Le blé au coeur de la géopolitique mondiale


Pour les Terminales dans le cadre du 2ème chapitre en géographie Pôles et flux de la mondialisation.

Un article essentiel à lire sur « le blé au coeur de la géopolitique mondiale » par Muryel Jacque paru dans la revue en ligne Les Echos publié le 30 octobre 2015.

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•Trois milliards d’individus en consomment chaque jour.•Or, très peu de pays sont à la fois producteurs et exportateurs.

C’est la base de l’alimentation quotidienne de 3 milliards de personnes sur Terre. Le blé, à la différence des autres céréales, nourrit avant tout les hommes, pas les animaux. Une spécificité qui donne à la céréale et à son approvisionnement une dimension géopolitique unique.

« L’envolée des prix en 2007-2008 nous a rappelé l’importance de la question alimentaire dans le monde. Aujourd’hui, lorsque nous rencontrons les organismes publics d’achat du blé, que ce soit le GASC égyptien ou l’Office algérien interprofessionnel des céréales, la sécurité alimentaire de la population est leur première préoccupation », explique Jean-François Lépy, directeur général de Soufflet Négoce, filiale du deuxième exportateur français de céréales. La stabilité et le développement de la plupart des pays reposent sur leur capacité à se nourrir; beaucoup d’insécurités humaines sont reliées à des insécurités alimentaires.

Or, d’ici à 2050, la planète comptera environ 9 milliards d’individus. La question de l’accès au blé, dont la culture est loin d’être répartie de façon égale dans le monde, est donc devenue prégnante. Un pays comme l’Egypte importe plus de la moitié de sa consommation de blé, ce qui en fait le premier acheteur de la planète.

Changement d’habitudes alimentaires

En Chine, la sécurité alimentaire est primordiale pour les autorités, car elle relève de la sécurité nationale. L’émergence d’une classe moyenne et les changements d’habitudes alimentaires ont bouleversé la donne dans ce pays qui n’importait quasiment pas de céréales il y a encore quelques années. Depuis deux saisons, les marchés mondiaux sont bien approvisionnés, mais on puise dans les stocks une année sur deux depuis le début du XXIe siècle.

Dans ce contexte de besoins croissants, la concurrence entre les grands greniers à blé va s’intensifier. L’Union européenne joue sa place de première région productrice, la France en tête. « La France est indépendante, c’est un atout. En cinquante ans, elle est devenue un très grand pays agricole et agroalimentaire, qui exporte l’équivalent d’une centaine d’Airbus chaque année. Mais ses moyens de production sont mis à mal, il y a des freins à l’innovation et des réglementations trop contraignantes », prévient Jean-François Loiseau, président du groupe coopératif Axéréal. En face de l’Union européenne, la concurrence se durcit, notamment dans le bassin de la mer Noire. Jean-Jacques Hervé, membre du comité de direction du Crédit Agricole Ukraine en charge de l’agriculture, en témoigne : « le potentiel de production de l’Ukraine est énorme, et son potentiel de livraison considérable. Preuve en est, malgré la crise, les grands opérateurs restent très intéressés, Cargill ou Louis-Dreyfus Commodities sont loin d’être partis du pays. Ces groupes ont compris qu’il y a une zone d’approvisionnement très importante pour répondre aux besoins de la planète. »

A propos pampi06

Professeur histoire géographie en lycée
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