Leçon Géographie Terminale S : Le continent Africain face aux défis du développement et de la mondialisation (version 2018)

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Pour information une leçon que j’ai rédigée sous forme de fiche résumé qui vous permet d’assimiler aisément les différentes problématiques concernant ce continent et de traiter efficacement ce sujet sous la forme d’une composition.

COMPOSITION le  CORRIGE

« Le continent africain face aux défis du développement et de la mondialisation. »

INTRODUCTION :

Amorce : Si pour René Dumont «l’Afrique est mal partie» titre de son livre publié en 1962, pour Sylvie Brunel spécialiste de la géographie de l’Afrique, «le continent africain a une capacité à rebondir, un continent capable de résilience.», extrait 

Présentation de l’Afrique est séparée par le Sahara en deux ensembles distincts : l’Afrique du Nord qui comprend le Maghreb (du Maroc à la Libye) et le Machrek (de la Libye à l’Egypte) d’une part, et l’Afrique subsaharienne d’autre part qui comprend l’Afrique occidentale (du Sénégal au Nigéria), l’Afrique centrale (du Tchad au Congo démocratique), l’Afrique orientale (de l’Erythrée au Mozambique, en y ajoutant Madagascar et les Îles de l’Océan indien) et l’Afrique australe (autour de l’Afrique du Sud, pays émergent qui fait partie des BRICS).

L’Afrique est un continent paradoxal, qui pèse peu dans l’économie mondialisée (4% du PIBPPA en 2014) mais qui rassemble pourtant 17% de la population mondiale (1.250 millions d’habitants en 2017, INED 2017) et possède des richesses convoitées par les grandes puissances (pétrole, diamants, uranium) qui font de ce continent un enjeu géopolitique majeur. Les défis sont les obstacles que doit surmonter une civilisation dans son évolution (terme apparu vers 1965).
Problématique : Quels sont les obstacles que le continent africain doit surmonter pour réussir son développement ?
Annonce du plan : un continent pauvre en marge de la mondialisation, un continent capable de résilience, mais d’énormes défis restent à relever.

DEVELOPPEMENT :

I _- Un continent pauvre mais de moins en moins en marge de la mondialisation :

1 – Une périphérie dans le processus de mondialisation:

Le poids du continent africain est faible dans le monde, 3% de la production de richesse selon le PIB, 3% du volume des échanges internationaux, 2% du stock d’IDE, pour un continent qui abrite 1.250 millions d’habitants soit 17% de la population mondiale. 54 Etats.

Cependant les Ettats africains contribuent aux échanges internationaux qui tiennent une place importante dans l’économie de la plupart d’entre eux. L’Afrique est un important fournisseur de matières premières (74% des exportations du continent) et de produits agricoles, les produits manufacturés ayant un poids limité (19% des exportations du continent). Ainsi se révèle le paradoxe africain d’un continent qui pèse peu dans le monde mais dont les économies nationales sont bien intégrées dans le processus de mondialisation. Cependant en l’absence d’Etats puissants capables de réguler le processus, il s’agit d’une mondialisation sauvage  non régulée qui porte préjudice à l’ensemble du continent et à ses habitants.

2 – Un continent pauvre et des Etats fragiles:

L’Afrique est le continent de la pauvreté : 34 des 48 PMA du monde sont des Etats africains. 390M de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en Afrique.

Cette situation s’accompagne d’une grande fragilité des populations, victimes de l’insalubrité, des difficultés d’accès à l’eau potable et du manque d’encadrement médical. La mortalité infantile y est la plus élevée du monde. L’Afrique est aussi le continent le plus touché par le VIH (on y compte 23M de séropositifs sur 34M dans le monde). L’instabilité politique et l’insécurité conduisent à des déplacements de populations : l’Afrique compte 11M de réfugiés politiques en 2010 sur 37M dans le monde.

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2 – Une économie de rente dominante:

l’Afrique dépend des esportations de produits agricoles, de matières premières et sources d’énergie, ce quir end la plupartdes Etats vulnérables à l’égard des fluctuations des prix du marché mondial. Le poids des élites favorables aux régimes autoritaires dans plusieurs Etats, l’influence des militaires de carrière, les guerres civiles ou interétatiques (Somalie, RDC, Côte d’Ivoire) entretiennent un climat d’insécurité peu propice aux investisseurs. La faiblesse des Etats explique l’importance du secteur informel dans l’économie, le poids des petites entreprises familiales conduisant à une mondialisation par le bas.

Cependant, les Etats africains contribuent aux échanges internationaux qui tiennent une place importante dans l’économie de la plupart d’entre eux. L’Afrique est un important fournisseur de matières premières (74% des exportations du continent) et de produits agricoles, les produits manufacturés ayant un poids limité (19% des exportations du continent).

Le processus de mondialisation sauvage creuse les inégalités sociales et engendre des phénomènes de ségrégation spatiale spontanée. Les disparités géographiques sont donc très marquées entre les noyaux dynamiques et axes structurants d’une part (villes industrielles d’AFS ou du Maghreb), les périphéries de l’autre (le Sahel en fait partie).

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T : Ainsi se révèle le paradoxe africain d’un continent pauvre qui pèse peu dans le monde mais dont les économies nationales sont bien intégrées dans le processus de mondialisation.
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I I – Un continent capable de résilience (Sylvie Brunel) :

Résilience: propriété d’un corps qui présente une résilience aux chocs élevée, lui permettant de rebondir après une phase de difficultés.

1 – Un potentiel de développement considérable :

Le continent africain regorge de richesses : il possède 1/3 des réserves minérales de la planète, en particulier des métaux rares (cobalt, manganèse) et des diamants (57% des réserves mondiales), des sources d’énergie diversifiées (hydrocarbures, uranium), en raison d’une structure géologique particulière de bouclier ou socle ancien.

Le continent est également en train de vivre un réveil politique après les difficultés de la décolonisation des années 1960 à 1990 : l’abandon de l’apartheid en Afrique du Sud et l’élection de Nelson Mandela comme président (1994), les révolutions du « printemps arabe » de janvier à octobre 2011 dans le monde musulman. De ce fait, le continent africain est redevenu attractif pour les investisseurs (en particulier les USA, la Chine et l’Inde).

2 – Une croissance économique qui s’affirme :

Dans les années 2000 jusqu’aux années 2015 la plupart des Etats africains ont connu une croissance économique forte (4% de croissance du PIB/h en moyenne) malgré la crise de 2008/2009, avec cependant de grandes disparités selon les Etats et une récession brutale depuis 2015 qui remet en question les acquis de la croissance. On voit se développer en Afrique une classe moyenne de petits propriétaires (34% de la population du continent, soit 313Mh). On assiste à la modernisation partielle des infrastructures, particulièrement nette dans le domaine des télécommunications avec la généralisation des téléphones portables dans les villes (90% des espaces urbanisés couverts) et même dans les campagnes (40% des territoires).

Le décollage économique de l’Afrique a été profitable à des pays émergents qualifiés de « Lions africains » (AFS, Nigéria, Algérie et Maroc, Egypte, Angola), mais d’autres Etats plus petits ont connu une croissance remarquable (Botswana). Le décollage économique est aussi marqué par l’apparition de grandes entreprises, une quarantaine sur le continent (dont 18 en AFS) qui assurent 60% du PIB africain (Sasol AFS énergie, Orascom EGY télécoms).

3 – Un continent attractif:

Le continent africain est redevenu attractif pour les investisseurs dapuis les années 2000, malgré les handicaps cités plus haut et les incertitudes politiques qui subsistent. Les investisseurs étrangers s’intéressent aux ressources minérales du continent, en particulier les terres rares (métaux stratégiques indispensables pour les composants de produits de haute technologie et pour l’armement de pointe), mais les richesses du sol suscitent également les convoitises (land grabbing). Plusieurs Etats pratiquent le land grabbing en afique (accaparement de terres agricoles par des investisseurs étrangers, 200M de terres vendues de 2000 à 2010 dans le monde et surtout en Afrique : 40% des terres arables au soudan du Sud).

Les Etats-Unis ont signé des contrats avec les grandes entreprises pétrolières africaines (Angola). La Chine est le pays le plus présent en Afrique, premier partenaire commercial de la plupart des pays africains et les entreprises chinoises sont présentes dans environ 40 Etats africains. L’Inde commence également à affirmer sa présence et les entreprises indiennes commencent à organiser une véritable «Indafrique». Par contre les entreprises européennes sont moins présentes (Areva au Niger). La présence des investisseurs étrangers est visible par la création de grands chantiers destinés à équiper le continent d’infrastructures lourdes (ex.ports en eau profonde, lignes de TGV, autoroutes, pmates formes multimodales, réseaux de télécommunications). le siège de l’UA (Union africaine) à addis-abeba a été construit par la Chine;

T : Malgré la croissance et la présence des investisseurs étrangers, l’avenir reste incertain en raison de l’importance des défis à relever. Quels sont-ils ?

III – Mais d’énormes défis restent à relever :

1 – La transition démographique n’est pas achevée en Afrique.

Le continent peuplé de 220Mh en 1950 compte aujourd’hui 1.250Mdh et probablement 2.435 millions d’habitants en 2050 et 4.200 millions en 2100 (INED 2017). L’explosion démographique est marquée par une population multipliée par 6 en 70 ans. La croissance annuelle de la population est de 2% en Afrique du nord et 3% en Afrique subsaharienne. Le Nigeria, n°1 africain par la population et le PIB (depuis 2014), est peuplé de 190 millions d’habitants en 2017 et réunira 444 millions d’habitants en 2050 (ce sera le 3e pays le plus peuplé de la planète). Cette population est jeune, 21ans d’âge médian en AFN et 17ans en AF centrale.

Schéma els grandes métropoles en AfriqueCette population est de plus en plus mobile depuis les années 1980, et l’on compte 20M de migrants en Afrique actuellement. Les migrations conduisent à la croissance de la population urbaine multipliée par 13 depuis 1950. La ville, parfois simple étape avant l’exode (Europe), accapare l’essentiel des flux migratoires, ce qui conduit au processus de métropolisation (Le Caire ou Johannesburg). Lagos, métropole du Nigéria, est l’exemple d’une croissance urbaine non maîtrisée.

2 -Les défis alimentaires et environnementaux :

Pour nourrir une population croissante l’agriculture s’est transformée grâce au développement du vivrier marchand à destination des villes, par la mise au point de VHR Nerica (riz) et Florido (igname), L’extension des surfaces cultivées jointe aux progrès techniques a permis de faire face aux besoins alimentaires à partir des années 1980, malgré le retour des famines dans les espaces touchés par les guerres (dans ce cas la famine est entretenue et utilisée comme arme politique pour affaiblir l’adversaire, et l’aide internationale est détournée). L’agriculture est encore familiale (90% de la production) et est négligée par les investisseurs et les Etats;

Cependant, la persistance d’une agriculture de plantations (produits tropicaux destinés à l’exportation), l’utilisation d’OGM et la déforestation qui résulte de l’extension des surfaces cultivées depuis les années 1980, provoquent une dégradation des sols tropicaux fragiles et menacent la santé des populations pour qui l’accès à l’eau potable reste souvent problématique surtout en milieu urbain avec la création de bidonvilles en périphérie des agglomérations.

3 – Les défis des blocages structurels :

Schéma les conflits en AfriqueL’Afrique doit sortir de l’économie de rente qui fragilise l’économie et conduit au pillage des ressources par des entreprises étrangères. Pour cela, il faut changer les comportements des dirigeants dans des Etats au personnel souvent corrompu ou sans moyens réels, pour aller vers des Etats soucieux de développement durable.

Il faut enfin lutter contre le morcellement politique de l’Afrique hérité de la colonisation, par la création d’organisations régionales efficaces. Plusieurs ont vu le jour : l’UEMOA (l’union économique et monétaire de l’ouest africain) réunit les pays d’Afrique occidentale et possède une monnaie unique, le Franc CFA, la SADC (communauté de développement de l’Afrique australe) qui réunit depuis 1992 les 14 Etats voisins de l’Afrique du Sud. Par contre les tentatives à l’échelle continentale restent limitées : l’UA (Union africaine) née en 2002 a un rôle strictement politique (et militaire) et ne concerne pas le Maroc, le NEPAD (nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique) n’a pas produit de résultats concrets. Mais lors du 30e sommet de l’UA  en janvier 2018 le Maroc a intégré l’organisation. Le nouveau président de l’UA depuis 2016, Paul Kagame, président du Rwanda, a l’ambition de lutter contre la corruption et de donner à cette organisation africaine un rôle plus important sur la scène internationale. Le continent africain a cinq défis à relever pour pouvoir s’intégrer pleinement dans la mondialisation et pour sortir de l’«angle mort de la mondialisation» (sylvie brunel).

CONCLUSION :

Ainsi, l’Afrique apparaît plurielle, marquée par des contrastes importants entre les «lions africains», les pays rentiers, les PMA. Mais l’Afrique semble réussir son intégration dans la mondialisation, et le continent va peser d’un poids beaucoup plus important au cours du XXIe sicècle.

Un croquis pour exemple proposé par Jacques Muniga du site Clionautes

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A propos pampi06

Professeur histoire géographie en lycée
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