Résumé leçon sur les mémoires, lecture historique

2016-01-02-20-57-02-730466088.jpegPour les élèves qui n’ont pas compris la chronologie des différentes mémoires sur la Seconde Guerre mondiale je vous propose un résumé mais qui ne remplace pas la leçon à assimiler.

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Les mémoires, anti-histoire ou objets d’histoire ? • Comme le patrimoine, la mémoire est plurielle (propre à un groupe d’individus, à une nation) et fruit de la subjectivité des personnes qui la construisent et la portent. Elle est composée d’un ensemble de souvenirs et d’affects qui composent une représentation mentale subjective d’un évènement . En cela, malgré une tendance récente à les confondre (« présentisme », F. Hartog), la mémoire se distingue clairement de l’histoire, science humaine qui, en exploitant et confrontant toutes les sources, cherche à établir une connaissance objective du passé .

• Le plus souvent, une ou des mémoires jouent un temps le rôle de « souvenirs-écrans », avant que le travail de l’historien permette de faire émerger une connaissance globale et objective d’un évènement. Et depuis les années 1980, l’historien considère même la mémoire comme une source historique et comme un objet d’étude (les Lieux de mémoire, P. Nora).

L’historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France • Profondément marquée par la Défaite de 1940, l’Occupation, les destructions et les morts puis par la découverte de la politique d’extermination nazie, les Français se rassemblent après-guerre, à l’initiative de leurs dirigeants, derrière une mémoire collective unique , celle de la participation de tous à la Résistance et à la Libération (« r ésistancialisme »). Ce processus est renforcé par l’épuration sauvage puis organisée des personnes identifiées comme ayant collaboré avec les nazis. Dans le même temps, les survivants de la déportation comme les partisans de Vichy entretiennent une mémoire silencieuse .

• Commençant à étudier cette guerre (années 1950), les historiens révèlent les actes de collaboration d’individus et de l’État français ainsi que leur rôle dans les déportations (l’Américain R. Paxton, La France de Vichy, 1973). Des Français sont accusés de collaboration et jugés (Papon, Bousquet, Touvier ; années 1980). La mémoire juive du génocide s’exprime publiquement.

• Les différentes mémoires de la guerre cherchent alors à défendre leurs intérêts respectifs, conduisant à une « hypermnésie ». Les dirigeants appellent à la « réconciliation nationale », puis reconnaissent la complicité de l’État français dans le génocide des Juifs en France (Chirac, 1995). Prenant des distances avec le débat public, les historiens peuvent dès lors étudier la Seconde Guerre mondiale en considérant toutes ses mémoires à la fois comme des sources et comme des objets d’étude.

A propos pampi06

Professeur histoire géographie en lycée
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