Info GĂ©ographie Seconde đź“° : les mĂ©tropoles de demain « durables et attractives »

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(Source : La Tribune/DR)

Article « Les (hyper) mĂ©tropoles vont supplanter les nations » (Jacques Attali) publiĂ© dans la revue « la Tribune »

 

Les mĂ©tropoles de demain seront altermodernes, c’est-Ă -dire Ă  la fois durables et attractives, plus soucieuses de l’environnement, de l’humain et du « vivre-ensemble ». Une mĂ©tropole durable n’est pas seulement une mĂ©tropole verte, elle se dĂ©finit par de multiples facettes : Ă©conomiques, sociales, politiques, culturelles et Ă©cologiques. Les nouvelles technologies y dessinent un nouvel avenir.

La concurrence accrue au sein d’un archipel mondial nĂ©cessitera une constante adaptation de la part des mĂ©tropoles pour pouvoir rester attrayantes sur tous les plans. Elles devront miser sur des technologies nouvelles, interconnectĂ©es, qui tirent profit de la densitĂ© de population offerte par les aires urbaines.

Les mĂ©tropoles devront savoir attirer une classe moyenne grandissante, mais aussi composer avec une Ă©lite hypernomade et sans attache, et avec des populations de travailleurs toujours plus itinĂ©rantes, dĂ©mĂ©nageant au grĂ© de la demande de main d’oeuvre. L’adaptation aux besoins de ces trois groupes devra se faire dans une logique intĂ©grĂ©e, impliquant l’ensemble des populations urbaines ainsi que les territoires Ă  proximitĂ© directe, dans le but de bâtir un projet mĂ©tropolitain cohĂ©rent qui apportera une nouvelle façon de vivre et de penser les mĂ©tropoles.

1- NOUVEL ÉCHELON D’IDENTIFICATION DANS UN MONDE DE PLUS EN PLUS NOMADE, LES MÉTROPOLES VONT CHANGER LE PAYSAGE GÉO-ÉCONOMIQUE

Les mĂ©tropoles concentrent les activitĂ©s crĂ©atrices de richesses et seront donc le principal moteur de l’Ă©conomie de demain.

 Trois milliards et demi de personnes Ă  travers le monde vivent aujourd’hui dans une ville. Elles seront 5 milliards dans quinze ans et 7,5 milliards Ă  l’horizon 2050. Les mĂ©tropoles abritent des bassins de compĂ©tences, de capital, d’information, mais aussi d’innovation. Ces bassins de classes crĂ©atives, caractĂ©risĂ©es par leur goĂ»t pour le neuf, se sont organisĂ©s Ă  travers l’histoire autour de « coeurs » urbains qui, l’un après l’autre, ont donnĂ© le ton Ă  la croissance Ă©conomique. Les grandes mĂ©tropoles mondiales sont dĂ©jĂ , pour beaucoup de pays, le moteur de l’Ă©conomie nationale dans des contextes d’urbanisation macrocĂ©phale. C’est le cas de villes comme Londres, Mexico ou encore Paris.

L’ĂŽle-de-France, avec plus de 10 millions d’habitants et 600 milliards de PIB, gĂ©nĂ©rĂ©s principalement par l’agglomĂ©ration parisienne, reprĂ©sente un tiers de l’Ă©conomie française mais ne pèse que 22% du revenu disponible national. Ce diffĂ©rentiel traduit un transfert de richesses de la capitale vers le reste de l’Ă©conomie nationale. Le PIB de l’agglomĂ©ration parisienne est aussi supĂ©rieur Ă  celui de beaucoup de pays, dont l’Afrique du Sud, la Colombie ou la Pologne.

Avant le tsunami de Fukushima, le PIB de la ville de Tokyo Ă©tait le double de celui du BrĂ©sil. Cette concentration peut donner lieu Ă  l’apparition d’une nouvelle communautĂ©, aux liens plus resserrĂ©s. Cette Ă©volution des comportements est possible grâce Ă  la proximitĂ© crĂ©Ă©e et se fera Ă©galement par une mise Ă  profit des nouvelles technologies.

Dans un monde qui exigera de plus en plus de fĂ©dĂ©ralisme, les mĂ©tropoles vont devenir un nouvel acteur Ă  part entière, allant jusqu’Ă  supplanter la nation pour les plus puissantes d’entre elles.

Les mĂ©tropoles vont devenir des acteurs essentiels de la structuration des sociĂ©tĂ©s de demain. Elles se substitueront progressivement aux autres Ă©chelons, et notamment Ă  l’Ă©chelon national, attribuant ainsi un rĂ´le accru aux gouvernements locaux. Les mĂ©tropoles seront alors dirigĂ©es par un vĂ©ritable gouvernement disposant de portefeuilles allouĂ©s et de personnalitĂ©s fortes. Cet accroissement du rĂ´le des mĂ©tropoles va changer la face du monde politique et des relations internationales.

Les mĂ©tropoles globales, mondialisĂ©es, qui concentrent dĂ©jĂ  la plupart des entreprises multinationales, centres financiers, centres de pouvoir et centres culturels vont alors accroĂ®tre leur influence en s’organisant en rĂ©seaux de mĂ©tropoles. Ces nouvelles interdĂ©pendances les dĂ©tacheront progressivement d’une influence exercĂ©e par leur nation, et leur permettront d’asseoir leur prĂ©Ă©minence en tant que nouveaux hubs de pouvoir. On le voit dĂ©jĂ  Ă  l’importance qu’ont prise des mĂ©tropoles-États comme Singapour ou Dubai, ou bien encore au rĂ´le que jouent les grandes mĂ©tropoles des pays en dĂ©veloppement.

Ce rôle va accroître la compétition des métropoles entre elles, les plus attractives formant un réseau de villes hypernomades de passage.

La concurrence entre les mĂ©tropoles se fera non seulement au niveau du tourisme, mais aussi au niveau des conditions de vie, de l’accueil rĂ©servĂ© au monde professionnel, et de l’attractivitĂ© acadĂ©mique et culturelle. Ces trois dimensions permettront aux mĂ©tropoles de s’insĂ©rer dans le rĂ©seau des villes attractives. Dans ce contexte, il faudra penser la ville comme un hĂ´tel. La ville de demain devra accueillir ceux qui veulent s’y installer, mais aussi se mettre en valeur pour attirer et aller chercher des clients dont le nombre ira croissant avec l’essor des classes moyennes venant, notamment, des Brics. Se donner les moyens de sĂ©duire, d’ĂŞtre attractive aux yeux des autres, deviendra donc une fonction essentielle de la mĂ©tropole de demain.

Deux catĂ©gories de la population seront davantage concernĂ©es par cette vision fragmentĂ©e de la ville et la verront davantage comme un lieu de passage : – les travailleurs seront de plus en plus amenĂ©s Ă  se dĂ©placer de mĂ©tropole en mĂ©tropole, afin de trouver des emplois toujours plus prĂ©caires et temporaires ; – Ă  l’autre extrĂ©mitĂ© du spectre, des Ă©lites hypernomades, reprĂ©sentant 200 millions de personnes, passeront par des zones urbaines modernes, attirĂ©es par leur crĂ©ativitĂ© et leur connectivitĂ©, dans le cadre d’une mobilitĂ© professionnelle mondiale pour ces travailleurs très qualifiĂ©s. Dans cette compĂ©tition, l’Europe peut se laisser dĂ©passer et devenir un musĂ©e. Elle peut aussi, avec un peu de volontĂ©, ĂŞtre le lieu principal d’accueil des richesses de demain…Voir suite de l’article

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20140123trib000811459/les-hyper-metropoles-vont-supplanter-les-nations-jacques-attali.html

>>> FOCUS 10 milliards d’humains en 2050 !

  • 2013 Sur les 7 milliards d’habitants de la Terre, 3,5 milliards sont urbains (50%).
  • 2030 8,5 milliards d’humains, dont 5 milliards d’urbains (60%). 2% des terres Ă©mergĂ©es seront urbanisĂ©es ; les 2/3 de ces zones n’existent pas encore aujourd’hui. Les villes d’Asie et d’Afrique abriteront respectivement 2,66 milliards et 748 millions d’urbains.
  • 2050 10 milliards d’habitants, dont 7,5 milliards d’urbains (75%).
  • En Afrique, entre 2013 et 2030, la croissance de la surface urbaine sera de 590%.

(Source ONU, INED.)

 

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Professeur histoire géographie en lycée
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