Chapitre 2 Géo Terminale S La Mondialisation: Les territoires de la mondialisation

schéma pôles et triade flux mondiaux3ème aspect du chapitre 2 sur la mondialisation: typologie des différents niveaux d’intégration des territoires à l’échelle mondiale. (Manuel Hatier Hist Géo  2014 TS)

   Quel est l’impact du processus de mondialisation sur l’organisation des territoires à l’échelle mondiale ?

   Pour répondre à cette question, nous aborderons successivement les pôles et espaces majeurs de la mondialisation, les territoires et sociétés en marge du processus, l’importance géostratégique des espaces maritimes.

I – LES POLES ET ESPACES MAJEURS DE LA MONDIALISATION :

Voir carte 1 p. 262.

1 – Un espace dominant multipolaire :

schéma pôles et triade flux mondiauxTrois grandes aires de puissance rassemblent l’essentiel du pouvoir décisionnel dans le monde : (chiffres 2014) l’Amérique du Nord (Etats-Unis, 1ère puissance économique mondiale, et Canada), l’UE (28 Etats dont Allemagne 4e puissance économique mondiale, France 6e puissance économique mondiale, Royaume-Uni 5e puissance économique mondiale, Italie 9e puissance économique mondiale), l’Asie orientale (Chine 2ème, Japon 3e puissance économique mondiale, Corée du Sud, Taiwan, et Singapour). Dans les années 1980 le japonais Kenichi Ohmae inventait l’expression Triade pour désigner les centres d’impulsion de l’économie mondiale. La Triade réunit les espaces cités plus haut, mais en restreignant l’espace asiatique au Japon. Notre vision de cet espace a donc évolué, l’Amérique du Nord étant l’aire dominante, l’UE l’aire en restructuration, et l’Asie orientale l’aire en croissance.

Mais d’autres espaces contestent cette domination. Ce sont les BRICS (Brésil 7e puissance économique mondiale, Russie 10e puissance économique mondiale, Inde 8e puissance économique mondiale, Chine 2e puissance économique mondiale et Afrique du Sud). Ces pays émergents contestent le poids de la Triade dans la gouvernance mondiale, d’où la création récente du G20 (11 pays du Nord dont UE + 9 pays du Sud), tandis que le G8 réunit seulement les pays du Nord. Schéma p. 19.

 2 – Des métropoles au cœur de la mondialisation :

 schéma métropole mondiale.pngLa notion de « ville globale » a été mise au point par la sociologue américaine Saskia SASSEN en 1991. Les plus importantes villes mondiales de niveau 1 sont toutes situées dans des espaces appelés aires de puissance et dominant le monde : l’Amérique du Nord (NYC, Chicago et Los Angeles), l’UE (Londres et Paris), l’Asie orientale (Tokyo, Hong Kong, Singapour, auxquelles il faut ajouter Pékin et Shanghai d’après le classement 2008). S’y ajoute Sydney en 2008, en Australie, qui fait partie des pays développés à haut niveau de vie. Le classement de l’université de Loughborough (Royaume-Uni) établi en 2011 est le suivant :

  1. Londres
  2. NYC
  3. Chicago
  4. Dubaï
  5. Hong Kong
  6. Paris
  7. Shanghai
  8. Singapour
  9. Sydney
  10. Tokyo

Les villes mondiales possèdent plusieurs atouts de puissance qui leur permettent de rayonner sur le monde : 1. La concentration des fonctions de commandement économique (sièges sociaux des FMN et FTN, sièges des institutions internationales chargées de la gouvernance mondiale, gouvernements ou institutions d’Etat ayant une influence sur l’économie mondiale) ; 2. La capacité à polariser les flux financiers et commerciaux (bourses des valeurs, marchés internationaux) ; 3. Une organisation des transports permettant de rayonner sur le monde, et facilitant les déplacements urbains ; 4. La concentration d’activités intellectuelles (centres de recherche et entreprises innovantes, universités réputées, lieux de création artistique ou littéraire, grands groupes de médias, nœuds de communication Internet).

Des villes mondiales sont également visibles hors des trois aires de puissance citées : Sao Paulo (Brésil), Johannesburg (Afrique du Sud), Bombay et Delhi (Inde). C’est une conséquence de la métropolisation. Qu’est-ce que la métropolisation ? C’est la concentration de la population dans des villes de plus en plus grandes. Ce sont de grandes mégapoles (agglomérations géantes comptant plus de 10Mh), à ne pas confondre avec les mégalopoles (vastes territoires comprenant des agglomérations qui concentrent de la puissance et ont des relations étroites entre elles). Les villes mondiales sont organisées en réseau, appelé par le géographe français Olivier DOLLFUS « l’archipel mégalopolitain mondial », ou archipel métropolitain mondial, composé de trois ensembles. Le premier est la Mégalopolis (qui comprend NYC). Le second est la Mégalopole européenne (de Londres à Milan), à laquelle s’ajoute Paris. Le troisième est la Mégalopole japonaise. Les flux financiers et commerciaux majeurs relient ces trois ensembles, mais aussi les autres villes mondiales des trois aires de puissance déjà citées. D’autres mégalopoles sont en formation : la Main Street America (mégalopole des grands lacs autour de Chicago), la mégalopole du Pacifique autour de Los Angeles, etc.

 3 – Des façades maritimes, interfaces de la mondialisation :

 schéma grandes façades maritimes et grands ports.pngCarte n°2 p. 107. Des façades maritimes, vastes régions regroupant de grands ports liés par les échanges, contribuent au dynamisme des villes mondiales. Une façade maritime est un espace géographique caractérisé par d’intenses relations entre des villes portuaires, et qui comprend un littoral, le grand large océanique (avant-pays maritime, avec présence d’une interface maritime majeure) et les territoires sur lesquels rayonnent les ports du littoral (arrière-pays continental assez vaste pour dynamiser les activités du littoral, ou hinterland, zone de chalandise assez difficile à délimiter). Trois grandes façades maritimes dominent les échanges mondiaux : la façade asiatique, la façade atlantique des Etats-Unis, la façade nord-européenne du Havre à Hambourg.

 II – TERRITOIRES ET SOCIETES EN MARGE DE LA MONDIALISATION :

 1 – Les contraintes de la distance et de l’enclavement :

 sujet les suds dans la mondialisation Des territoires échappent à la mondialisation parce qu’ils sont éloignés des centres décisionnels et dépourvus d’infrastructures de transports ou de communication à distance. C’est notamment le cas de nombreux espaces insulaires isolés, particulièrement en Océanie.

D’autres territoires sont enclavés pour des raisons politiques. C’est le cas de la Corée du Nord, dernier pays de régime totalitaire en Asie orientale. Malgré le développement des échanges internationaux, les frontières sont loin d’avoir disparu. La limite théorique entre Nord riche et développé, et Sud en développement correspond encore à une réalité entre les Etats-Unis et le Mexique, entre les PSEM (pays du Sud et de l’Est méditerranéen) et l’UE.

 2 – Des territoires mal insérés dans la mondialisation : les PMA.

 Les flux d’IDE oublient encore de vastes ensembles géographiques. Les PMA (pays les moins avancés, groupe de pays défini par l’ONU à partir de 3 critères revenu par habitant, part du secondaire dans le RNB, taux d’alphabétisation) semblent oubliés par la mondialisation, bien qu’ils contribuent aux échanges internationaux. Les 48 PMA souffrent d’un développement mal équilibré, et sont fragilisés par la prédominance de l’activité agricole, du manque d’IDE et surtout par l’instabilité politique comme c’est le cas au Mali en 2012. Les agences de notation financière déconseillent d’investir dans ces Etats.

 3 – Les « zones grises » de la mondialisation :

Les « zones grises » sont les espaces qui échappent au contrôle de l’Etat, comme au Sahel ou en Somalie. Le secteur informel y prend une place essentielle dans l’activité économique, ce qui freine la croissance (trafics de produits illicites, contrefaçons et contrebande, piraterie ou enlèvements). Les grandes puissances tentent de contenir ces espaces de non-droit sans chercher toujours à résoudre les problèmes des populations concernées.

croquis des territoires inégalement intégrés dans la mondialisation

III LES ESPACES MARITIMES AU CŒUR D’ENJEUX GEOSTRATEGIQUES :

 1 – Des espaces vitaux pour l’économie mondiale :

croquis espaces maritimes

 

Le détroit de malaca entre l’Indonésie et la Malaisie
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A propos pampi06

Professeur histoire géographie en lycée
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