Chapitre 1 Géo Terminale S (version 2016) : DES CARTES POUR COMPRENDRE LE MONDE

Des cartes pour comprendre le monde

 Durée : 4h, étude de cartes géoéconomiques 1h, cartes géopolitiques 1h, cartes géoculturelles 1h, cartes géo environnementales 1h (programmes 2012 TL/TES et programmes TS 2014). Septembre. Manuel Nathan Le Quintrec-Janin, Hist Géo TS  2014

Introduction : Dossier pp 214/215

(Définition) Une carte est une représentation de la Terre ou d’une portion de l’espace terrestre. (Etymologie) Le mot carte a pour origine un mot grec « khartès » qui signifie feuille de papyrus et du latin médiéval « carta », représentation plane.

La plus vielle carte daterait de 2350 av. J.C. une tablette représentant la Babylonie. Les Grecs disposaient de nombreuses cartes.

La carte est un « modèle réduit » donc elle possède une échelle qui mesure le rapport entre l’objet représenté et sa taille réelle.

  1. Quelle représentation ? (Pb de la représentation) : projection, échelle, langage, message sont différents

Il faut replacer dans son contexte le choix d’une représentation cartographique toujours intentionnelle et qui impose son questionnement : pourquoi ce type de représentation, pourquoi cette échelle choisie, quel type de projection, pour quel public ou destinataire, quels critères retenus, pertinence des figurés et des informations retenues, etc ?

  1. Quelle projection la plus adaptée ?

Les trois grandes familles de projection : cartes p.215

Cylindrique (ex : Mercartor), conique (privilégier un hémisphère) et azimutale équidistante (ex : projection polaire)

Des projections à « partis pris »

  1. Pb de la déformation

Toute carte est une anamorphose (qui ne respecte les superficies mais qui les déforme en fonction du domaine représenté). Il existe des centaines de projections cartographiques, les plus connues sont :

  1. Pb de la lecture et de l’interprétation : cartes p216/217

Chaque carte a une lecture et un usage propre. On distingue principalement les cartes topographiques représentant le relief en courbes de niveau, l’hydrographie, l’habitat, les voies de communication, la toponymie : usage militaire, usage touristique et usage pour les aménageurs du territoire. Donc des cartes de repérage. Il y a les cartes thématiques représentant la distribution d’un phénomène à partir de sources. Des cartes de transcription. Les cartes de synthèses, des croquis, sont des cartes d’interprétation. Des cartes-modèles qui expriment avec peu de figurés l’organisation d’un territoire, d’un réseau structuré.

Pour comprendre les cartes on a besoin d’un langage cartographique, la légende. Enfin la carte fut longtemps réservée aux navigateurs, aux militaires, aux marchands, et sa divulgation ou sa diffusion fut punie de la peine de mort à certains moments de l’empire romain et sur les routes des épices au Moyen Age. C’est l’invention de l’imprimerie qui a changé la condition de la carte en lui permettant sa diffusion.

Pour résumer, la carte est un outil pour comprendre le monde : elle permet de localiser, de nommer les repères, d’analyser des phénomènes géographiques et d’interpréter des situations géographiques : organisation d’un territoire, les rivalités politiques.

  1. Quel regard critique peut-on faire sur la carte ?

La carte étant une construction intellectuelle, elle procède d’un choix, elle donne un point de vue. Il faut pour cela avoir un regard critique : voir docs pp.214/215 donc regarder la projection choisie, la pertinence des informations choisies, les limites de la représentation proposé.

Pb : Quelles clés de lectures du monde pouvons-nous utiliser ? Quatre pistes de lecture sont proposées (p.222) : étude de cartes géoéconomiques, cartes géopolitiques, cartes géoculturelles, cartes géo environnementales.

Méthode : 1) Identification : type de carte (représentation), projection, échelle, date, critères ou indicateurs retenues et légende, information) ; 2) description ; 3) interprétation (analyse critique et thématique).

I – UNE LECTURE GEOPOLITIQUE DU MONDE : 1 heure Carte + Fiche n°1 Identification : le document est une carte représentant l’organisation géopolitique du monde en 2011 d’après l’analyse fournie par deux ouvrages de référence. Description et interprétation : trois thèmes apparaissent

1 – Des Etats assurent la gouvernance mondiale :

Ce sont les puissances traditionnelles : (en bleu) les Etats-Unis et les pays alliés. EU sont devenus une hyperpuissance en 1991 (superpuissance sans rivale dans le monde), qui s’appuient sur les institutions dépendant de l’ONU (dont le siège est à NYC) dans le cadre du multilatéralisme (prise de décisions par la communauté internationale et mettant fin au moment unilatéral de l’après 11 Septembre. C’est la politique étrangère de Barak Obama de prôner un leadership intelligent » (smarter leadership ou un smart power) qui combine à la fois un outil

Ex. de smartpower, usage mesuré des armes, par des drones au Yémen et au Pakistan contre Al-Quaïda, des bombardements en Irak et Syrie et inversement en Iran pas interver., voie diplomatique choisie. En Asie, accord TPP avec la Chine, zone de libre-échange mais dispositif militaire US Asie Pacifique.

diplomatique (softpower) et la suprématie militaire (hard power), et qui peuvent compter sur leurs alliés de l’OTAN (Canada et Europe élargie en 2004), de l’ANZUS (Australie et NZ), du traité de Washington (Japon).

La carte p.225 confirme l’affirmation de la souveraineté des Etats, près d’une trentaine sont apparus sur 200 Etats souverains (qualifiés d’Etats-Nations), dans trois grandes zones régionales, en Europe orientale au lendemain de la guerre froide, avec l’implosion des Etats issus de l’ancienne URSS, de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie ; en Asie Centrale  avec l’indépendance des républiques; en Afrique au lendemain des guerres civiles avec la naissance en autre du Soudan Sud (juillet 2011).

Cependant certaines entités politiques ne sont pas reconnues comme Etats souverains, ex : Hong Kong, les Bermudes, de Porto Rico, du Sahara Occidental, du Groenland, de l’Autorité Palestinienne comme des « minorités » ethniques, ex. les Kurdes vivent morcelés sur 4 Etats (Turquie, Iran, Irak, Syrie).mais en Irak les Kurdes vivent dans une région autonome quasi souveraine depuis 2003 avec la chute de Saddam Hussein alors qu’en Turquie ils ne sont pas reconnus.

2 – Une nouvelle donne géopolitique depuis le début du XXIe siècle :

Cette organisation est troublée par un ensemble de facteurs : par la présence de cinq membres permanents au Conseil de sécurité de l’ONU (dont la Russie et la Chine qui s’opposent à l’intervention occidentale en Syrie), par la dissémination nucléaire (9 Etats possédant aujourd’hui l’arme atomique), par les aspirations des pays émergents qui veulent jouer un rôle géopolitique majeur tandis que la Russie souhaite retrouver un rôle international perdu en 1991 (disparition de l’URSS), d’où la formation de l’OCS (Organisation de Coopération de Shanghai) qui réunit depuis 2001 un ensemble de 6 Etats dont la Russie, la Chine et 4 Etats d’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan et Ouzbékistan) p.227.

La Chine est devenue la 1ère puissance économique mondiale. Selon le FMI, la Chine se plaçait au 1er rang en 2014, en parité de pouvoir d’achat et comptant pour 13% du PIB mondial. La Russie a retrouvé son influence, redevenue un acteur de la scène internationale depuis la disparition de l’URSS deux décennies plus tôt, un des BRICS émergents, et une puissance qui a annexé au printemps 2004 la Crimée sous souveraineté ukrainienne. Mais la Russie a pour l’heure beaucoup de défis à relever.

Critique de la carte qui ne montre pas quoi ? que d’autres organisations contribuent à l’émergence de nouveaux acteurs sur la scène internationale : le Mercosur par ex. composé de 5 Etats autour du Brésil (Venezuela oublié sur la carte), le SADC autour de l’Afrique du Sud (Communauté de développement de l’Afrique australe). L’espace géopolitique mondial est donc multipolaire.

 3 – Des tensions et des crises fragilisent l’espace mondial : carte p.226

Faut-il réformer l’ONU ? pb. Élargissement et réforme du droit de vote : Allemagne, Inde, Brésil, Japon pas partis du Conseil de sécurité. Qui bloque ? : EU, Russie et Chine, ex. Crimée, Syrie.

Sur la carte (Manuel Nathan-Le quintrec-Janin TS 2014) apparait les lieux de conflits récents (en rouge) que sont l’Afghanistan et le Pakistan foyers du terrorisme d’Al Qaida (depuis 2001), l’Irak (depuis 2003), la Somalie (guerre civile depuis 1993).

Par contre des guerres oubliées ? La guerre en Libye et les conflits de 2014 n’y apparaissent pas.

Des guerres nouvelles depuis 2014 ? Une lecture critique à formuler. Nouveaux conflits non évoqués (Europe avec Ukraine et Syrie/Irak au MO). La carte exagère l’arc des crises graves et elle n’insiste pas assez sur la zone principale d’insécurité appelée « arc de crises » qui va du Mali à l’Afghanistan et fait l’objet d’une étroite surveillance des organisations internationales.

Au cœur de cette zone se trouvent la Syrie (guerre civile) et l’Iran (suspecté d’avoir un programme nucléaire menaçant Israël et qui a renoncé depuis d’où l’ONU qui en 2016 a accepté la poursuite du programme nucléaire civil sous contrôle). Par contre, la carte représente bien les principales routes maritimes, qui font toujours l’objet d’une étroite surveillance de la part des grands Etats, et les zones de piraterie (Somalie, Asie du Sud-Est). Les échanges de marchandises par voie maritime se sont considérablement développés (ils assurent aujourd’hui les 2/3 des échanges internationaux en volume) : la conteneurisation en est en partie la cause, et les conteneurs (caisses de 20, 30 ou 40 pieds de long, chargements mesurés en EVP : équivalent 20 pieds[1]) sont devenus le symbole de la standardisation des modes de chargement et de déchargement des bâtiments, nécessitant des aménagements portuaires que seuls les plus grands ports du monde possèdent (Singapour, Hong Kong). Les « verrous stratégiques » (détroits de Gibraltar, de Malacca, d’Ormuz, canal de Suez, de Panama) sont particulièrement surveillés.

II – UNE LECTURE GEOECONOMIQUE DU MONDE :1 h carte+ Fiche n°2

1 – Des contrastes de richesse : cartes 2 et 3 p.230

Pb : Quels sont les contrastes de richesse à l’échelle mondiale ? La carte est-elle pertinente pour les présenter ?

Identification : Les cartes 2 et 3 p.230 présentent l’IDH à différentes échelles, la 1ère à échelle mondiale avec une projection polaire et la suivante à l’échelle régionale voir transfrontalière entre le Mexique et les E.U à des dates différentes 2012 et 2009 d’après le PNUD. Les documents sont des cartes thématiques. La carte 1 p.230, révèle à l’échelle mondiale (petite échelle) les disparités de développement par des plages de couleurs et cette représentation tient compte du mode de changement de calcul opéré par le PNUD en 2011. La légende indique les quatre catégories (très élevé, élevé, moyen et faible) sont ici cartographiées ainsi qu’une indication soulignant, la régression de l’IDH à l’occasion du nouveau mode de calcul.

L’indicateur utilisé ici est l’IDH à ne pas confondre avec le PIB/h (produit intérieur brut par habitant) qui mesure la valeur des biens et services produits par les entreprises en un an dans le cadre national en les rapportant au pouvoir d’achat des ménages et au nombre d’habitants. L’IDH est un indicateur calculé à partir de l’espérance de vie, du taux d’alphabétisation des adultes et du PIBPPA par habitant en parité de pouvoir d’achat, il évalue la qualité des conditions de vie (c’est un indicateur à dimension sociale), il s’exprime par un chiffre allant de 0 à 1, il a été créé en 1990 par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), modifié en 2011. Le PIB/h est un indicateur inventé il y a un demi-siècle, il donne une estimation du pouvoir d’achat moyen dans un Etat (en fait de la richesse produite par habitant), il mesure le niveau de production d’un pays divisé par le nombre d’habitants, il est critiqué car trop économique et ne tenant pas compte de la dimension sociale.

Description : Cette carte présente les disparités de développement : elle montre que les populations d’Amérique latine ont un niveau de vie plus faible que celles d’Amérique du nord, de même l’Europe orientale et les PSEM (Pays du Sud et de l’Est méditerranéen) ont un IDH plus faible que l’Europe occidentale, la Chine et les pays d’Asie du Sud Est ont un IDH plus faible que le Japon et les « petits dragons » (Corée du Sud, Taiwan, Singapour).

Interprétation : Les pays insuffisamment développés (moins de 0,70 sur la carte) sont ceux de l’Afrique subsaharienne (plus de 20 Etats africains ont un IDH de moins de 0,50) et de l’Asie du Sud, ainsi qu’une partie de l’Océanie, ils sont plus vulnérables que les autres face aux risques naturels (séismes) ou technologiques, aux guerres, aux pandémies (SIDA). Les lignes de discontinuités sont nettes et visibles entre ces grands ensembles, les mondes développés d’un côté, les mondes mal développés de l’autre.

Autre exemple de carte avec un autre indicateur : IDH carte p.245/6  (Activité en demi groupe en classe ou en DM)

Identification : Le document est une carte par anamorphose en 2012, représentant, à l’échelle mondiale, le volume du PIB par Etat (la superficie de chaque Etat est proportionnelle au phénomène représenté ce qui permet une lecture directe), un indicateur de richesse (rappel définition notion de la richesse : en économie, elle est définie par l’ensemble des biens dont l’usage correspond à la satisfaction des besoins ; elle est mesurée par des indicateurs parmi lesquels le PIB est le plus commun), et l’IDH, indicateur du développement, des États du monde en 2011. Les données sont fournies par la CNUCED, Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement, qui est un organisme de l’ONU ; il s’agit donc d’une source institutionnelle internationale. Les données ont été publiées en 2012 et recueillies en 2011, elles sont donc récentes et permettent de présenter une lecture géoéconomique du monde actuel. Présenter idée générale du document : ce document donne une lecture géoéconomique du monde en permettant de comparer les États qui le composent sur la base des deux critères. L’idée majeure exprimée par le document est que le monde actuel présente une grande diversité de situations de richesse et de développement entre les pays du Nord et les pays du Sud d’une part, et entre les différents pays du Sud d’autre part.

Description : La carte fait apparaître le poids considérable de l’Amérique du Nord, de l’Europe occidentale et du Japon dans la production de richesse. Inversement, l’Afrique et l’Amérique latine occupent un espace très réduit sur la carte. L’utilisation des couleurs renforce cette dualité entre pays riches et pays pauvres.

Interprétation : La carte souligne le poids considérable des pays de la Triade (de l’Amérique du Nord, de l’Europe occidentale et du Japon) dans l’économie mondiale, et le contraste entre pays du Nord et pays du Sud, souligné par la représentation de la limite conventionnelle Nord/Sud et le faible poids de l’Afrique qui réunit la majorité des PMA. Les principaux indicateurs utilisés sont le PIB[2] et le RNB[3]. Cependant, la carte présente des limites la limite Nord/Sud est contestable (pays pauvre au Nord : Ukraine ; pays riche au Sud : Qatar). Surtout, la carte sous-évalue le poids croissant des pays émergents, en particulier les BRICS, voir doc image p.262, (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), et ne prend pas en compte les disparités internes aux Etats. (Schéma à réaliser) Un autre exemple de carte avec un autre indicateur.

2 – Une explosion des flux : carte 4 p. 231

Pb : Quels sont les pôles et les flux mondiaux ?

Identification : le document est une carte représentant, à l’échelle mondiale, avec une projection polaire, des flux de marchandises dans deux différentes zones, intra régional et en interrégionalla diversité et l’intensité des échanges de marchandises dans le monde en 2012.  On y retrouve les trois pôles majeurs de l’économie mondiale que sont l’Europe occidentale (essentiellement les pays de l’UE), l’Asie orientale (autour du binôme Japon-Chine) et l’Amérique du Nord. Les flux entre ces trois pôles sont très importants mais restent dominés par l’intensité des flux intra-régionaux qui sont représentés sur cette carte par des cercles proportionnels aux poids de ces échanges. L’intérêt de la carte repose d’ailleurs en grande partie sur le choix du cartographe qui simplifie ainsi sa représentation. La carte souligne également l’importance des flux secondaires, et particulièrement Sud-Sud, ce qui témoigne de la diversification des flux de marchandises dans le monde et de la montée en puissance des pays émergents.

Interprétation : la carte suggère un espace mondial unifié par les flux marchands. Elle montre que l’espace mondial est un espace multipolaire. La carte met en avant les grands pôles commerciaux mondiaux. Un archipel de pôles plus ou moins importants se distinguent : l’Europe occidentale (principalement les pays membres de lUE), l’Amérique du Nord, l’Asie orientale et à un degré moindre, la Russie, le Moyen-Orient et le Brésil constituant l’oligopole du commerce mondial.

Depuis 1945, le commerce international de marchandises a connu une croissance rapide. Les échanges de produits agricoles, de sources d’énergie et de matières premières sont le plus échangés car ils sont importants à cause de leur valeur stratégique (flux de produits pétroliers en provenance du Moyen Orient, qui déterminent en grande partie les stratégies des grands Etats : contrôle des sources d’approvisionnement du Moyen-Orient, des détroits pour le trafic maritime) et de leurs cours fluctuants qui ont des conséquences sur l’évolution économique des pays rentiers (vivant de l’exportation d’un de ces biens). Mais les échanges internationaux sont aujourd’hui dominés par le commerce des produits manufacturés (qui représentent près des ¾ des exportations mondiales).

3 – Des « Nord(s) » et des « Sud(s) » :

Pb : la limite Nord-Sud est-elle toujours pertinente ? A compléter cartes p.244 et p.271

 La limite théorique entre Nord riche et développé, et Sud en développement correspond encore à une réalité, exemple entre les Etats-Unis et le Mexique, entre les PSEM (pays du Sud et de l’Est méditerranéen) et l’UE. Les flux d’IDE oublient encore de vastes ensembles géographiques. Les PMA (pays les moins avancés) semblent oubliés par la mondialisation, bien qu’ils contribuent aux échanges internationaux. Mais les pays du Nord ne forment pas un bloc homogène. Nous distinguerons les PIRD (pays industrialisés riches et développés) de la Triade (Amérique du Nord, Union européenne, Japon, Australie), les Quatre Dragons (Corée du Sud, Taiwan, Hong Kong, Singapour), les pays d’Europe orientale en transition vers l’économie de marché (anciens pays communistes, pauvres mais développés). De même, les pays du Sud offrent une grande diversité. Nous distinguerons les NPI[4] (nouveaux pays industrialisés) ou pays émergents (Inde, Chine, Brésil), les pays rentiers (vivent de l’exportation d’un bien : source d’énergie comme le pétrole, matière première, produit agricole) souvent riches mais peu développés, les pays en situation intermédiaire (pays en développement où le secteur primaire tient encore une place importante), les PMA (pays les moins avancés) qui sont les pays les plus pauvres et les moins développés de la planète (Afrique subsaharienne). Mais la misère humaine et les disparités peuvent se rencontrer à différentes échelles, y compris dans les PIRD où les disparités sont importantes en milieu urbain (SDF, chômage de longue durée, ghettos urbains des quartiers défavorisés).

III – UNE LECTURE GEOCULTURELLE DU MONDE : 1 h carte + Fiche n°3

1 – L’uniformisation culturelle du monde :

Carte p.233 « La pratique du football dans le monde ». Identification : le document est une carte par anamorphose représentant, à l’échelle mondiale, le nombre de footballeurs licenciés en 2013 et la proportion de joueurs dans le monde ce qui montre l’importance relative de ce sport dans la population. Un marqueur de l’uniformisation de la pratique de ce sport.

Description et interprétation : Q.1 le foyer émetteur de la pratique du football est l’Angleterre, pays d’origine de ce sport. Le football est très pratiqué en Amérique du Nord (soccer) et en Amérique latine (le Brésil est « le » pays du football professionnel), en Europe (foyer majeur de pratique de ce sport, surtout en Allemagne, mais assez peu en France), en Asie (Chine et Inde). Q.2 Mais la pratique du football est faible en Asie si l’on tient compte du taux de pénétration, et l’on remarque une faible pratique du football en Asie et en Afrique. Q.3 La situation est paradoxale en Chine, en Inde ou en Indonésie qui sont des pays où le nombre de licenciés est très important. Toutefois pour ces pays, si le nombre de licenciés est élevé, il ne constitue qu’une faible part de leurs populations, compte tenu de leur masse démographique. Q.4 Comparer avec la carte p.230, IDH ? La comparaison de cette carte avec celle de l’IDH dans le monde semble attester de l’idée que la pratique « institutionnelle » du football est fortement indexée au niveau de développement d’un pays. En réalité, dans les pays développés, les fédérations sont parfaitement organisées, ce qui permet la mise en place d’un système de licenciés, système qui n’existe pas dans les pays mal développés où le football de rue prédomine.   Cependant, nous pouvons parler d’un sport mondialisé car tous les pays du monde sont concernés et le mondial a une diffusion planétaire. Mondialisation culturelle.

2 – Des acteurs pour l’uniformisation culturelle :

L’uniformisation culturelle du monde résulte du jeu de plusieurs acteurs, des FTN comme des Etats. Les entreprises étatsuniennes ont été les premières à comprendre le pouvoir considérable de l’entertainment, littéralement « divertissement » (production culturelle de masse).

3 – Mais un monde divisé en aires culturelles spécifiques :

Carte p.234, carte des aires linguistiques dans le monde. Cette carte descriptive a comme objectif principal de montrer la diversité culturelle du monde à travers sa variable linguistique. Cette carte est donc volontairement sélective dans la mesure où la représentation cartographique de toutes les langues parlées dans le monde, et notamment les dialectes locaux, est quasi-impossible à cette échelle. L’idée principale réside dans la représentation graphique de la notion d’aire linguistique, et par extension de celle d’aire culturelle.

         Des aires linguistiques sont nombreuses comme en Asie Centrale, voir carte P.235. On peut y voir ici une des raisons des situations conflictuelles que connaissent ces régions, les affrontements d’ordre culturel.

         Doc p.235. Cette couverture de la revue Alternatives Internationales montre les enjeux culturels de la mondialisation actuelle. Souvent annoncée comme une mondialisation occidentale, dominée par les référents culturels américains ou anglo-saxons (langue anglaise, American way of life, cinéma d’Hollywood, etc.), la world culture. Mais des pays émergents profitent de la mondialisation des moyens de communication pour élaborer un contre-modèle culturel au modèle américain. La Chine, l’Inde, le Brésil, mais aussi la Turquie (notamment dans le monde arabomusulman) font partie des nouveaux pôles de la culture mondialisée.

          La mondialisation entraîne-t-elle l’homogénéisation des cultures ? Elle n’est pas synonyme d’homogénéisation culturelle. L’intensification des échanges et des mobilités peut en effet pousser les sociétés humaines vers des modes de comportement et de consommation similaires ; cependant on constate qu’à la faveur de la mondialisation, on assiste aux replis identitaires, à l’affirmation des singularités, à la défense de voir les langues et les cultures se maintenir.

          Le monde demeure encore une Tour de Babel même si l’anglais est incontestablement la langue de la finance, des affaires, et du commerce.

IV – UNE LECTURE GEO-ENVIRONNEMENTALE DU MONDE: 1h carte + Fiche n°4

1 – Des défis environnementaux multiples : la pression démographique

En 2050, nous serons plus nombreux qu’aujourd’hui, la plupart des pays du monde auront achevé leur transition démographique, nous vivrons plus longtemps, et nous serons majoritairement des citadins. Ainsi, nous pouvons affirmer que les besoins des habitants de la planète seront différents de ce qu’ils sont actuellement.

Les enjeux de l’environnement planétaire dépassent les frontières, concernent tous les pays du monde et nécessitent une coopération internationale. La prise de conscience est récente, mais les réalisations restent aujourd’hui limitées. D’autre part, les besoins des habitants de notre planète sont souvent en contradiction avec la protection de l’environnement (avoir une automobile, une maison équipée de nombreux appareils ménagers, des moyens de télécommunication sophistiqués). Exemple : si tous les habitants de la planète consommaient aujourd’hui comme les habitants des Etats-Unis, il faudrait 5 planètes Terre pour satisfaire leurs besoins ; comme les Français, il en faudrait 2,7 ; comme les Chinois, 1 ; comme les habitants de l’Inde, 0,4, selon les travaux de William E. REES (conférence de Rio en 1992) portant sur l’empreinte écologique est une mesure de la pression qu’exerce l’homme sur la nature. C’est un outil qui évalue la surface nécessaire à la production et à l’assimilation des biens consommés par les habitants (moyenne 2,5 ha dans le monde, mais 6,5 ha dans les pays développés à hauts revenus). Deux thèses s’opposent : les néomalthusiens (de Malthus) dénoncent la « Bombe Population » qui va faire exploser la planète par l’accumulation des besoins ; les démographes de l’INED contestent cette vision alarmiste en rappelant que c’est un mode de consommation venu des Etats-Unis qui épuise les ressources de la planète. Il est possible de vivre tous sur notre Terre en changeant nos habitudes de consommation. Ex. de la déforestation.

(Voir carte pp.296/297 « l’Amazonie brésilienne dans la mondialisation ») Le Brésil possède 65% de la forêt amazonienne. Depuis 40 ans, 700.000 km² de forêt ont disparu en Amazonie (plus que la superficie de la France), essentiellement pour développer l’élevage bovin ou la culture du soja, ce qui épuise les sols. Désormais, 20 millions de personnes vivent en Amazonie, essentiellement dans les villes. Pour assurer un développement durable en Amazonie, le gouvernement brésilien a fait voter en 2006 une loi protégeant la végétation primaire et organisant la lutte contre le défrichement illégal. L’Etat brésilien va accorder des concessions aux entreprises respectant l’environnement pour exploiter la forêt et développer l’éco-tourisme, tout en protégeant les populations indiennes qui vivent dans la forêt. Depuis 2006 l’Amazonie bénéficie donc d’une politique de développement durable qui profite à tous, mais qu’il était urgent de mettre en place.

2 – Le réchauffement climatique : une réalité incontestable :

Analyse de la carte pp.236-237 À l’heure actuelle la principale menace qui pèse sur l’espace planétaire réside dans le réchauffement climatique et de ses conséquences pour les territoires et les sociétés, objectif de cette carte à l’échelle mondiale, des données de 2013 à partir du PNUE, une source fiable.

Il est bien entendu difficile d’élaborer une cartographie complète des dégradations environnementales actuelles et des risques qui pèsent sur les espaces. La carte thématique propose une typologie pertinente sur les impacts du réchauffement climatique.

Q.1 Quels sont les trois groupes d’informations géographiques représentés sur la carte ?

Les trois groupes d’informations géographiques représentés sur la carte sont :

a/ L’évaluation des risques liés au réchauffement climatique affectant les territoires ;

b/ Les impacts écologiques liés au réchauffement climatique ;

c/ Les impacts économiques et sociaux.

Q.2 Quelles sont les conséquences écologiques liées au réchauffement climatique ? Quelles sont les conséquences économiques et sociales ?

Les conséquences écologiques sont très variées selon les territoires : hausse ou baisse des précipitations, intensification des phénomènes cycloniques, risques d’incendie, élévation du niveau des eaux océaniques, fonte des glaces et du pergélisol. Les conséquences économiques et sociales sont la dégradation des systèmes agricoles, des systèmes urbains (pollutions diverses) ou bien des récifs coralliens (destruction de l’activité touristique).

Q.3 Quelles sont les régions les plus vulnérables face à ces conséquences ? Celles qui le sont le moins ?

Les régions les plus vulnérables sont globalement situées dans la zone intertropicale. Dans l’ensemble ce sont tous les territoires peuplés de la planète, donc cela inclut également les grandes régions de peuplement au-delà des Tropiques. Les régions les moins affectées par le réchauffement climatique sont les déserts chauds, qui sont les ensembles géographiques les moins densément peuplés de la planète contrairement aux déserts froids qui sont eux fortement affectés.

Q.4 Quel procédé l’auteur a-t-il utilisé pour rendre la carte plus lisible face à la profusion d’informations géographiques ?

L’auteur a décidé d’utiliser deux types de figurés : les figurés de surface en utilisant des plages de couleur pour déterminer la nature et intensité des risques ; des figurés ponctuels correspond à des types de dégradation environnementale.

Q.5 Montrez que l’information est géographiquement incomplète. Selon vous, toutes les conséquences ont-elles été représentées ?

L’information géographique est en effet incomplète. La pollution urbaine dans les villes chinoises par exemple n’est pas mentionnée, pollution urbaine qui concerne également toutes les grandes métropoles dans le monde. La question de la disponibilité de la ressource en eau aurait également pu être mentionnée sur cette carte.

 3 – Des projets pour un développement durable :

La première ONG (organisation non gouvernementale) écologiste est née en 1882 aux Etats-Unis (le Sierra Club). Mais il faut attendre 1972 pour que la notion d’écodéveloppement apparaisse lors de la conférence de Stockholm. La date essentielle est 1987, année de publication du rapport Brundtland intitulé « Notre avenir à tous », qui définit le développement durable « qui permet aux générations actuelles de satisfaire leurs besoins sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs ». Le développement durable repose sur trois piliers en interaction (faire le schéma) : croissance économique, progrès social, gestion de l’environnement. Le développement durable est viable, vivable, équitable. Sa bonne mise en œuvre nécessite la prise en compte de la culture des populations et leur participation aux décisions (démocratie participative).

En 1992, le Sommet de la Terre de Rio, conférence de l’ONU sur l’environnement et le développement, publie l’Agenda 21, un programme d’actions pour le XXIe siècle, qui constitue une stratégie globale  pour le développement durable. Le sommet consacré aux gaz à effet de serre avait permis d’aboutir aux accords de Kyoto en 1997, mais les engagements pris ont rarement été appliqués (voir rapport du PNUD 2008-2009 disponible en ligne). En 2002 a eu lieu le premier sommet mondial sur le développement durable à Johannesburg (Afrique du Sud). A l’échelle nationale, un Grenelle de l’environnement a eu lieu en 2007. Mais les discussions portent essentiellement sur l’écologie et le réchauffement climatique, en utilisant un catastrophisme excessif. Il faut donc garder à l’esprit qu’il s’agit du développement humain, et que les grands défis sont au Sud.

http://geographie-ville-en-guerre.blogspot.fr/2009/09/la-carte-discours-quelques-elements-de.html?m=1

[1] 1 pied = 30,5 cm.

[2] PIB : valeur de l’ensemble des biens et services produits en un an dans un espace déterminé.

[3] RNB : valeur de l’ensemble des biens et services produits par les entreprises ayant la nationalité d’un pays déterminé, qu’elles soient implantées en territoire national ou à l’étranger, ainsi que les revenus des citoyens vivant à l’étranger.

[4] NPI : pays en développement qui consacrent 50% ou plus de leurs exportations à des produits manufacturés, et dont la production industrielle réunit 25% ou plus du P.N.B.

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Professeur histoire géographie en lycée
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