Correction contrôle Géographie Terminale lecture de cartes

Sujet : « Enjeux économique écologique et énergétique dans le monde »

 « Après avoir présenté les documents, vous montrerez quelles sont les inégalités de développement dans l’organisation actuelle de l’espace mondial, puis vous montrerez en quoi le débat sur les émissions des gaz à effet de serre concerne l’ensemble des pays. Vous proposerez une lecture critique des deux cartes »

 Introduction : (Présentation des documents : type de cartes, échelles, dates, sources) Deux cartes proposent deux clés de lecture, l’une sur la situation du développement humain dans le monde en utilisant les indicateurs de l’IDH et l’indice de Gini et l’autre sur la question des enjeux environnementaux en choisissant deux thèmes une typologie des émetteurs de CO2 dans le monde actuel et une typologie de l’énergie renouvelable selon les pays. . Toutes deux sont des cartes thématiques avec une projection polaire à la même échelle mondiale : l’une informe sur les inégalités de développement humain à l’échelle mondiale, utilisant l’indicateur IDH et l’indice de Gini en 2011 à partir d’une source fiable, la Banque Mondiale et la 2ème carte évoque les enjeux écologiques et énergétiques dans le monde, extraite d’un atlas de référence sur le monde global publié en 2010 par Pascal Boniface et Hubert Védrine, un ancien ministre des Affaires étrangères.

 (Description rapide des deux cartespLa 1ère carte met en évidence la division du monde entre le Nord et le Sud mais montre les limites de l’interface Nord/Sud car parmi les PID, des pays riches connaisset de fortes inégalités de richesse parmi les populations et inversement parmi les PED, certains pays émergents ont un IDH proche des pays du Nord. La carte n°2 montre le lien entre le développement économique et les nouveaux enjeux environnementaux.

Développement(Thème commun des 2 cartes : quel sens à donner à partir de  l’observation de ces cartes ?) Les deux cartes permettent de nous interroger sur la réalité de l’interface Nord/Sud au niveau du développement et des enjeux environnementaux pour l’ensemble des pays à l’échelle mondiale? Comment les enjeux économiques influent-ils sur l’environnement à l’échelle mondiale ?

 1er thème à développer : La 1ère carte présente les inégalités de développement persistantes dans le monde.

       1ère sous partie : La carte met encore en évidence la division du monde entre le Nord avec un l’IDH très élevé et le Sud avec un l’IDH plus faible –0,8. L’indicateur utilisé ici est l’IDH à ne pas confondre avec le PIB/h (produit intérieur brut par habitant) qui mesure la valeur des biens et services produits par les entreprises en un an dans le cadre national en les rapportant au pouvoir d’achat des ménages et au nombre d’habitants. L’IDH est un indicateur calculé à partir de l’espérance de vie, du taux d’alphabétisation des adultes et du PIBPPA par habitant en parité de pouvoir d’achat, il évalue la qualité des conditions de vie (c’est un indicateur à dimension sociale), il s’exprime par un chiffre allant de 0 à 1, il a été créé en 1990 par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), modifié en 2011. Les pays développés (PID) dominent l’économie mondiale avec une mention particulière pour les EU, l’UE, le Japon, Australie, Nvelle Zélande et la Chine, voire l’Inde qui sont parmi les plus grands pôles et les plus compétitifs à l’échelle mondiale même si l’Inde n’est pas dans les IDH les + élevés, la carte n°1 permet de voir que les inégalités de revenus sont moins forts qu’ailleurs. Une grande partie des pays du monde restent donc à l’écart et les populations ont du mal à atteindre un niveau de développement important comme l’Afrique subsaharienne, centrale et australe, aux IDH les plus bas (- 0,5).

         2ème sous partie : La carte montre cependant un Sud fortement hétérogène. Exemple parmi les pays émergents, pays classés encore dans les pays du Sud, comme la Chine ou le Brésil en particulier, les inégalités de développement sont très fortes, plus de 40% de la population brésilienne ont de très faibles revenus. L’indice de Gini utilisé sur la carte affine et rend plus visible ces disparités au sein des pays du Sud. Le coefficient de Gini est une mesure du degré d’inégalité de la distribution des revenus dans une société donnée, développée par le statisticien italien Corrado Gini. Le coefficient de Gini est un nombre variant de 0 à 1, où 0 signifie l’égalité parfaite (tout le monde a le même revenu) et 1 signifie l’inégalité totale (une personne a tout le revenu, les autres n’ont rien). Exemple les « lions » africains, Afrique du Sud, Angola, Nigéria, Algérie et Egypte, sont considérés comme des pays émergés avec un PIB moyen mais un IDH faible et avec des inégalités de revenus.

         3ème sous partie : Mais on peut dire aujourd’hui que la limite Nord/Sud ne semble plus aussi pertinente qu’auparavant. On peut désormais souligner la diversité des situations au sein des pays dits en voie de développement et même développés. Il est désormais plus pertinent d’utiliser le pluriel : des « Nords » et des « Suds ». Beaucoup de pays considérés comme des Suds, il y a quelques années comme les NPI sont aujourd’hui intégrés au nord. Les puissances émergentes prennent une place de plus en plus importante dans la massification des échanges. Pour autant, il ne semble pas que le développement soit arrivé entièrement au niveau des pays du nord comme le montre notamment les inégalités internes (Brésil, Argentine Afrique du Sud).

2ème thème à développer : la 2ème carte présente les enjeux écologiques et énergétiques dans le monde et montre que le débat sur les émissions des gaz à effet de serre peut poser un problème autant pour pays dits du Nord que pour les pays dits du Sud.

             1ère sous partie : Au cours des années 80, est apparue la notion de développement durable, qui est défini comme « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins » (rapport Brundtland aux Nations Unies en 1987). Il prend donc en compte conjointement les volets environnemental, social et économique du développement. Le débat sur les émissions de gaz à effet de serre nécessiterait une réduction de la part de tous, y compris des pays du Sud, notamment les puissances émergentes. Cependant, la question se pose de savoir pourquoi et comment priver les pays du Sud, qui ont pour beaucoup des difficultés de développement, d’un modèle de développement au coût environnemental important mais au coût financier moindre alors que les pays du Nord l’ont utilisé pendant plusieurs siècles. Le débat avait tenté d’être tranché à Kyoto en 1997 puisque le protocole ne s’attachait qu’aux pays du Nord afin de laisser les pays du Sud se développer à leur rythme, sans amputer les risques de développement. Cependant, la carte 2 montre aussi que beaucoup de pays d’Afrique notamment utilisent déjà des ressources renouvelables, même si ce sont souvent des pays qui ont encore des difficultés de développement.

         2ème sous partie : Les questions de développement durable rendent-elles nécessaires une autre prise en compte des rapports nord-sud et une autre gouvernance mondiale dans le cadre du développement durable, objet de la 2ème rubrique de la légende sur la part par pays de l’énergie renouvelable.

         3ème sous partie : renvoie à la question sur les enjeux des prévisions écologistes et des experts du changement climatique, réalistes, alarmistes ou catastrophistes. Les enjeux environnementaux sont forts, notamment pour l’accès aux ressources comme l’eau ou la nourriture. Les pénuries sont de plus en plus importantes dans un grand nombre de pays notamment les pays du sud qui n’ont pas toujours les moyens de mettre en place les nouvelles techniques parfois coûteuses (désalinisation de l’eau de mer par exemple). Il faut donc une coopération étroite entre les Nords et les Suds, des décisions conjointes à respecter. Il faut convertir les modes de production, industriels et agricoles, les modes de vie pour permettre ce que certains appellent la « croissance verte » et non la croissance prédatrice. Cela nécessitera donc des coopérations scientifiques internationales pour faire des percées scientifiques (cas du solaire), des efforts économiques, politiques et civiques. D’où la COP21.

         (Analyse critique des cartes) Pour finir la carte n°1 est lisible en croisant deux données complémentaires, l’IDH, le niveau de vie des populations, et l’indice de Gini permettant de mesurer l’équité du pouvoir d’achat. La projection choisie met bien en valeur la réduction de la fracture Nord/Sud même si elle demeure encore. La 2ème carte thématique est moins lisible car plusieurs données sont proposées entre les pays pollueurs et la diversité des énergies renouvelables adoptée par chacun des pays puis les figurés nombreux comme les chiffres en % et les plages de couleurs qui ne facilitent pas la lecture. Cela peut créer de la confusion. La nouvelle édition de 2015 pour cet atlas de référence a proposé une carte simplifiée sur ce sujet, les enjeux environnementaux.

développement et inégalités de revenus

carte enjeux énergétique et écologique 2011

A propos pampi06

Professeur histoire géographie en lycée
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