EMC Seconde : proposition de séquence sur les discriminations sexistes

sexismeProgrammes EMC Lycée classe de Seconde

La personne et l’État de droit : 1er thème

La connaissance et l’explicitation des règles qui s’appliquent à chacun

La médiation par les pairs, principes et organisation

La médiation par les pairs, étude de cas

Le dopage – Le rapport à la loi

Égalité et discrimination

Les discriminations sexistes : vers l’égalité entre les hommes et les femmes

Les discriminations sexistes : participation à un concours

Discriminations commises en raison du handicap

Dossier documentaire : égalité et discrimination en raison du handicap

Agir contre le harcèlement et les discriminations entre élèves

Les discriminations et la prise en compte des inégalités dans le monde du sport

La lutte contre les discriminations au travail : quels enjeux ? Quels moyens ?

Les discriminations commises en raison de l’orientation sexuelle séance 1

Les discriminations commises en raison de l’orientation sexuelle séance 2

15/16 séances en EMC :

Durée de l’activité : 2h à 4h

 Thème : Les discriminations sexistes vers l’égalité entre les hommes et les femmes Classe de seconde

 Sujet « Egalité et discrimination à l’égard des femmes »

 Mots clés :

Égalité, respect, lutte contre les discriminations hommes-femmes, stéréotype, préjugé, sexisme

Référence au programme : Égalité et discrimination.2e thèmes EMC

Démarche : les objectifs de cette séquence

Objet de travail : « Analyser les formes du sexisme à l’égard de la femme à travers les réseaux sociaux et l’attirance des jeunes pour le « hate reading » (je déteste mais  je regarde et je diffuse »

A la suite d’un débat lancé sur un fil de discussion, sur le groupe Facebook « les Clionautes », à partir d’un message posté par un collègue nous alertant sur des vidéos d’un blogger, Amine Mojito, un pseudo d’emprunt, qui circulent sur les réseaux sociaux montrant une image dégradante et discriminante des femmes. Arthur Flohic, professeur d’histoire et de géographie a proposé alors une riche séquence sur le site Les Clionautes, « Du sexisme ordinaire à « Mojito », le phénomène malsain… » dans le cadre de l’EMC pour les classes de Troisième et de Seconde sur le thème des discriminations sexistes. Dans l’introduction de l’activité proposée par notre collègue,

 https://college.clionautes.org/spip.php?article3475

 Bruno Modica rappelle que « ce sont ces vidéos postées sur snapchat, publiées sur Youtube qui réunissent plusieurs milliers de « voyeurs » qui sont à l’origine de cette proposition de travail. Lorsque les professeurs d’enseignement moral et civique abordent des questions comme l’égalité hommes femmes, des notions comme la sensibilité : soi et les autres, ils ne doivent jamais oublier qu’ils sont en face de jeunes exposés à ce type d’images. » C’est sur ce premier postulat, analyser et s’interroger sur les situations de discrimination et inégalitaires à l’égard des femmes que j’ai souhaité aborder avec les élèves. Mais à l’issue de discussions avec les lycéens de cette tranche d’âge pour préparer cette séquence en EMC, il est apparu que les élèves semblaient conscients du caractère sexiste de ces vidéos mais ils les regardaient cependant, garçons comme certaines jeunes filles, par curiosité, en réalité par « voyeurisme », C’est ce deuxième aspect du sujet qui m’a interrogé, celui d’être à la fois un voyeur conscient et de regarder des images dégradantes pour ensuite s’en moquer, en parler et surtout les diffuser sur les réseaux sociaux. J’ai souhaité élargir la réflexion sur l’analyse du regard souvent complaisant de certains adolescents et adultes sur ces sites franchissant le pas de la pornographie, renvoyant une image vulgaire, violente et abaissante de la femme, tout en se disculpant en condamnant les gestes et propos sexistes à l’égard des femmes.

Objectifs généraux :

  • Comprendre la notion d’égalité en droit
  • Comprendre et s’interroger sur les situations de discrimination et inégalitaires à l’égard des femmes
  • D’élaborer une définition sur la notion de discriminatoire et de distinguer de ce qui est discriminant
  • D’analyser ces différents types de représentations en termes de stéréotypes et de préjugés et de relier ces notions à celle de discrimination
  • Acquérir et transmettre une culture de l’égalité entre les sexes
  • Renforcer l’éducation au respect mutuel et à l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes
  • Faire une lecture critique sur les informations publiées dans les réseaux sociaux car la jeune génération ne dispose pas encore des outils nécessaires pour comprendre le poids de ces images virtuelles, violentes et non innocentes pour ces adolescents désarmés et souvent impuissant pour les rejeter.

Compétences méthodologiques :

  • Savoir identifier les stéréotypes et reconnaître des situations de discriminations
  • Identifier et expliciter les valeurs éthiques et les principes civiques en jeu.
  • Mobiliser les connaissances exigibles.
  • Développer l’expression orale, l’argumentation et le sens critique (confrontation, reformulation et analyser)
  • S’impliquer dans le travail en équipe.
  • Participer dans le débat
  • Utiliser les TICE et des applications libres sur différentes plateformes comme pearltrees, thinklink, prezi

Description de la séance : durée 2 heures ou plus selon le temps

 Propositions d’activités pédagogiques :

Activité n°1 : vers une égalité entre les hommes et les femmes Séance d’une heure, au CDI ou dans une salle de classe. Durée une heure.

Dans un premier temps : lecture et décryptage d’un ensemble documentaire

Ne pas visionner une vidéo d’Amine Mojito pour ne pas faire de la publicité

Proposer un article qui décrit le contenu de ses vidéos

Proposer un petit questionnaire : décryptage pour découvrir le contenu de la vidéo

Questions :

  1. Petit remue méninge : connaissez-vous ce site (celui du blogger) et de quoi s’agit-il ?
  2. Pourquoi ces vidéos dérangent-elles ?
  3. Relever des exemples de stéréotypes concernant les femmes ?
  4. Caractérisez les situations de discrimination et d’inégalité à l’égard des femmes ?
  5. Quelles sont les conséquences de la diffusion de ces vidéos sur les réseaux sociaux sur la représentation de la femme ?
  6. Y a-t-il des recours possibles pour interdire ces vidéos et leurs diffusions sur les réseaux sociaux ?

 Documents proposés :

Document n°1 : « La keh à Mojito : Zoom sur Amine Mojito, le phénomène sulfureux du moment »

(Source : site web, au féminin Publié par Dounia Malki, « La keh à Mojito : Zoom sur Amine Mojito, le phénomène sulfureux du moment », le 24 avril 2016)

http://www.aufeminin.com/news-societe/la-keh-a-mojito-zoom-sur-amine-mojito-le-phenomene-sulfureux-s1821292.html

« Après YouTube et Instagram, c’est au tour de Snapchat de voir éclore ses propres stars, à commencer par un dénommé Amine Mojito. Jets d’objets, crachats, positions explicites : c’est en dégradant les femmes que le jeune s’est fait connaitre. Zoom sur un jeune homme dont le succès inquiète.

A tous les accros des réseaux sociaux, vous avez sûrement du voir passer sur ces derniers l’expression “la keh à Mojito” en vous demandant ce qu’elle signifiait. Cette phrase à la grammaire douteuse, est tout simplement la contraction du mot arabe “kehba” (littéralement “prostituée”) et du pseudo d’un jeune homme connaissant un grand succès sur Snapchat : Amine Mojito.

Qui est Amine Mojito ?

Inconnu il y a encore plusieurs semaines, Amine Mojito fait désormais partie des topics les plus discutés sur les réseaux sociaux. Le jeune homme, dont l’identité est encore plus ou moins un mystère, s’est fait connaître sur Snapchat grâce à ses photos et vidéos provocantes, voire choquantes.

Le plus célèbre de ses clips ? Une scène où Amine Mojito crache sur la poitrine d’une jeune fille en répétant en boucle : “C’est la keh à Mojito. C’est la kekekeh à Mojito”, littéralement “C’est la pute à Mojito”.

Partagée sur YouTube, Twitter et Instagram, la fameuse scène semble être devenue “culte” auprès de la jeune génération et lui a permis de se faire connaître du plus grand nombre. A en croire Rue89 qui a interrogé des adolescents sur Amine Mojito, le jeune homme serait devenu un « phénomène ». Une sorte de Michaël Vendetta de la nouvelle génération.

Bien que fortement critiqué, Amine Mojito semble toutefois avoir un certain nombre de followers et continue à violenter des femmes ou à les rabaisser dans ses photos et vidéos…. qui sont encore une fois toujours reprises et partagées sur les réseaux sociaux.

Un phénomène qui prend de l’ampleur

Le phénomène “Amine Mojito” est tel que lors d’un blocus organisé devant le lycée Hélène Boucher à Paris pour protester contre la loi travail, on pouvait lire sur une affiche : “On n’est pas les kekekeh à Khomrito”. » Pire, pour certaines jeunes filles, c’est même devenu une “fierté” d’être la “prostituée de Mojito”.

A commencer par Ornella, un visage récurant dans les posts du jeune homme, qui n’hésite pas à s’affubler du terme peu élogieux mis au point par Amine Mojito en partageant sur Internet des photos d’elle en petite tenue. Egalement connue sous le pseudo La Conne du Game, c’est elle qui s’est fait cracher sur la poitrine dans le fameux clip de vidéo d’Amine Mojito. Essaierait-elle d’imiter les débuts de Kim Kardashian ? Probablement. Mail il y a fort à parier qu’elle ne connaîtra pas le même succès.

Une image dégradante des femmes

Si Amine Mojito change fréquemment de partenaires sur Snapchat, il y a bien un thème récurant dans ses publications: des femmes dominées, violentées et soumises. Montrer de telles scènes à un public adolescent peut les inciter à reproduire la même chose. Pire, cela peut les conforter dans leurs idées que c’est comme cela que les femmes devraient être traitées ou aiment être traitées. Les femmes ne sont ni des objets sexuels, ni des punching ball !

 Un slut shaming qui peut aller loin

Bien qu’Amine Mojito soit critiqué et moqué sur les réseaux sociaux, ce sont surtout ses partenaires qui sont attaquées plus fortement. Insultées, lynchées sur les réseaux sociaux : elles sont littéralement victimes de slut shaming. La jeune Ornella en a d’ailleurs fait les frais dernièrement à Paris, si l’on en croit le site PureBreak. Alors qu’elle se baladait à la Foire du Trône avec des amis, la jeune fille a été agressée. Et ses “amis” n’ont rien fait pour l’aider.

 Que font les réseaux sociaux ?

Depuis que le jeune homme publie ses photos et vidéos sulfureuses, aucune d’entre elles n’ont été censurées. On s’interroge. Pourquoi les photos et vidéos d’Amine Mojito ne sont pas censurées sur les réseaux sociaux alors que celles de femmes allaitant leurs enfants le sont ? Une femme donnant le sein à son bébé est-elle plus choquante qu’un jeune homme maltraitant des jeunes femmes, aussi consentantes soient-elles ? »

Document n°2 : « Violence, humiliation… « Mojito », le phénomène inquiétant et malsain né sur Snapchat »

(Source : article publié sur Internet le 17-05-2016 à 14h20 – Modifié le 18-05-2016 à 09h52, Par Nicolas Fontaine, Observateur média, sur le site web de L’Obs.)

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1516036-violence-humiliation-mojito-le-phemene-inquietant-et-malsain-ne-sur-snapchat.html

 Pourquoi idolâtrer un personnage nuisible ?

« …L’extrême simplicité d’utilisation des applications comme Snapchat, Periscope ou Twitter motive les utilisateurs en mal de reconnaissance à se mettre en scène dans des moments complètement futiles, voire inutiles. Ceux qui regardent le contenu posté observent des images vides de sens. La diffusion de ces instants de vie est uniquement motivée par la croyance narcissique que d’autres personnes sont intéressées par vos faits et gestes. Quant à celui qui regarde, il peut, le temps d’un instant, vivre la vie de l’autre par procuration.

Suivre une starlette de télé-réalité en train de se faire une manucure n’est peut-être pas la chose la plus productive que vous ayez faite dans votre vie. Mais si tout cela reste du jeu et du divertissement, pourquoi pas. Vous abonner à son compte pour être sûr de ne pas manquer sa prochaine vidéo est une étape supplémentaire. Vous surprendre en train de rêver à avoir la même vie, est encore pardonnable si vous êtes un adolescent en recherche de figures d’identification.

Là où il faut commencer à se poser des questions, c’est quand vous n’êtes pas en train de fantasmer sur une vie de paillettes, que vous n’êtes pas en train d’envier votre modèle pour sa nouvelle paire de Louboutin ou son nouveau cabriolet décapotable. Mais que la personne que vous admirez publie des vidéos et des photos sadiques. Comment expliquer le phénomène d’idolâtrie de personnages nuisibles ?

Une fascination malsaine

Si vous êtes actif sur les réseaux sociaux, vous avez dû voir passer l’expression « la keh à Mojito« . Depuis plusieurs mois, un jeune homme – qui distille très peu d’informations à son sujet – crée la polémique sur Snapchat et Périscope. Il se fait appeler « Mojito » ou « Amine Mojito »… »C’est la keh à Mojito. » « Keh » est l’abréviation de « kahba », qui signifie « prostituée ». Cet homme vient de trouver son nouveau jeu et en quelques heures, il fait le buzz. Sa vidéo est sauvegardée par certains utilisateurs qui la publient sur Youtube, la partagent sur Twitter et postent des captures d’écran sur Instagram. La fascination malsaine des jeunes pour ce garçon qui humilie une femme est hallucinante. »

« L’origine du monde est censurée », pas « Mojito »

« …Son compte Instagram initial qui comptait plus de 81.000 abonnés a été fermé. Mais rien n’y fait, il rouvre immédiatement d’autres comptes, sous d’autres pseudonymes. Son dernier compte Instagram est déjà suivi par 32.000 abonnés alors qu’il a été ouvert il y a seulement trois jours. Alors que certains comptes sont désactivés, il est très étrange de voir que sa page Facebook reste, quant à elle, toujours active… Étonnant que Facebook censure « L’origine du monde » de Courbet mais laisse passer ce genre de photos violentes. »

« Mojito » est devenu une cible

« …Précisons que parmi ses abonnés, nombreux sont ceux qui commentent ses publications pour exprimer leur effroi. Grosso modo, 90% des réactions sont des insultes à son égard. Mais on peut tout de même tomber sur des commentaires défendant ses actions. Si le garçon pensait pouvoir jouir de sa notoriété tranquillement, c’était sans compter sur le fait que dorénavant, son visage est connu de centaines de milliers de Français. Il est à présent la cible de jeunes qui s’en prennent à lui. Sur YouTube, on peut trouver une vidéo où Mojito se balade à la Foire du Trône, escorté par la police qui lui assure une sécurité après s’être fait agressé.

Une autre vidéo amateur, filmée à l’Aquaboulevard, montre un groupe de jeunes qui le reconnaissent et lui claquent les fesses avec leurs serviettes, à l’entrée d’un toboggan. Croiser Mojito dans les rues de Paris et le filmer en train de se faire agresser est devenu un jeu à la mode.

 Une quête de notoriété

 Le plus étonnant reste à venir. Alors que les jeunes femmes qui apparaissent dans ses vidéos préfèrent généralement se laisser filmer de dos ou porter des cagoules pour garder l’anonymat, certaines semblent s’afficher sans honte à ses côtés. L’une d’entre elles est même devenue un phénomène, en ouvrant un compte sur tous les réseaux sociaux, sous le pseudonyme de ConneDuGame. La jeune femme qui répond aussi au nom d’Ornella Reezy, est plutôt fière d’être la fameuse « Keh à Mojito »… D’un coup, des dizaines de « keh à Mojito » font leur apparition sur les réseaux sociaux. Certaines filles prétendent être des « keh », espérant elles aussi connaître une certaine notoriété. Quant à Ornella, on la reconnaît désormais dans la rue. Une vidéo où on la voit se faire insulter et agresser à un stand à la Foire du Trône circule d’ailleurs sur YouTube,

Devenir célèbre à n’importe quel prix

Preuve que le phénomène a quitté les réseaux sociaux, la célèbre phrase « la keh à Mojito » est même apparue en plein milieu des manifestations contre la loi Travail. Devant le lycée Hélène-Boucher, à Paris, une banderole de protestation parodie le slogan du jeune homme : Il semblerait que Mojito ait réussi son coup : devenir célèbre à n’importe quel prix. Et il se pourrait qu’il veuille à présent tirer profit de cette notoriété.

Récemment, il a promis une grosse surprise et commente ses photos (devenues beaucoup plus softs) en indiquant qu’une « page se tourne » et que tout le monde fait des « erreurs ». Il veut prendre un nouveau départ et a déjà laissé sous-entendre qu’il aimerait se lancer dans le rap.

Il y a une semaine, une photo et des extraits vidéo le montrent installé dans la baignoire du blogueur Jeremstar. Passage obligé pour tous les peoples, les interviews dans le bain partagé avec le blogueur sont d’habitude visionnées par plusieurs centaines de milliers de personnes… »

Document n°3 : « Amine mojito s’excuse »

Document n°4 : « Plus on parle de quelque chose, plus on donne envie de le voir »

« L’une des règles de base est que les gens commenteront presque automatiquement un contenu qui leur déplaît… et resteront plus souvent silencieux s’ils aiment ce qu’ils regardent. Sauf qu’en commentant, que ce soit sur un réseau social ou au cours d’une discussion, on donne de la visibilité à un contenu. Pire, on attise la curiosité de ses pairs.

Parfois, on entend la phrase suivante : « J’ai vu ce truc horrible sur Internet ! ». À ce moment-là, pour beaucoup, le premier réflexe est de chercher à en savoir, et surtout à en voir plus. Amine Mojito joue sur ça. La curiosité malsaine et le cul, deux éléments parfaits pour attirer l’attention du chaland ! En 2013 déjà, Jack Parker nous parlait du phénomène du hate reading : lire un contenu en sachant par avance qu’il va nous mettre en colère. C’est à la fois addictif et douloureux et le pire, c’est que nous sommes nombreux (ses) à continuer à faire ça.

Sur YouTube, l’énorme majorité des commentaires critiquent les vidéos d’Amine Mojito… et les font vivre. Du coup, ça lui donne de la visibilité. Et du coup, il obtient ce qu’il cherchait : il fait le buzz. Amine Mojito a annoncé récemment vouloir arrêter de donner des fessées à des donzelles pour se lancer dans une autre carrière : le rap. Mine de rien, il a d’ores et déjà des milliers de followers ! Il a gagné son pari… quand les personnes qui ont cherché à le pointer du doigt ont surtout perdu de l’énergie. L’argument du justicier ou « C’est pour le bien des autres »

Les personnes qui vont relayer un contenu pour le critiquer le font souvent pour le condamner publiquement. Bien entendu, les intentions sont compréhensibles, sauf que… Nous ne sommes ni juges, ni super-héros. Nous nous devons bien entendu de signaler des choses qui sont en dehors de la loi, nous pouvons parler des contenus qui nous semblent injurieux et polémiques. Oui, ça m’agace aussi quand je vois que Nabilla s’est fait connaître en faisant une blague sur le shampoing. Mais si j’en parle, je renforce son succès ! Pire, si je me plains de sa célébrité, je risque d’attiser la haine envers elle. Personne ne mérite de se faire bâcher par le tout-Internet. D’ailleurs, ce n’est pas mon job d’être la police du bon goût.

Quant à l’argument de dire que c’est une honte pour l’humanité, eh bien… et alors ? À nous de ne pas considérer les people comme des ambassadeurs… et d’encourager les belles initiatives ! Et alors, on fait quoi ? Certains préconisent de regarder ce spectacle avec beaucoup de second degré. Personnellement, je suis d’avis que le meilleur des mépris reste l’indifférence. Alors arrêtons de nous offusquer du ramdam que créent les gens qui produisent des contenus discutables. Gardons notre précieuse énergie pour nous intéresser à un produit qui a de l’intérêt : Internet en regorge.

À nous de créer la culture de demain. Il ne sert à rien de dire que « c’était mieux avant », parce que de toute manière, nous ne reviendrons jamais en arrière. Nous ne sommes pas nécessairement passif (ves) devant un monde imparfait. Nous pouvons agir, nous pouvons créer, nous en avons les moyens. N’oublions pas que la société n’est pas un monstre lointain, qu’il s’agit un peu de nous… alors nous pouvons bouger !

Document n°5: le sexisme dans le milieu politique et journalistique

https://m.facebook.com/sandrine.billy.5/posts/1184697378265437?from_close_friend=1

Activité n°2 : Lister d’autres situations de discrimination à l’égard des femmes

Exemples: 

http://mobile.lemonde.fr/societe/article/2017/01/21/sexisme-harcelement-de-rue-mixite-les-femmes-a-la-reconquete-de-l-espace-public_5066521_3224.html?xtref=

http://m.facebook.com/&utm_medium=Social&utm_campaign=Echobox&utm_source=Facebook&utm_term=Autofeed

 Puis L’enseignant propose aux élèves : de lister d’autres « univers» où il existe des inégalités entre les hommes et les femmes (d’autres univers professionnels, ou autres)

http://www.aufeminin.com/news-societe/baptiste-beaulieu-sexisme-s1638030.html

Et terminer par le visionnage de quelques extraits de la vidéo sur le repenti du blogger Amine Mojito. D’abord laisser regarder par les élèves la video 10/15mn puis visionnage par séquences pour poser les questions.

Analyse des extraits choisis de la vidéo sur l’interview par Siham TV sur Mojito qui s’excuse :

Questions :

  1. Connaissez-vous cette personne ? Dans quel cadre se fait l’interview ?

(Elle s’appelle Siham Bengoua, un pur produit de la télé réalité, ex candidate de l’émission « La villa des cœurs brisés » et bien d’autres qui a créé son propre site de vidéos. Elle n’a pas de légitimité journalistique puisqu’elle n’a pas reçu de formation. L’action se passe dans un des studio loué, le studio eastwood de petite dimension, 230m², situé dans la région parisienne appartenant à un blogger aussi connu Jordan Sitbon, du même agabit que Mojito le 06 octobre 2016)

 Quelle attitude adopte-t-elle face au blogger interrogé ?

(Elle est affalée sur un canapé, très maquillée, et expose les motivations de son sujet. Elle adopte une attitude de complaisance envers le blogger.)

  1. Quel sont les indices montrant sa complaisance envers Mojito dans les premières phrases prononcées par la jeune femme ?

(Après sa présentation, la jeune femme le questionne sur le fait que tu ne respectes pas les femmes entre les guillemets… »

 A FINIR….

Puis à réfléchir sur le phénomène du hate reading et de montrer les conséquences de ce voyeurisme et de la dépendance des flux de vidéos non contrôlés sur les comportements sexistes.etc.

Reflechir aus solutions comment combattre le sexisme

https://lefeminismetamere.wordpress.com/2014/10/14/youtube-nouveau-bastion-du-sexisme/


bastion du sexisme


Dans la course au titre de « plus grand sexiste de l’année 2014 », certains députés, qui refusent la féminisation des noms et l’emploi de l’expression « madame la présidente », font la course en tête. Mais derrière eux, dans l’ombre, un autre groupe se rapproche dangereusement… C’est sur le web qu’il sévit, plus exactement sur la plateforme de partage de vidéos YouTube.

YouTube-logo-full_colorCes « YouTubeurs » (comme on appelle les internautes qui postent régulièrement leurs propres vidéos sur le site) sont des mecs d’une petite vingtaine d’années, américains pour la plupart mais pas que (Hello Guillaume Pley), spécialistes des « pranks », des gags en caméra cachée. Des Jean-Yves Lafesse 2.0 si vous voulez, le sexisme en plus. Leur spécialité: faire rire aux dépens des femmes.

Ils ont tous commencé de la même manière, par le désormais tristement célèbre « comment embrasser une inconnue en 3 questions/5 secondes ». Tous semblent ignorer (ou avoir choisi d’ignorer) qu’imposer ce type de contact physique à quelqu’un qui ne le désire pas, par la force ou par une pression psychologique (des questions trop pressantes par exemple), est du harcèlement sexuel. Pourtant, ça n’est pas faute d’entendre des jeunes femmes du monde entier dénoncer le harcèlement qu’elles subissent au quotidien dans les rues, sifflets, faux compliments, commentaires désobligeants, conversations et contacts physiques non sollicités, insultes si elles refusent de jouer le jeu… On parle suffisamment aujourd’hui du harcèlement de rue pour qu’il soit impossible d’ignorer cette réalité !

J’espérais alors encore qu’il s’agissait d’erreurs de jeunesse et que ces types allaient comprendre, confrontés aux critiques, que le harcèlement sexuel n’est JAMAIS drôle. Mais non, c’est même le contraire. Ils sont de plus en plus nombreux à faire leur beurre sur ce type de vidéos et, désormais, ils attrapent les filles au lasso ou les arrêtent dans la rue en faisant mine de chercher leur chemin avec pour réel objectif de leur pincer les fesses. Breaking news les gars: ça n’est TOUJOURS pas drôle et votre incapacité à le comprendre est carrément pathétique. Comment pouvez-vous ne pas voir que ces filles sont mal à l’aise ? Que votre comportement est déplacé ?

Certains semblent même se sentir investis d’une mission: mettre en lumière les vices cachés des femmes ou ceux de la société. Deniscee, par exemple, veut vous prouver que les femmes sont vénales. Pour ce faire, il donne beaucoup d’argent à un faux SDF devant une fille qu’il essaye de draguer. Quand celle-ci change d’avis et accepte de lui donner sur numéro de téléphone, il lui lance une liasse de billets au visage et la traite de « salope », laissant penser que les femmes méritent les violences dont elles sont victimes. Sam Pepper, lui, harcèle sexuellement des inconnues pour prouver que nous sommes plus sensibles aux violences faites aux femmes par les hommes que l’inverse. De un, on ne voit pas la logique dernière cette démonstration. De deux, bien sûr que les hommes sont victimes de violences conjugales et sexuelles, bien sûr que ces violences sont condamnables, mais le fait est que les femmes sont bien plus souvent victimes de violences de la part des hommes que l’inverse. C’est peut-être tout simplement pour ça qu’on s’en émeut plus, non ?

En laissant penser qu’on peut les prendre à la légère ou qu’ils ont un fond de vérité, ces types légitimisent un certain nombre de clichés et de comportements sexistes. Leur public, souvent très jeune, n’a pas forcément le recul nécessaire pour comprendre que mépriser les femmes ou leur faire payer ses propres frustrations n’est pas marrant. Comment lui faire comprendre, alors, qu’il ne faut pas reproduire ce genre de comportement ?

Il est urgent que ces YouTubeurs ne puissent plus poster impunément de genre de « gags ». Pour y arriver, il est essentiel de signaler toutes ces vidéos aux administrateurs de YouTube. C’est le seul moyen de les voir enfin effacées. Et n’hésitez pas à diffuser cette lettre ouverte d’une autre YouTubeuse, Laci Green, qui a pris le temps d’expliquer à Sam Pepper quel est le problème avec ses « blagues ».

R.

PS: faut-il ou non diffuser ces vidéos pour les dénoncer, au risque de leur faire de la pub ? La question divise les féministes. Nous avons choisi de vous laisser le choix de les regarder ou non, en les insérant en lien hypertexte. Si vous décidez d’aller y jeter un œil, cliquez ensuite sur le mot « Plus », sous l’image, et signalez les.

 2e heure : salle de classe ou CDI (où accès à la salle informatique)

L’enseignant propose aux élèves de faire un 1er bilan : réflexion sur une situation. L’enseignant peut alors demander aux élèves de faire des propositions    pour envisager cette solution: quels moyens faudrait-il mettre en place ? Comment parvenir à une égalité entre les hommes et les femmes (dans le monde du travail entre autres) ?

Et de proposer le travail suivant : A finir

Activité à faire faire par les élèves : faire un questionnaire, une affiche et synthèse

 1) Réaliser un petit sondage : sur comment les ados utilisent les réseaux sociaux ? Et l’ordi ?

(snapchat, whatsapp, instagram, Facebook)

2) Affiche infographie sur les droits des femmes pour lutter contre le sexisme

3) Synthèse à rédiger ((une argumentation sur « le sexisme n’est plus une fatalité » une partie sur le sexisme vécu, une 2e partie sur les droits des femmes et la loi et les solutions pour lutter contre le sexisme)

Ressources vidéos : 

Les discriminations sexistes vers l’égalité entre les hommes et les femmes

Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche http://eduscol.education.fr/ressources-emc 3

Ressources pour aller plus loin :

Catherine Vidal, Féminin, masculin – mythes et idéologies, Éditions Belin, 2006. DVD : La vraie vie des femmes, Canopé, 2014.

On pourra également se référer : à la Convention   interministérielle pour l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif (2013-2018)

Une recension de l’ouvrage par Bruno Modica sur le site des Clionautes, Monique Dagnaud, Génération Y, les jeunes et les réseaux sociaux, de la dérision à la subversion. Éditions les presses de Sciences-po, septembre 2011, collection nouveaux débats, 14 Euros

Voir le site de l’Observatoire des inégalités (publication du premier rapport sur les inégalités en France, juin 2015)

Site de Genre images qui peut aussi être le  support de différentes activités portant sur le thème  des discriminations sexistes.

A finir

A propos pampi06

Professeur histoire géographie en lycée
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