Etats occidentaux associaient islamisme et Iran chiite. Mais ensuite le mouvement islamiste se répand dans les pays sunnites et s’exprime par le terrorisme. Les mouvements islamistes veulent imposer la charia dans le monde musulman.

Le terrorisme international a ses bases en Arabie Saoudite et au Pakistan, deux pays alliés des Etats-Unis. Dans l’Afghanistan libéré des troupes soviétiques qui l’occupaient de 1979 à 1989, les Talibans (« étudiants en religion ») ont imposé un régime de terreur de 1996 à 2001, avec l’appui du Pakistan. Les principes doctrinaux en sont inspirés du wahhabisme d’Arabie saoudite (mouvement politico-religieux né au milieu du XVIIIe siècle qui prône le retour à l’Islam primitif, par l’interdiction du tabac, de la musique, la séparation stricte entre hommes et femmes, le port de la barbe, la dénonciation des musulmans progressistes et des chiites réputés hérétiques).

Les attentats de 2001, 2004 et 2005, attribués à O. Ben Laden (un ami de l’Occident, un homme d’affaires avisé) et au groupe terroriste Al Qaïda sont une application de ces principes. Les partisans de l’Etat islamique en Irak et Syrie, apparus après les révolutions arabes de 2011, appartiennent au courant islamiste sunnite et veulent faire du Coran la source unique de la législation, de la vie politique et même de la vie économique et sociale.
Les attentats du 11 septembre 2001 constituent une rupture dans la stratégie adoptée par les Etats-Unis au Moyen-Orient. Une série d’attentats meurtriers : le 11 septembre 2001, quatre avions de lignes étaient détournés aux Etats-Unis. Deux s’écrase sur les tours jumelles du World Trade Center de NYC, un autre atteint le Pentagone à Washington, le quatrième semble ne pas avoir atteint son objectif et s’écrase loin de toute grande ville. Le président G. Bush junior a choisi de répliquer aux attentats terroristes par une politique d’intervention directe au Moyen-Orient (intervention en Afghanistan d’une coalition internationale, octobre à décembre 2001). L’offensive des troupes américaines en Irak (mars et avril 2003) marque une nouvelle étape dans l’histoire des relations internationales.

Face au multilatéralisme (prise de décision par la communauté internationale sous l’égide de l’ONU, position française), les Etats-Unis ont pratiqué l’unilatéralisme (prise de décision par une puissance dont la sécurité est menacée, sans attendre un consensus international). Le président Obama s’est engagé en décembre 2011 à retirer progressivement les troupes américaines d’Afghanistan et d’Irak. Mais les tensions persistent malgré ou peut-être à cause de la présence américaine.

Trois points méritent d’être soulignés. 1. Le problème du nucléaire iranien. L’Iran redevient une puissance régionale menaçante, en mesure d’obtenir l’arme nucléaire qu’Israël possède depuis 1966. 2. L’incertitude née des révolutions du « printemps arabe » de 2011 qui ont renversé le président égyptien Moubarak au pouvoir depuis 1981, provoqué des affrontements durement réprimés au Bahreïn (avec l’aide de l’Arabie saoudite), et conduit à une guerre civile en Syrie. 3. Le retour au Moyen-Orient de la Russie qui soutient avec la Chine le président syrien face aux opposants, ce qui bloque toute possibilité d’intervention de la communauté internationale et fait de cette guerre civile un conflit meurtrier.

II – ISRAEL ET LES PAYS ARABES, UN AFFRONTEMENT PERMANENT :

1 – De la naissance d’Israël à la crise de Suez, 1948 à 1956 :
a) La naissance d’Israël et le premier conflit israélo-arabe, 1948-1949 : pp. 120-143.
Le sionisme est un mouvement nationaliste né à la fin du XIXe siècle sous l’impulsion de Theodor Herzl, en réaction aux persécutions antisémites en Europe de l’Est, dans le but de créer un Etat juif en Palestine.

La déclaration Balfour du 2 novembre 1917, voir p.116 et définition p.120 (texte distribué pour information qui avait promis en 1917 la création d’« un foyer national pour le peuple juif en Palestine ») encourage l’immigration juive en Palestine, au détriment des populations arabes qui sont dépossédées de leurs biens.

En 1936 la population juive représente 28% de la population en Palestine. En 1945 les Juifs palestiniens sont 560.000 h face aux 1.250.000 Arabes qui se révoltent, en particulier de 1936 à 1939. Les Britanniques changent alors de politique, abandonnent l’idée d’un partage territorial et d’un Etat juif, et ils tentent de freiner l’immigration juive.

La Ligue arabe se constitue au Caire en 1945 (22 mars) pour tenter de lutter contre le sionisme, le mouvement sioniste ayant tendance à se radicaliser face à l’opposition des Britanniques. La Haganah (milice juive) dirigée par Ben Gourion lance l’insurrection contre les Britanniques en 1945. Les groupes armés juifs organisent des attentats comme celui de l’hôtel King David qui fit 91 morts.

Le génocide nazi révélé lors du procès de Nuremberg fait de la question juive un problème international pris en charge par l’ONU. Cette organisation élabore un plan de partage (1947) : Israël (55% du territoire), Territoire arabe, Jérusalem (zone internationale). Voir carte 1 p. 134. Le plan est rejeté par les Arabes (69% de la population), et Ben Gourion proclame unilatéralement l’indépendance de l’Etat d’Israël (14 mai 1948). La première guerre israélo-arabe (1948-1949) carte n°2 p.134 : les troupes de la Ligue arabe attaquent Israël (15 mai), qui obtient le soutien des deux Grands. Victoire militaire israélienne et signature de conventions d’armistices en 1949. Israël agrandit son territoire (78% de la Palestine), la Jordanie s’empare de la Cisjordanie et de Jérusalem-est, l’Egypte s’empare de la bande de Gaza, Israël entre à l’O.N.U. Voir carte 2 p. 134. Ce conflit a été décisif pour l’organisation territoriale de la zone.

b) Israël est  un Etat isolé sur la défensive, 1949-1956 : pp. 135-137.
Les conventions d’armistices de 1949 ne mettent pas fin à l’état de guerre, faute d’un traité de paix. Malgré l’entrée de l’Etat d’Israël à l’ONU, aucun pays arabe ne reconnaît Israël qui reste donc mobilisé et participe à des conflits contre les pays arabes. Les populations arabes de Palestine, que nous appellerons désormais les Palestiniens, sont un peuple sans Etat en 1949. Les troupes israéliennes les expulsent, réquisitionnent leurs biens, les contraignent à l’exil sous la menace des armes. Au total, 150.000 Palestiniens restent en Israël (certains obtenant la nationalité israélienne), tandis que 750.000 autres se retrouvent hors des frontières israéliennes.

En novembre 1956 l’armée israélienne attaque l’Egypte pour soutenir l’intervention franco-britannique de Suez. Les troupes israéliennes de Tsahal s’emparent de la bande de Gaza et du Sinaï, mais elles doivent se retirer sous la pression des Etats-Unis et les menaces de l’URSS.

2 – Israël est devenue un allié fidèle des Etats-Unis, 1956 à 1990 :
a) La guerre des Six Jours (1967) :
Dès lors, Israël devient un allié des Etats-Unis, tandis que les pays arabes voisins comptent sur l’aide de l’URSS, ce qui augmente les tensions aux frontières d’un pays qui se considère menacé par ses voisins. La stratégie israélienne devient offensive (guerre préventive).

Cette guerre préventive se déroule en 1967. C’est la Guerre des Six Jours (5 au 10 juin 1967) : voir carte 3 p. 123. L’armée israélienne prend l’initiative par un raid aérien (le 5 juin 1967) et s’empare de Gaza, du Sinaï (pris à l’Egypte), de la Cisjordanie et de Jérusalem Est (pris à la Jordanie), du Golan (pris à la Syrie).

Le canal de Suez sépare les armées israélienne et égyptienne, et il devient inutilisable (contournement de l’Afrique par les pétroliers). Israël refuse d’appliquer la « résolution 242 » de l’O.N.U. adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité le 22 novembre 1967, voir doc 2 p.123 (reconnaissance d’Israël en échange du retrait des territoires occupés par Israël).

Une partie du Golan en 1974 et  le Sinaï en 1982 furent  restitués respectivement à la Syrie et à l’Egypte, tandis que la majeure partie du Golan annexé en 1982, la Cisjordanie et Gaza restaient sous occupation israélienne. Cette brillante victoire de l’armée israélienne permettait de réunifier Jérusalem, d’assurer la sécurité d’Israël par la présence de troupes dans les territoires occupés, mais posait le problème de l’avenir des populations de ces territoires, qui sont dès lors persuadées qu’une solution armée est seule envisageable.

b) Deux peuples pour un même territoire, 1967-1990 :
La Cisjordanie et la bande de Gaza, annexées par la Jordanie et l’Egypte en 1949, sont à leur tour occupées en 1967 par Israël, et les populations qui s’y étaient réfugiées sont de nouveau contraintes à l’exil. En Israël et dans les territoires occupés le processus d’expulsion des populations arabes est associé à une politique de colonisation juive utilisant les flux d’immigrants venus d’Europe et d’Afrique et qui sont installés dans des colonies socialiste collectivisées appelées kibboutzim (le premier date de 1909). Les milieux intégristes juifs justifient cette expropriation par le don de la terre fait par Dieu au peuple hébreu au temps d’Abraham. Pour les populations arabes chassées par les fusils et les bulldozers débute une dispersion en forme d’exode, la Nakba (« catastrophe » en arabe).

Après la guerre des Six Jours de juin 1967, les Palestiniens sont dès lors persuadés qu’une solution armée est seule envisageable. Un mouvement national palestinien est né en 1964 (O.L.P., dirigée par Yasser Arafat). La Charte de l’O.L.P. (voir dossier p.136 et doc 1 p.136) rédigée en 1964 est révisée en 1968 dans un sens plus radical, elle préconise la lutte armée contre Israël et contre ceux qui soutiennent l’Etat hébreu, d’où les attentats meurtriers (J.O. de Munich en 1972, assassinat des athlètes israéliens dans le village olympique) et les prises d’otages par des commandos palestiniens. Ces actions provoquent une condamnation de la communauté internationale et discréditent le mouvement palestinien. Les populations palestiniennes, chassées d’Israël par la colonisation juive, sont expulsées de Jordanie après de sanglants affrontements avec l’armée en 1970 et se réfugient au Liban dans des camps insalubres comme Sabra et Chatila à Beyrouth. (Voir film dessin animé danse avec Bachir).

c) L’échec des options militaires et les espoirs de paix (1973 à 1990) :
La radicalisation des forces en présence conduit à deux guerres désastreuses, la guerre du Kippour et celle du Liban.

La guerre du Kippour (1973) : une initiative du président égyptien Sadate (qui a succédé à Nasser en 1970) et de la Syrie. L’offensive a lieu le jour du Yom Kippour (fête juive du Grand Pardon) le 6 octobre 1973. Une contre-offensive israélienne stabilise la ligne de front sur les positions de départ.

Parallèlement, les pays arabes exportateurs de pétrole de l’OPAEP pratiquent un embargo contre les pays qui soutiennent Israël (premier choc pétrolier, la France est concernée). Ultime échec des pays arabes, mais pour la première fois l’action des armées n’a conduit à rien de décisif et les pays arabes ont fait preuve d’unité face à Israël.

La guerre du Liban est d’une toute autre nature. La guerre du Liban (1975-1982) : c’est une guerre civile opposant la majorité musulmane favorable aux Palestiniens à la minorité chrétienne. Le conflit permet aux puissances régionales d’intervenir : la Syrie (1976) et l’Iran (1979) soutiennent les musulmans, Israël soutient les chrétiens (1978) et intervient directement en 1982 (invasion du Sud Liban pour chasser le gouvernement palestinien en exil de Beyrouth, et massacre par les milices chrétiennes des réfugiés palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila). La majeure partie du pays passe sous le contrôle de la Syrie, sauf le Sud Liban. Bilan : 180.000 morts, 150.000 personnes exilées.

La négociation se révélait plus que jamais nécessaire. Les Etats-Unis ont joué un rôle décisif dans ce domaine. Les accords de Camp David (17 septembre 1978), signés par Sadate (Egypte), Begin (Israël), Carter (Etats-Unis), permettent la restitution du Sinaï à l’Egypte en 1982, la réouverture du canal de Suez, et la reconnaissance mutuelle des deux Etats. Mais cet accord provoque de vives résistances dans les pays arabes, l’Egypte est exclue temporairement de la Ligue arabe, Sadate est assassiné par des gardes égyptiens islamistes en 1981.

Nous avons vu que l’armée israélienne est intervenue au Liban en 1982 pour chasser le gouvernement en exil de Yasser Arafat qui doit fuir en Tunisie, tandis que les populations palestiniennes de Beyrouth étaient massacrées par les milices chrétiennes sous les yeux des soldats israéliens qui ont reçu l’ordre de laisser faire. Le conflit est désastreux pour l’image internationale d’Israël. Le film du cinéaste israélien Ari FOLMAN réalisé en 2008 traduit remarquablement le traumatisme vécu par les soldats qui ont participé aux opérations militaires.

Ce désastre conduit à un changement de stratégie des dirigeants palestiniens et des populations des territoires occupées. Alors que Yasser Arafat affirme renoncer au terrorisme en 1988 et se dit prêt à reconnaître l’existence d’Israël, dans les territoires occupés par Israël débute en 1987 l’ « Intifada » ou « guerre des pierres » (affrontements entre les jeunes palestiniens et l’armée israélienne). Ce mouvement est durement réprimé par l’armée israélienne qui tire à balles réelles sur des civils, mais elle permet à l’opinion publique internationale de prendre conscience de la tragédie vécue par les populations palestiniennes.

3 – Des espoirs de paix vite déçus, 1990 à nos jours :
La fin de la guerre froide rend possible un règlement de la question palestinienne. Les Etats-Unis organisent à Madrid en 1991 une grande conférence réunissant les parties en présence, Israël, les mouvements palestiniens et les pays arabes, tandis que débutent à Oslo des négociations secrètes entre Palestiniens et Israéliens. Elles aboutissent à la déclaration de Washington du 13 septembre 1993 signée par le président Clinton, le PM Rabin et Yasser Arafat. Les accords d’Oslo sont signés entre 1993 et 1995 et mettent en place un véritable processus de paix.

Ils prévoient la création d’une autorité palestinienne composée d’un Président d’un gouvernement et d’un Parlement palestiniens, chargée d’administrer les territoires occupés de Cisjordanie et Gaza. Mais le transfert est prévu sur une période de 5 ans, les territoires étant divisés en trois zones A (autonomie complète), B (partielle) et C (contrôle israélien exclusif), et rien n’est prévu concernant le sort des réfugiés, le statut de Jérusalem et le problème des colonies juives installées dans les territoires occupés. L’assassinat du PM israélien Yitzhak Rabin le 4 novembre 1995 par un fanatique israélien met fin aux négociations.

Une tentative pour relancer le processus de paix échoue en juillet 2000 à Washington, en raison d’une radicalisation du gouvernement israélien qui relance la colonisation dans les territoires occupés à partir de 1996 sous l’impulsion du Likoud (droite nationaliste) et de son dirigeant Ariel Sharon qui accède au pouvoir en 2001, mais aussi à cause du poids des mouvements religieux intégristes qui font et défont les majorités au parlement. On compte 110.000 colons juifs en 1993, 280.000 en 2010. On assiste parallèlement à une radicalisation des mouvements palestiniens à la suite de la seconde Intifada de l’an 2000 plus organisée et plus violente. Les territoires contrôlés par l’Autorité palestinienne constituent une « peau de léopard » visible sur la carte 1 p. 133, séparée des colonies juives de Cisjordanie par un mur construit par l’armée israélienne en 2002, ce qui équivaut à une annexion de fait par Israël de territoires qui auraient dû être restitués à l’Autorité palestinienne. Seule concession d’Israël, la bande de Gaza qui compte environ 1,5Mh a été évacuée par l’armée israélienne et les colonies qui s’y trouvaient ont été démantelées. Mais ce territoire est passé en 2006, date des élections palestiniennes, sous   le contrôle du Hamas, un mouvement islamiste radical qui lutte pour la destruction de l’Etat d’Israël, et qui bénéficie depuis 2011 du soutien de l’Egypte. De ce fait, des affrontements ont lieu régulièrement par des tirs de roquettes et conduisent à des interventions de l’armée israélienne comme en décembre 2008 – janvier 2009 et plus récemment en novembre 2012 et 2014. Seule véritable avancée diplomatique, la reconnaissance par l’ONU de la Palestine comme Etat observateur le 29 novembre 2012 grâce à l’intervention du président palestinien Mahmoud Abbas, dirigeant du Fatah modéré, permettra à ce pays d’intégrer les organismes dépendant de l’ONU et éventuellement d’exercer un recours en justice.

A propos pampi06

Professeur histoire géographie en lycée
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