Chapitre 2 Géo Terminale S La Mondialisation en fonctionnement: acteurs, flux, débats

La mondialisation en fonctionnement : acteurs, flux, débats

(Manuel Hist-Géo Nathan 2014 TS)

Introduction:  Définition : la mondialisation est l’extension à l’espace mondial d’un phénomène géographique. Plus précisément, c’est l’intégration croissante des différentes parties du monde sous l’effet de l’accélération des échanges, de l’essor des nouvelles technologies de l’information et de la communication, des moyens de transport.

Un processus ancien de diffusion du capitalisme. Ce processus pluriséculaire s’est développé en trois phases successives : 1) la Renaissance qui a permis l’extension des échanges capitalistes au monde entier (période des Grandes Découvertes, thèse de Ch. Grataloup, c’est la mise en relation des différents continents à la suite des grandes découvertes), 2) l’âge industriel qui a vu les grandes puissances européennes se partager le monde (période de la colonisation, les puissances industrielles, Europe, Japon et EU se partagent le monde et l’organisent à son avantage), 3) le monde actuel qui a vu les entreprises multinationales puis transnationales imposer leur stratégie de développement après 1945, selon le principe de l’avantage comparatif (loi de Ricardo : théorie dans le cadre du libre-échange, chaque pays se positionne sur le marché non pas en fonction de ses compétences mais en fonction de la loi du marché, & Jacques Adda).

Débute en 45 puis s’accélère à partir des années 70 et surtout à la fin des années 90 avec la fin de la guerre froide et la révolution Inernet. On passe à la globalisation financière, on passe dans un monde unique. Le fait a précédé le mot : en 1962, Marshall Mac Luhan inventait l’expression « village global » pour désigner le monde unifié par la circulation de l’information durant la guerre du Viêt-Nam. Dans les années 1980 le japonais Kenichi Ohmae inventait les expressions Triade et globalisation pour désigner les centres d’impulsion de l’économie mondiale et la mondialisation financière qui a débuté en 1971 (fin de la convertibilité en or du dollar). Mais la mondialisation, qui s’est depuis étendue à tous les domaines (même la culture : voir Harry Potter, Da Vinci Code), est aujourd’hui contestée.

Un processus de mise en relation des territoires. NDIT (nouvelle division internationale du travail).

Un processus d’uniformisation et de standardisation culturelle.

Le politologue néolibéral américain Joseph NYE (ancien doyen de l’université de Harvard) distingue le hard power, « puissance dure » (qui comprend les éléments objectifs de la puissance tels que le rayonnement financier, commercial, militaire) et le soft power, « puissance douce » (influence culturelle sur le monde, capacité à persuader le monde du caractère universel du mode de vie américain). Il pense que seuls les Etats-Unis possèdent les deux pouvoirs. 80% des serveurs Internet dans le monde sont US, l’organisme régulateur de la toile est un des bureaux du ministère du commerce US, Google et Microsoft sont des symboles de la mondialisation). Les entreprises étatsuniennes ont été les premières à comprendre le pouvoir considérable de l’Entertainment, littéralement « divertissement » (production culturelle de masse).

Problématique: Qui sont les acteurs de la mondialisation ? Comment la mondialisation fonctionne-t-elle ? Pourquoi la mondialisation est-elle en débat.

 (Annonce du plan) Pour y répondre, nous aborderons successivement les acteurs de la mondialisation, l’explosion des flux mondiaux qui en résulte, les débats que le processus suscite.

I – LES ACTEURS DE LA MONDIALISATION : 1h

1 – Les firmes transnationales (FTN) : acteurs que la mondialisation favorise.

Acteurs-de-la-mondialisationLes firmes transnationales (FTN) : entreprises géantes qui ne tiennent pas compte des frontières dans leur stratégie de développement. Voir carte n°1 p.257

Les FTN ont imposé leur stratégie mondiale en trois phases successives : 1. D’abord en installant des ateliers de production dans des pays offrant une main-d’œuvre qualifiée mais bon marché, pour réduire les coûts de production (années 1960-70) 2. Ensuite en investissant dans les marchés de la Triade, afin de développer les ventes dans les pays les plus développés (années 1980-90) 3. Enfin en plaçant des capitaux dans les pays émergents (Europe orientale, Asie du Sud, et surtout Asie orientale dont la Chine), afin de bénéficier à la fois de la main-d’œuvre et de marchés en expansion (années 2000), contribuant ainsi à la NDIT (nouvelle division internationale du travail). Toutes les branches d’activités industrielles sont concernées, en particulier les constructions mécaniques (industrie automobile : Renault-Nissan, nouveau modèle de berline destiné uniquement au marché des PED la « Logan » commercialisée en Roumanie en septembre 2004, ou la « Sandero » destinée au marché latino-américain en mai 2008, ou « Duster » en Inde en 2012) et l’électronique.

Toyota marché mondial 2010

Toyota marché mondial 2010

Les FTN dominent le jeu économique mondial, sont 103.786 firmes contrôlant plus de 892.114 filiales à l’étranger, emploient 69M de salariés environ, produisent 30% du PIB mondial et 57% des échanges internationaux (source CNUCED 2011 date de la dernière enquête disponible, qui suit la question des firmes et de leurs investissement vers l’étranger et procède à leur recension annuelle). Ces entreprises, dont le capital est souvent supérieur au PNB d’un Etat moyen, sont à l’origine de l’explosion des flux d’IDE (investissements directs à l’étranger, multipliés par 60 entre 1960 et 2002). Wal-Mart, première firme mondiale de distribution (contrôle 50% du marché mondial) avait en 2005 un chiffre d’affaires qui dépassait le PNB (produit national brut, somme des richesses produites par les entreprises du pays, y compris celles à l’étranger) de la Turquie. D’après la Revue « Fortune » qui établit le classement des 500 premières entreprises du monde, (voir repère p.256) en 2015 les trois premières FTN du monde étaient Royal Dutch Shell (2ème firme multinationale, secteur d’activité est le pétrole, est une firme britannique et néerlandaise, activité : hydrocarbures, 403 milliards $ CA), 4ème Exxon Mobil (USA, hydrocarbures, 333 milliards $ CA), Wal-Mart (USA, distribution, 406 milliards $ CA). En juillet 2014 cette dernière est devenue n°1 mondial.

2 – Les organisations internationales et les ONG : acteurs qui tentent de réguler la mondialisation.

Les échanges commerciaux entre pays capitalistes ont été organisés par le GATT, né en 1945 et devenu l’OMC, Organisation mondiale du commerce en 1995 (siège à Genève). Cette organisation a permis la réduction des droits de douane entre les pays membres, par des négociations appelées Rounds. C’est essentiel, car les pays membres de l’OMC contrôlent plus de 90% des échanges mondiaux (la Chine vient d’adhérer à l’OMC en 2002, sommet de Hong Kong décembre 2005). L’objectif de cette organisation est d’établir à terme le libre-échange dans le monde et de faire disparaître toute forme de protectionnisme.

La Banque mondiale et le FMI sont des relais de cette politique. La Banque mondiale, qui comprend la BIRD (Banque internationale pour la reconstruction et le développement) et l’AID (Association Internationale du Développement), est née en décembre 1945 et a son siège à Washington. Sa mission est d’assurer des prêts aux Etats (le premier bénéficiaire fut la France en 1947).

Le FMI (Fonds Monétaire International) est né en juillet 1944 lors de la conférence de Bretton-Woods. Son siège est également à Washington. Cette organisation, qui réunit 187 Etats du monde, a pour mission de veiller à la stabilité de l’économie mondiale en orientant les prêts aux Etats en difficultés en échange de plans de relance économique très contraignants (réduction des dépenses publiques et des charges pesant sur les entreprises). Le directeur de cette organisation, la française Christine LAGARDE, est donc une personne très influente dans le monde. Les organisations spécialisées de l’ONU ont pour leur part une place très limitée (PNUD, CNUCED, OIT). Faire une fiche rapide.

D’autres organisations interviennent dans le processus de mondialisation : les ONG (organisations non gouvernementales) comme Greenpeace, Médecins du Monde, Amnesty International, WWF, qui prétendent exprimer une « opinion internationale » sur les grands problèmes de la planète (droits de l’homme, environnement, etc.) ; les groupes de pression ou lobbies (partis politiques, syndicats, organisations religieuses, lobby pétrolier) jouent aussi un rôle non négligeable, de même que les réseaux clandestins du trafic d’armes, du trafic de drogue (voir transparent), etc.

3 – Mais aussi les Etats : des acteurs qui composent avec la mondialisation.

Screenshots_2015-10-03-16-43-18Les gouvernements des grands Etats ont essayé de s’adapter à la mondialisation en réduisant leur poids dans l’économie (diminution des dépenses publiques, retraites par capitalisation), en créant des mesures favorisant le dynamisme des entreprises et attirant les capitaux étrangers (dumping fiscal ou social). L’Irlande, pays européen qui a pratiqué le dumping fiscal, a vu son PIB/h dépasser celui des Etats les plus riches d’Europe occidentale, avant de s’effondrer en 2008 avec la crise économique mondiale. L’Islande, plus au nord, a mené une politique comparable, qui a conduit le pays entier au bord de la faillite (chute du PIB de -6,5% en 2009, chute de la formation de capital de -50%). Mais ce sont encore les Etats qui ont pris en charge la lutte contre la crise mondiale : les sommets du G20[1] de Londres (avril 2009) et de Pittsburgh (septembre 2009) ont décidé d’une action concertée dans le domaine financier. Les Etats ont racheté ou accordé des crédits aux banques en difficulté, les capitaux étant fournis par les fonds souverains (avoirs financiers de l’Etat) de pays émergeants tels que la Chine (qui a sauvé la banque américaine Morgan), la Russie, les Emirats Arabes Unis (prêts à taux zéro). Le sommet du G20 s’est tenu à Antalya en Turquie (pb des Kurdes). En ce qui concerne les flux de populations, les pays riches ont une politique de fermeture sélective des frontières (accueil de techniciens et ingénieurs, répression de l’immigration clandestine) qui conduit à une sanctuarisation du territoire (Etats-Unis, Royaume-Uni). Par contre, certains Etats organisent l’émigration de leurs compatriotes (comme les Philippines). La Chine est à la fois le pays le mieux intégré dans le processus de mondialisation et celui où l’Etat joue le rôle le plus important dans les choix de développement économique.

[1] Le G20 comprend 11 représentants des Etats du Nord (Allemagne, Australie, Canada, Corée Sud, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie, Union européenne) et 9 du Sud (Afrique du Sud, Arabie Saoudite, Argentine, Brésil, Chine, Inde, Indonésie, Mexique, Turquie).

II – L’EXPLOSION DES FLUX MONDIAUX :

1 – Des échanges de biens et de services en progression rapide :

Depuis 1945, le commerce international de marchandises a connu une croissance rapide. Entre 1990 et 2010, le PIB mondial a augmenté de 3% par an en moyenne, tandis que les exportations ont augmenté en valeur de 3% au lieu de 6% de 1990 à 2008. Les échanges de marchandises ont stagné en 2008, diminué en 2009, mais sont de nouveau en croissance depuis 2010, mais une croissance économique mondiale au ralenti.

Les échanges de produits agricoles, de sources d’énergie et de matières premières sont importants à cause de leur valeur stratégique (flux de produits pétroliers en provenance du Moyen Orient, qui déterminent en grande partie les stratégies des grands Etats : contrôle des sources d’approvisionnement du Moyen-Orient, des détroits pour le trafic maritime) et de leurs cours fluctuants qui ont des conséquences sur l’évolution économique des pays rentiers (vivant de l’exportation d’un de ces biens). Mais les échanges internationaux sont aujourd’hui dominés par le commerce des produits manufacturés (qui représentent près des ¾ des exportations mondiales). 2015-11-21-16-40-16Depuis les années 1980, l’Asie est devenue le second pôle des échanges commerciaux, passant ainsi devant l’Amérique du Nord, tandis que l’Europe occidentale domine les échanges internationaux avec 40% du total (Chine devenue 1er, EU devenue 2er, l’Allemagne est seulement n°3 mondial, Japon 4ème et France au 6ème rang).

Les échanges de marchandises par voie maritime se sont considérablement développés (ils assurent aujourd’hui 70% du fret mondial en volume) : la conteneurisation en est en partie la cause, et les conteneurs (caisses de 20, 30 ou 40 pieds de long, chargements mesurés en EVP : équivalent 20 pieds[1]) sont devenus le symbole de la standardisation des modes de chargement et de déchargement des bâtiments, nécessitant des aménagements portuaires que seuls les plus grands ports du monde possèdent (Singapour, Hong Kong). Le transport des marchandises par conteneurs est dominé par la compagnie danoise APM Maersk qui possède les plus gros porte-conteneurs du monde (17 niveaux en hauteur, 22 rangées en largeur, et seulement 13 membres d’équipage). Mais les plus grands ports du monde se trouvent en Asie orientale. En 2008, les quatre premiers ports du monde étaient Shanghai, Zhoushan (tous deux en Chine), Singapour (tous trois avec un trafic supérieur à 500 millions de tonnes), Rotterdam. La même année, les quatre premiers ports de conteneurs étaient Singapour, Shanghai, Hong Kong et Shenzhen (ces trois derniers en Chine, les quatre avec plus de 20 millions d’EVP). La part des exportations chinoises dans les échanges mondiaux est passée de 1,2% en 1983 à 7,5% en 2006. La Chine est aujourd’hui le pays le mieux intégré dans le commerce mondial de marchandises. Mais qu’en est-il des flux financiers ?

http://escaledenuit.com/2015/05/02/les-10-plus-grands-ports-mondiaux/

2 – Des flux immatériels en croissance exponentielle :

En 2007, les échanges financiers dans le monde s’élevaient en moyenne à plus de 5.500 milliards de dollars par jour, soit plus de 50 fois le volume du PIB (la valeur des biens et services produits dans le monde). En dix ans, la capitalisation boursière a augmenté de 33% et les échanges d’actions de 61%. On comprend que des « traders » peu scrupuleux aient réussi à détourner des sommes considérables, à l’insu (?) des dirigeants de leurs banques.

La « nouvelle économie » est marquée par la globalisation financière dans laquelle les bourses des valeurs jouent un rôle stratégique majeur : le monde avance au rythme de la ronde des bourses de valeurs les plus importantes du monde, NYSE + NASDAQ à New York, Kabuto Cho à Tokyo, Euronext qui réunit les bourses électroniques européennes, et qui est associé au NYSE, la City à Londres (qui est passée en deux ans de la 2e à la 5e place). La capitalisation boursière devient un élément essentiel de la puissance. A noter la place prise par les bourses de valeurs chinoises : Shanghai et Hong Kong sont classées 6e et 7e. Mais il ne faut pas oublier le Brésil (Sao Paulo 9e) et l’Inde (Bombay 10e). Les paradis fiscaux sont de petits Etats sans ressources particulières (comme Monaco, Andorre, Vatican) qui s’efforcent d’attirer les flux financiers par des mesures fiscales avantageuses et le secret bancaire. Ils sont aujourd’hui accusés d’avoir contribué au désordre financier mondial.

[1] 1 pied = 30,5 cm.

Les investissements directs à l’étranger (IDE) augmentent en volume depuis les années 1970, mais ne sont pas entièrement détournés vers les paradis fiscaux. Les principaux bénéficiaires des flux d’IDE sont l’Europe, l’Amérique du Nord, la Chine, le Brésil et les autres pays d’Amérique du Sud, l’Australie, Singapour et les pays d’Asie orientale, l’Afrique du Sud et l’Inde. Les flux d’IDE dessinent donc un monde multipolaire, qui n’est plus dominé par les pays du Nord, mais qui laisse dans l’oubli de vastes espaces tels que la majeure partie de l’Afrique, du Moyen-Orient, de l’Asie centrale, de l’Europe orientale, pour lesquels les investissements sont jugés trop risqués.

Tout cela est lié aux progrès accomplis dans les domaines des télécommunications et de la télématique qui ont réduit les distances dans le monde (téléphones portables, réseau Internet mis en place en 1969 et qui compte actuellement plus de 1.300 millions d’utilisateurs). Les NTIC réduisent les distances (la globalisation entraîne la glocalisation selon le PDG de Sony, c’est-à-dire l’emboîtement des échelles : articulation de plus en plus étroite entre les événements mondiaux et locaux, avec effet papillon), en laissant dans l’oubli ceux qui ne s’adaptent pas assez vite (fracture numérique). Les décisions étant prises en temps réel, le contrôle de l’information devient un enjeu stratégique : les grands médias ont donc un pouvoir important (CNN, Al Jazeera).

3 – De plus en plus de déplacements de populations : voir carte p.221

L’accroissement des inégalités entre les PED et les PID a généré des flux de travailleurs migrants internationaux (231 migrants en 2014 selon l’ONU, soit 180 millions de personnes dont 50 millions de clandestins), grossis de ceux des réfugiés (20M personnes) provenant des pays touchés par des conflits armés (86% des émigrants proviennent des PED : les flux de migrants sont Sud-Nord). (Définitions migrant : désigne toute personne ayant changé de lieu de résidence pour une durée minimum de trois mois et réfugié : terme juridique défini par la Convention de Genève de 1951).

Les principaux foyers de départ sont les pays d’Amérique latine, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie centrale, les PECO (pays d’Europe centrale et orientale), l’Asie du Sud et du Sud-Est, la Chine.

Les principaux pays d’accueil sont les Etats-Unis (pourtant soumis à des lois de quotas et ayant fermé en partie la frontière avec le Mexique par une barrière métallique infranchissable depuis 2006), l’Union européenne, l’Australie et le Moyen-Orient. La Russie est à la fois pays d’accueil et de départ.

Des réseaux clandestins se sont constitués pour passer les frontières des pays les plus fermés qui sont aussi les plus riches (les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le centre de Calais fermé en 2009 et à nouveau réouvert en 2014). Les diasporas ont souvent une grande importance économique et culturelle pour leur pays d’origine auquel elles envoient des revenus et permettent la mise en place de programmes d’investissement (diaspora : mouvement de dispersion d’une population hors du pays d’origine, et par extension la communauté elle-même lorsqu’elle a gardé un lien avec le pays d’origine), mais elles sont aussi très importantes pour le pays d’accueil en y apportant des savoirs et en aidant les entreprises à investir à l’étranger (l’Inde fournit des ingénieurs électroniciens aux pays occidentaux, la diaspora indienne aide au financement de projets dans les PED).

Les flux touristiques (900M de touristes internationaux) sont saisonniers et inverses des précédents : les pays d’origine sont les PID et certains NPI (la Chine, première destination touristique en Asie), les bassins touristiques sont surtout littoraux et proches des PID (les trois Méditerranées : le bassin méditerranéen, les Caraïbes, l’Asie du Sud-Est, auxquelles s’ajoute (voir photo p.261) le Golfe persique avec Dubaï, gigantesque ensemble résidentiel accueillant plus de six millions de touristes en 2006 et où l’on peut trouver une station de ski, des îles artificielles représentant un palmier ou les continents, ainsi que la plus haute tour du monde, Burj Khalifa, haute de 828 mètres et comprenant 160 étages).

III – LA MONDIALISATION EN DEBAT :

Photographie : une manifestation altermondialiste (c’est-à-dire pour une autre mondialisation, les indignés avec le slogan « proteste et résiste, occupons Wall Street »). Cette manifestation s’est tenue pacifiquement à New York lors du sommet du G20 à Cannes en novembre 2011. Les manifestants voulaient dénoncer une gouvernance mondiale accaparée par une poignée d’Etats et mettant en œuvre une politique de capitalisme libéral qui nuit aux intérêts de la majorité des habitants de la planète. Pourquoi la mondialisation est-elle contestée ? Quelles solutions sont envisagées par les altermondialistes ?

1 – La remise en cause du paradigme libéral :

Le combat altermondialiste est mené contre les organismes dirigeants de la planète, tels que le FMI et la Banque mondiale, l’OMC (où s’affrontent les pays du Nord, qui veulent plus de libre-échange, et les pays du Sud qui réclament moins de subventions aux agriculteurs du Nord), le G20, accusés de servir les intérêts des FTN au détriment des sociétés civiles. Le ralentissement de la croissance économique mondiale bouleverse la géographie du développement et entraîne des déclassements de pays, les plus touchés les pays émergents et les PMA d’Afrique subsaharienne.

L’unilatéralisme pratiqué par les dirigeants des FTN est flagrant lors du sommet annuel de Davos (Suisse). Les lobbies y sont très présents (stratégie mondialiste). La mondialisation est, pour les altermondialistes, responsable de l’aggravation des inégalités entre riches et pauvres à différentes échelles (mondiale, nationale, locale). L’aide au développement accordée par les pays riches aux PED a fortement diminué. Depuis 2001 (sommet du FSM de Porto Alegre) les altermondialistes réclament de nouvelles règles pour organiser les marchés. Les grandes manifestations altermondialistes sont complétées par les FSM et les sommets de la Terre (né au Brésil à Porto Alegre en 2001).

Le FSM a pour but de permettre à des organisations internationales (comme le BIT, Bureau International Du Travail) et à des ONG de se rencontrer afin de proposer une alternative sociale aux décisions du Forum Economique Mondial qui se tient tous les ans en janvier à Davos (Suisse). Le 12e FSM s’est tenu à Tunis en mars 2015. Un forum social départemental a eu lieu à Nice en october 2015. Les sommets de la Terre sont organisés par l’ONU afin de trouver des solutions aux problèmes environnementaux à l’échelle mondiale.

Le dernier sommet de la Terre s’est tenu à Rio de Janeiro en juin 2012 (conférence de Rio sur le développement durable). De grandes associations de type ONG sont présentes en Amérique, Europe et Asie. Leur action a permis par exemple d’inscrire le « droit à la nourriture » dans la Constitution de plusieurs pays en développement (Brésil, Inde, Afrique du Sud, etc.).


2 – Les solutions envisagées :

Une des solutions envisagée est le développement du commerce équitable : en 1988 est né aux Pays-Bas le label Max Havelaar, du nom d’un roman du XIXe siècle qui se déroulait dans les Indes néerlandais et décrivait l’exploitation des indigènes dans les plantations, qui garantit aux producteurs de denrées alimentaires un revenu convenable. Les produits du commerce équitable sont le café, le chocolat, le thé, le riz, le sucre, les jus de fruits. La différence vient de la part réservée au conditionnement et à la distribution qui est plus faible. Les cafés Malongo, dont le siège social est à Carros, répondent à la même logique depuis 1992.

Une autre solution envisagée est le développement du microcrédit. Le 13 octobre 2006 le prix Nobel de la paix a été attribué à Muhammad YUNUS, surnommé le « banquier des pauvres » au Bangladesh. Son entreprise, la Grameen Bank fondée en 1976, a été le premier établissement du monde à proposer des microcrédits. L’objectif était de proposer de très petites sommes à des entreprises ou des personnes trop pauvres pour emprunter auprès d’une banque traditionnelle. Les prêts sont accordés à un groupe d’individus qui se portent garants les uns des autres selon le principe de la responsabilité collective. Le succès a été immédiat, malgré les taux d’intérêt élevés (autour de 35%) et les délais de remboursement (une semaine), car beaucoup d’entreprises ne pouvaient pas naître dans le système traditionnel.

Les O.M.D. : ce sont les huit objectifs du millénaire pour le développement définis par les Etats membres de l’ONU en 2000 dans la « Déclaration du millénaire ». Ces huit objectifs devraient être atteints en 2015 : 1. Réduire la pauvreté de moitié : devrait être atteint (reste 1,4 milliard de personnes vivant avec moins de 1,25$/jour, soit 20% de la population mondiale). 2. Assurer l’éducation primaire : ne sera pas atteint en Afrique. 3. Eliminer les disparités entre sexes dans l’éducation : risque de ne pas être atteint (filles moins scolarisées). 4. Réduire des 2/3 la mortalité infantile : risque de ne pas être atteint car l’accès au soin n’est pas assuré partout. 5. Réduire de ¾ le taux de mortalité maternelle : impossible car recul de 1% par an faute d’encadrement médical correct. 6. Combattre le SIDA : risque de ne pas être atteint en Afrique subsaharienne qui réunit 72% des nouvelles infections. 7. Améliorer l’accès à l’eau : l’objectif de 11% maximum de personnes ne disposant pas d’accès à l’eau potable devrait être atteint. 8. Faire plus pour l’aide au développement : l’objectif de 0,7% du PNB semble difficile à atteindre.

 

Une vidéo conférence sur la définition de la mondialisation et une explication géohistorique de son processus et de son impact sur les territoires.

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Professeur histoire géographie en lycée
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