Chapitre 3 Terminale Histoire: La Chine depuis 1949

Expo univ Shanghaï 2010

Exposition universelle Shanghai 2010

Chapitre 3 Terminale Histoire: la Chine depuis 1949

Introduction: Analyse de l’intitulé du sujet :

(Expliquer rapidement le sens du sujet) Le sujet invite à analyser l’évolution de la puissance chinoise depuis le 1er octobre 1949, date de la proclamation de la République Populaire de Chine communiste par Mao Zedong et sur le rôle de la Chine dans les relations internationales depuis 1949.

(Expliquer le choix des bornes chronologiques) Depuis le 1er octobre 1949, Mao Zedong dirige la RPC et le PCC de 1949 à 1976 jusqu’à sa mort. (Rappel de la situation de la Chine en 1949) Après la prise de Shanghai par les communistes (25/05/1949) et celle de Canton (15/10/1949), les derniers partisans de Jiang Jieshi (Chiang Kai-Shek) se repliaient à Taiwan, devenue le seul territoire de la Chine nationaliste et capitaliste (08/12/1949), les nouveaux dirigeants chinois entreprennent la modernisation du pays et l’ouverture sur le monde et depuis la Chine est devenue une grande puissance.

(Rappel du contexte historique de la vie politique de la Chine : pour comprendre la situation de 1949, entre les chinois nationalistes et les chinois communistes qui ont pris le pouvoir sur la Chine continentale) Le relèvement politique de la Chine dans les années 20, est l’œuvre d’un parti nationaliste, le Guomindang fondé par Sun Zhongshan (Su Yat-Sen), installé à Guangzhou en 1921. Ce mouvement politique obtient le soutien de l’URSS (1922) et du PCC (Parti communiste chinois) implanté dans les grandes villes. Organisé militairement par Jiang Jieshi, le Guomindang parvient à faire l’unité du pays en chassant les « seigneurs de la guerre » entre 1926 et 1931. Mais dès 1927 le nouveau dirigeant chinois se débarrasse de ses alliés communistes en massacrant les militants du PCC dans les grandes villes, et il promet de maintenir le régime des concessions. Les communistes chinois entrent dans la clandestinité et commencent une longue guerre civile contre le gouvernement nationaliste. Mais sans appui dans les villes, ils s’organisent dans les campagnes et se regroupent dans le Nord du pays sous la direction de Mao Zedong, à la suite de la Longue Marche de 1934 à 1935.

Les troupes japonaises s’emparent de la Mandchourie (1931), puis commencent l’invasion de tout le territoire chinois en juillet 1937. L’objectif est d’accaparer les ressources immenses de la Chine, qui font défaut au Japon, en exterminant les populations chinoises. Plus de 100.000 personnes sont massacrées à Nankin (Nanjing) en 1937, et les consignes données aux troupes d’occupation visent à organiser un génocide. Les soldats doivent pratiquer les trois tout (sanko) : « tout tuer, tout brûler, tout détruire ». Cette guerre atroce tuera environ 15M de Chinois.

          Les troupes du gouvernement nationaliste de Jiang Jieshi offrirent une faible résistance, qui s’explique par la priorité donnée par le président chinois à la lutte contre les communistes. De ce fait, les nationalistes perdirent toute crédibilité aux yeux de la population chinoise. A partir de décembre 1941, les Etats-Unis apportent leur aident à la Chine nationaliste, mais le général Stilwell envoyé auprès de Jiang Jieshi se révèle pessimiste pour l’avenir face à un gouvernement corrompu.

          En 1945, la Chine devient un des cinq grands vainqueurs. Elle obtient un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, se voit restituer la Mandchourie et même l’île de Taiwan. Mais la guerre civile reprend en 1946, et les communistes qui ont lutté contre l’occupant japonais, et qui ont le soutien de l’URSS, prennent le contrôle de l’ensemble du pays et réalisent enfin l’unité nationale. Mao Zedong, dirigeant du PCC, proclame la République populaire de Chine le 1er octobre 1949, tandis que les troupes de Jiang Jieshi mollement soutenues par les Etats-Unis se réfugient à Taiwan, devenue la République de Chine nationaliste Taïwan).

  (Analyse en classe, Image inaugurale P. 341 (celle du dossier analysé en classe), carte (p.91) et DIAPORAMA. Le document est une photographie en vue au sol de Shanghai, 7e mégapole mondiale, qui ambitionne de devenir le premier centre d’impulsion de l’économie mondiale dès 2020. Au deuxième plan, nous voyons le Bund, une partie de Puxi, ville du commerce et des grands magasins de luxe, mais aussi lieu de promenade pour les habitants de l’agglomération. La rivière Huangpu qui sépare la ville ancienne de Puxi de la ville nouvelle de Pudong (reliée à Puxi par deux ponts à haubans). Pudong [mot qui veut dire à l’est de la rivière] fut aménagé en 1989/1990 sur des terrains jusqu’alors inutilisés : ce quartier est devenu le CBD ou centre des affaires de l’agglomération, reconnaissable à ses gratte-ciel qui abritent des hôtels de luxe ou des sièges d’entreprises. Nous voyons à gauche la Tour Perle de l’Orient surmontée de son antenne TV qui atteint 468m et se trouve environnée de bureaux dont ceux de la Bank of China, puis au centre de la photographie la bourse des valeurs de Shanghai avec ses paraboles sur le toit, qui est devenue la 6e du monde par le volume des capitaux échangés (et 3e par le nombre et la valeur des actions), entourée des sièges sociaux des principales banques d’affaires chinoises China D. Bank et World Finance Tower, au centre également la tour Jin Mao de 88 étages élevée en 1999 atteint 420m et se caractérise par un toit en pagode oriental (derrière HSBC). Derrière cette tour se remarque le SWFC ou nouveau centre des affaires achevé en 2008 et qui s’élève à 492m ce qui en fait un des plus hauts gratte-ciel du monde.

Pb: Comment la Chine, réunifiée sous la direction de Mao Zedong, est-elle devenue une grande puissance mondiale ?

(Annonce du plan) Pour y répondre, nous aborderons successivement la période de la formation d’une puissance communiste introvertie de 1949 à 1978, et ensuite la période d’émergence d’une grande puissance extravertie de 1978 à nos jours.

I – LA CHINE, PUISSANCE COMMUNISTE INTROVERTIE DE 1949 A 1978 :

 1 – La Chine, pays du bloc communiste, 1949 à 1960 :

proclamation 1er octobre 1949 de la RPCC

Proclamation place Tian’anmen par MAo Zedong

La République populaire de Chine est née le 1er octobre 1949. C’est un pays communiste, de régime totalitaire dirigé par Mao Zedong 1er secrétaire du PCC, chef de l’Etat et des Armées. La Chine adopte le modèle communiste soviétique.  La RPC s’empare du Tibet en 1950 et adopte une réforme agraire la même année. La Constitution chinoise est adoptée en 1954 (régime de parti unique, le PCC).

Le pays adopte une économie collectivisée, planifiée, et pratique le culte de la personnalité, comme en URSS. Le plan quinquennal de 1953-1957 donne la priorité à l’industrie lourde. Mais les puissances occidentales ne reconnaissent pas l’existence de la RPC, et le pays reste représenté dans les organisations internationales par Taiwan. De ce fait, la RPC n’est qu’un élément du bloc soviétique qui participe à la guerre de Corée (1950 à 1953), qui aide le Vietminh dans le cadre de la guerre d’Indochine (1946 à 1954), mais qui reste dépendant de l’URSS. La déstalinisation annoncée par Khrouchtchev en 1956 est mal vue à Pékin et devient prétexte à s’éloigner du bloc soviétique. La Chine devient alors un modèle d’émancipation pour les pays du Tiers-Monde. Le PM Zhou Enlai participe à la conférence de Bandung qui révèle l’existence du Tiers-Monde en avril 1955. Mais que peut faire un pays pauvre et isolé ? « La Chine est pauvre et blanche : mais sur une page blanche, on écrit les plus beaux poèmes » (aphorisme Mao Zedong, 1958).

2 – La Chine, une voie originale vers le socialisme, 1960 à 1978 :

          Mao Zedong rompt avec l’URSS en 1960, dote la Chine de l’arme nucléaire en 1964, et s’engage sur la voie d’un communisme chinois (G. Martinet). Pour rompre son isolement, la Chine pratique la diplomatie du ping-pong (rencontres sportives permettant d’établir des relations diplomatiques). La France reconnait la Chine communiste en 1964. La Chine communiste entre à l’ONU en 1971, en lieu et place de Taiwan qui n’existe plus officiellement, et obtient un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU.

Mao et Nixon en 1972 Fév

Rencontre à Pékin entre Mao et R.Nixon 1972

Mao Zedong rencontre le président Nixon en 1972. La Chine est ainsi devenue une puissance reconnue internationalement, et le modèle d’émancipation qu’elle incarne voir son rayonnement augmenter.

Image propagande 1971 Gardes rouges pendant la Révolution culturelle

Image de propagande gardes rouges 1971

       En Occident, le maoïsme bénéficie d’un fort courant de sympathie chez les intellectuels et la jeunesse, les étudiants de mai 1968 sont nombreux à lire le « petit livre rouge » de Mao Zedong, recueil de textes constituant la doctrine officielle du maoïsme. En Europe l’Albanie devient officiellement maoïste en 1961 et sort du bloc soviétique. Les relations avec les pays voisins et avec l’URSS sont tendues, des conflits éclatent : guerre contre l’Inde en 1962, conflit à la frontière sino-soviétique en 1969 (fleuve Amour), et la Chine communiste soutient les Khmers rouges au Cambodge, alors que l’URSS aide le Vietnam réunifié (1975 à 1979). Deng Xiaoping, représentant la Chine à l’Assemblée générale de l’ONU, fait un discours le 10 avril 1974 dans lequel il définit la théorie des « trois mondes ».

Image propagande de Rui Guanting 1958 les communes populairers

image propagande de Rui Guanting 1958 les communes populaires

          Mais les dirigeants chinois choisissent une voie de développement introvertie, qui ne peut compter que sur les ressources propres du pays. De 1958 à 1961, ils organisent le « Grand bond en avant », campagne de mobilisation des paysans pour réaliser de grands travaux et augmenter la production, dans le cadre des communes populaires, unités de 2.000 à 20.000 familles paysannes qui doivent vivre en autonomie (par exemple l’acier est fabriqué localement dans des « bas fourneaux » de qualité médiocre) et dans un système collectivisé. L’expérience se révèle peu concluante, provoquant une famine qui a fait peut-être 20M de morts, et cela renforce le caractère rural et introverti de l’économie chinoise.

      La politique de Mao Zedong commence à être contestée. Pour mettre fin aux critiques internes, Mao Zedong lance la Révolution culturelle de 1966 à 1969, présentée par la propagande comme une période de renouveau intellectuel et de démocratisation, en fait une phase particulièrement violente d’épuration politique durant laquelle les opposants sont éliminés ou se taisent. Le président de la RPC, Liu Shaoqi (en poste depuis 1959), Deng Xiaoping, sont exclus du PCC en 1968 (Deng reviendra de 1973 à 1976, date de sa seconde destitution). Le fils de Deng Xiaoping se suicide. La mort de Mao en 1976 permet aux opposants de renverser un régime discrédité, en éliminant ses héritiers (la « bande des quatre » dirigée par Hua Guofeng) de 1976 à 1978.

1978 Deng Xiaoping RPC 1978 à 1992

Deng Xiaoping RPC 1978 1992

Deng Xiaoping, devenu le chef de file des opposants, est rétabli dans ses fonctions au sein du PCC en 1977, et il s’impose comme dirigeant du PCC en décembre 1978. La page du maoïsme est tournée.

 

II – LA CHINE, UNE GRANDE PUISSANCE EXTRAVERTIE DE 1978 A NOS JOURS :

1 – La Chine s’engage sur la voie d’un développement extraverti, 1978 à nos jours:

2001 Chine à OMC Long Yongtu représente la C à Génève

Entrée Chine à OMC Long Yongtu représente la Chine à Genève

      La Chine, pays communiste de régime autoritaire depuis 1949, s’est ouverte au marché mondial en 1979, selon le proverbe chinois « Peu importe que le chat soit noir ou blanc pourvu qu’il attrape les souris » (Deng Xiaoping). L’objectif des dirigeants était, après la mort de Mao Zedong, de rattraper le retard chinois dû à une politique introvertie (qui consiste à exploiter ses propres ressources pour le développement intérieur du pays : communes populaires, grand bond en avant et révolution culturelle). Dès 1975, Zhou Enlai avec montré la nécessité d’une ouverture économique en annonçant la politique des quatre modernisations (mais il meurt en 1976).

carte politique ouverture économique de la Chine depuis les années 80Le gouvernement s’efforça d’attirer les capitaux étrangers par une politique d’ouverture et d’assouplissement, afin de permettre le retour à l’économie de marché. La Chine littorale a tiré profit de cette politique, par la création des 4 ZES (zones économiques spéciales) organisées entre 1980 et 1984 dans le Sud-Est de la Chine (autour de Hong Kong), et complétées ensuite par des ZEO (zones économiques ouvertes) le long du littoral chinois et des grands fleuves. La plus importante ZES, devenue une ville champignon, est Shenzhen. Les investisseurs étrangers y ont trouvé des terrains bon marché, des baux de longue durée (50 à 70 ans), une main-d’œuvre abondante et bon marché, une taxe professionnelle modérée (15%), le droit d’exporter sans payer de taxes. Des zones franches (deltas des fleuves en 1987 : Fleuve Bleu, Rivière des Perles), des technopôles (ZEET : zones de développement économique et technologique 1987) ont vu le jour. En 1990, les autorités créent le CBD de Pudong à Shanghai, et décident de faire de cette ville la première métropole du monde.

     1 juillet 1997 Hong Kong rétrocédée à la Chine Le résultat est une réussite insolente : la Chine est devenue la 1ère zone réceptrice d’IDE du monde et le 1er pays d’accueil des touristes en Asie. Hong Kong, qui fait partie de la Chine depuis 1997 (avec Macao annexé en 1999), sert les intérêts de ce pays dont elle est la « porte de la modernité » grâce à ses infrastructures financières et commerciales. Il en est de même pour Singapour, dominée par la diaspora chinoise. Hong Kong et son arrière-pays autour de Shenzhen et Guangzhou (Canton) est le second centre d’impulsion de l’espace chinois (avec Macao). L’entrée de la Chine dans l’OMC en 2002 a précédé l’envoi d’un 1er taïkonaute dans l’espace (Yang Liwei, 15/10/2003), signe d’une montée en puissance d’un Etat intégré dans la mondialisation mais qui reste souverain. L’abandon des quotas sur les textiles chinois en 2005 a déstabilisé le marché mondial, et un sommet de l’OMC s’est tenu pour la première fois à Hong Kong en décembre 2005.

Les JO de Pékin en 2008 et l’exposition universelle de Shanghai en 2010 ont servi de vitrine de la réussite économique chinoise et de révélateur de sa capacité à organiser de grandes manifestations internationales.

      Le modèle chinois est différent de celui du Japon dans la mesure où l’Etat communiste depuis 1949 reste seul gestionnaire de l’économie du pays. C’est le Parti communiste qui continue à prendre les décisions majeures en matière de croissance démographique (politique de l’enfant unique en 1977/1978), économique et de finances, malgré la mise en place d’une nouvelle Constitution en 1982 qui abandonne le principe du totalitarisme. Les implantations d’entreprises étrangères en Chine sont basées sur l’idée de partenariat, les capitaux étrangers étant associés à des entreprises chinoises.

      L’Etat chinois dispose de fonds souverains importants qu’il utilise pour des investissements à caractère stratégique dans différentes parties du monde, par exemple par des achats massifs de terres cultivables en Afrique (pour garantir la sécurité alimentaire de la Chine sur le long terme). Depuis 2006 la Constitution chinoise reconnaît la propriété privée. Depuis cette date, les entreprises privées chinoises connaissent une croissance très rapide, avec le soutien du gouvernement chinois. Par exemple, l’homme d’affaires Wang Chuanfu (408e fortune mondiale en 2014) a réalisé en 2008 la première voiture chinoise hybride électrique et ambitionne de faire de la marque BYD le numéro un mondial de l’automobile en 2025 (il est déjà n°1 mondial des batteries de smartphones). Le PDG de cette entreprise siège au Congrès du Peuple de la ville de Shenzhen où se trouve le siège de BYD automobile.

Chinese entrepreneur and founder of internet retail group Alibaba, Jack MA meet  with French President Francois Hollande at the Elysee Palace. Paris, FRANCE - 18/03/2015./CHAMUSSY_lcham010/Credit:CHAMUSSY/SIPA/1503181842

Chinese entrepreneur and founder of internet retail group Alibaba, Jack MA meet with French President Francois Hollande at the Elysee Palace. Paris, FRANCE – 18/03/2015./CHAMUSSY cham/SIPA

L’homme le plus riche de Chine est aujourd’hui (Jack) Ma Yun, créateur en 1999 du site web de commerce électronique Alibaba qui a réussi son entrée en bourse en 2014 (le site vaut 153Mds $ selon Bloomberg).

2 – Les atouts et les faiblesses de la deuxième puissance économique mondiale :

       Les atouts : Aujourd’hui la croissance chinoise entraine l’ensemble de l’Asie orientale (et constitue même une source d’inflation à l’échelle planétaire, par les besoins des entreprises chinoises en sources d’énergie et matières premières). Le PIB chinois a augmenté de 9,6% en 2010 et 7,4% en 2014 (ralentissement économique ou « nouvelle normalité » ?). La Chine littorale est dominée par six mégapoles dont la croissance démographique a été très rapide (Beijing ou Pékin la capitale 12Mh, Chongqing, Shanghai métropole économique et financière de la Chine peuplée de 17 à 18 M h, Hong Kong qui est associée à Shenzhen 9Mh et à Guangzhou ou Canton 9Mh également).

     Shanghai possède aujourd’hui tous les attributs de puissance d’une métropole mondiale. Le Bund, vieux quartier des affaires, est entouré par les immeubles de Puxi, aux commerces de luxe voisins des immeubles d’habitat vétustes. Le nouveau CBD de Pudong est relié par des axes routiers à la zone industrialo-portuaire et au nouvel aéroport international, faisant de Shanghai une plate-forme multimodale et un hub. Le nouveau port de Yangshan permet à Shanghai de revendiquer le titre de premier ensemble portuaire mondial et second port de conteneurs du monde, installé sur la première façade maritime mondiale. La part des exportations chinoises dans les échanges mondiaux est passée de 1,2% en 1983 à 12,1% en 2013 (n°1 mondial). La Chine est aujourd’hui le pays le mieux intégré dans le commerce mondial de marchandises.

      La monnaie chinoise, le Yuan, compte dans le monde depuis 2007. Les groupes financiers chinois prennent pied à l’étranger depuis 15 ans : par ex. Lenovo géant de la micro-informatique a racheté l’activité PC d’IBM en 2004, l’entreprise chinoise Geely a racheté le groupe suédois Volvo en 2010. Dongfeng a racheté 12,5% de PSA en 2014. Les banques chinoises ont sauvé de la faillite plusieurs banques occidentales. Pays observateur de l’ASEAN, la Chine est membre fondateur de l’OCS (Organisation de Coopération de Shanghai) qui réunit depuis 2001 un ensemble de 6 Etats dont la Russie, la Chine et 4 Etats d’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan et Ouzbékistan).

     La Chine, devenue en 2010 la deuxième puissance économique mondiale par son PIB, réunit à elle seule 1.400.000.000 habitants (première population mondiale). Les JO de Pékin en 2008 (100 médailles gagnées par la Chine) et l’exposition universelle de Shanghai en 2010 ont révélé la puissance chinoise au monde entier. Le rayonnement mondial de la Chine s’affirme progressivement, surtout sur le continent africain (Chine premier partenaire commercial de la plupart des pays africains, construit le siège de l’OUA à Addis-Abeba en Ethiopie). Le « dragon chinois » a l’ambition de devenir le nouveau centre du monde : en chinois mandarin, première langue parlée dans le monde, la Chine se dit « zhongguo zhi mingyun », l’Empire du Milieu.

     Les faiblesses : la philosophie de Confucius a imposé le respect de l’autorité, renforcé par le système répressif mis en place dès 1949 par le Parti communiste. (le président Xi Jinping mène campagne contre la corruption au sein du PCC). Les Chinois n’ont pas l’habitude de la démocratie, mais bien celle du respect de l’autorité souveraine. Seule exception, le mouvement des étudiants au printemps 1989 est durement réprimé par l’armée qui intervient le 4 juin 1989, faisant plus de 1.800 morts ou disparus. De même, les minorités nationales sont victimes de sinisation forcée, toute velléité d’autonomie écrasée comme au Tibet en 2008 (le dalaï-lama a quitté le pays en 1959). La télévision et le cinéma chinois s’inspirent largement du passé impérial, et tout le monde connaît les figures des grands empereurs qui ont organisé le pays depuis l’Antiquité. De ce fait, le plus grand pays communiste du monde voit les salariés travailler dans des conditions très pénibles, pour des salaires souvent très faibles, même si les revenus augmentent progressivement et permettent de bénéficier de loisirs. La majorité des salariés est composée de mingong, « ouvriers paysans » souvent très jeunes et venus des campagnes, qui sont employés dans les entreprises des grandes agglomérations mais seulement pour une période déterminée. Lorsque leur contrat est achevé ils doivent le plus souvent retourner à la campagne. La Chine intérieure, restée majoritairement rurale (700 millions de ruraux soit 52% de la population), fournit donc un « volant de main-d’œuvre » gigantesque et constamment renouvelable, qui permet aux entreprises de faire pression sur les salariés afin de ne pas augmenter les salaires trop rapidement. Les salariés acceptent volontiers ces conditions de travail très difficiles, car le niveau de vie s’améliore lentement dans les villes.

      Grâce à la prospérité économique, la Chine a vu apparaitre en milieu urbain une « classe moyenne » composée de salariés aisés qui peuvent accéder à la propriété d’un logement dans un immeuble collectif. De ce fait, l’autorité du gouvernement chinois est assez facilement acceptée par le plus grand nombre. La Chine intérieure semble oubliée par la croissance (en particulier les provinces de l’ouest où vivent les minorités musulmanes et bouddhistes, persécutées comme au Tibet). Pourtant la Chine intérieure fournit au littoral une partie de l’énergie nécessaire au dynamisme économique (barrage des Trois Gorges sur le Yangzi achevé en 2003 après avoir déplacé 1,27 million de personnes, comportant une retenue d’eau de 660km de long, devenu le plus grand barrage du monde en 2009 lors de sa mise en service).

       Ainsi, la Chine est bien devenue une grande puissance, avec l’ambition de dépasser les Etats-Unis. En 1973 le politicien français Alain Peyrefitte écrivait un ouvrage intitulé Quand la Chine s’éveillera… La Chine, géant démographique, s’est éveillée, et semble en mesure de bouleverser les équilibres économiques du monde, par une intégration croissante dans le système des échanges mondiaux.

      Conclusion: Mais il n’y a aucun changement politique (Xi Jinping, dirigeant du PCC depuis novembre 2012, fils d’un des membres éminents du PCC, est devenu président de la RPC en mars 2013). Des défis nombreux persistent, le déséquilibre entre Chine littorale et Chine intérieure, conséquence d’une croissance mal maîtrisée, la démocratisation de la Chine reste un problème majeur dans ce pays où les droits de l’Homme sont bafoués (mouvement des parapluies à Hong Kong en 2014), les tensions issues de revendications territoriales (Taiwan convoitée par la Chine), enfin les problèmes d’environnement qui sont devenus majeurs en raison de l’importance prise par les activités industrielles (voir la catastrophe de Tianjin, explosion due à du cyanure de sodium le 12 août 2015).

A propos pampi06

Professeur histoire géographie en lycée
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