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Enfant jouant sur des déchets au Bangladesh

Enfant jouant sur des déchets au Bangladesh

 Dhaka, au Bangladesh, en 2012.       REUTERS/Andrew Biraj

« La misère recule dans le monde et ce n’est surtout pas grâce Ă  l’aide au dĂ©veloppement »Â Article publiĂ© en ligne dans Economie Monde,  25.10.2015 Ă  9 h 56

Un point de vue intĂ©ressant Ă  lire Ă  partir des travaux de l’Ă©conomiste Angus Deaton prix Nobel d’économie en 2015.

« La pauvretĂ© extrĂŞme est en voie de disparition. Qui s’en fĂ©licite?

Site officiel de la FAO à visiter, les cartes sont interactives  et actualisées

http:// http://www.fao.org/hunger/fr/

Carte géographie de la faim dans le monde FAO 2015

Carte géographie de la faim dans le monde FAO 2015

Ce n’est pas l’aide au développement, mais la mondialisation qui sort les populations de la misère extrême. C’est ce que montrent les derniers chiffres de la Banque mondiale, passés inaperçus dans la plupart des médias. Ils vont à l’encontre, il est vrai, comme le souligne Pierre-Antoine Delhommais dans Le Point, des dénonciations permanentes du capitalisme et du commerce international qui conduisent l’humanité au désastre et à la ruine…

Mais les faits ne sont pas des opinions. «La part de la population de la planète vivant dans la misère est tombĂ©e en 2015, malgrĂ© les guerres et le ralentissement de la croissance, sous le seuil de 10%… Pourtant, cette nouvelle aussi sensationnelle que rĂ©jouissante pour l’humanitĂ© est passĂ©e totalement inaperçue en France.»

Entre 1990 et 2015, grâce Ă  une croissance Ă©conomique de près de 5% par an en moyenne et rĂ©ussissant pour la première fois Ă  irriguer le monde tout entier, le nombre de personnes vivant avec moins de 1,90 dollar par jour (nouveau seuil de pauvretĂ©, qui a remplacĂ© le seuil de 1,25 dollar pour tenir compte de l’inflation) a reculĂ© de 1,25 milliard, passant de 1,96 milliard Ă  702 millions. Une baisse d’autant plus spectaculaire que, pendant cette pĂ©riode, la population mondiale a augmentĂ© de 2 milliards.

Moins d’un habitant de la planète sur dix vit aujourd’hui dans la misère absolue, c’Ă©tait plus d’un sur trois (37,1%) il y a vingt-cinq ans. Ă€ des rythmes divers, toutes les rĂ©gions du monde ont vu la pauvretĂ© reculer.

«Il faut tout de même avoir le cerveau idéologiquement passablement perturbé pour ne pas y voir un formidable progrès», écrit Le Point. Reason Magazine aux Etats-Unis, site libertaire, revient sur le biais idéologique presque inconscient de la plupart des médias et des commentateurs dans un domaine étroitement lié à la lutte contre la pauvreté dans le monde: l’aide au développement.

«De nombreux médias installés sont obsédés par la défense de la diversité tout en pratiquant l’exclusion idéologique. Cela produit des trous noirs dans la couverture de l’actualité et de multiples exemples de biais inconscients». Et Reason de citer un article du Washington Post qui commence ainsi sur le dernier prix Nobel d’économie Angus Deaton. «Cela peut sembler fou de dire que l’aide internationale fait souvent plus de mal que de bien aux pauvres des pays pauvres. C’est pourtant ce que Angus Deaton, le nouveau Prix Nobel d’économie, a démontré», écrit le Washington Post.

«Qu’y-a-t-il de si fou que cela exactement?» s’interroge Reason. La démonstration a été faite de nombreuses fois sur les effets pervers de l’aide internationale au développement: elle soutient des gouvernements corrompus et réduit la croissance économimque en sabotant les activités locales et en perpétuant ainsi un cycle de dépendance. Cette démonstration a été faite encore et encore. Reason cite ainsi des études et des articles de American Enterprise Institute, Der Spiegel, NPR, The Atlantic, New York Times… On peut y ajouter cet article de Vox sur le scepticisme des experts sur les bienfaits de la Bill & Melinda Gates Foundation.

Si la misère extrême a reculé et recule dans le monde ce n’est surtout pas grâce à l’aide au développement. C’est en dépit de l’aide.

Et selon la Banque mondiale, la pauvretĂ© extrĂŞme devrait continuer Ă  reculer jusqu’Ă  totalement disparaĂ®tre d’ici Ă  2030. En l’espace de seulement quatre dĂ©cennies, l’humanitĂ© aura rĂ©ussi Ă  se dĂ©barrasser de ce qui constitue depuis des milliers d’annĂ©es le principal flĂ©au qui l’affecte. Et personne ou presque ne s’en rend compte et ne s’en rĂ©joui. »

A propos pampi06

Professeur histoire géographie en lycée
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